17 mai 1997

- Tu es tellement forte. Je me suis trop appuyé sur toi, je me rends compte maintenant, vient me dire François.

Je suis forte psychologiquement, de caractère, d’habitude. C’était peut-être un de mes grands problèmes avec les hommes. Ce qui les attirait, ensuite les effrayait, puis les faisait devenir méchants, finalement essayer me détruire. Pour que je devienne faible, impuissante, comme habituellement ils se sentaient eux être, (ou étaient.)

Longtemps, je croyais que c’était ma culture qui les effrayait. Non, probablement ma force intérieure, supposée ou réelle. Une femme faible donne envie de la secourir, donne la possibilité de briller. De temps en temps, j’ai appelé à l’aide, j’ai manifesté que j’en ai aussi besoin. Mais ce n’est pas assez.

Pour qu’on me voie faible, il faudra que je panique plus souvent, que je montre davantage mon désarroi, mon impuissance. Il aurait fallu aussi moins de patience, moins d’optimisme, moins de sureté de soi, moins exprimer l’espoir que quelque chose arrivera et je m’en sortirai. Nous en sortirons.

Bien sûr, cette qualité m’a fait passer plus facilement les années, les mois, les heures noirs; les traverser très difficilement, mais sans me détruire.

Alors, on me croit « indestructible », on s’appuie de plus en plus sur moi «de toute façon, elle ne va pas craquer.» Tout étonnés, quand cela arrive.

Même si je m’en sors, même si je me révolte rarement, pas trop longtemps. Sandou aussi, Paul ensuite, et maintenant, même François. Au moins, il en est conscient. Il le regret!

Il ne reconnait pas encore les signes avant-coureurs, ma grande fatigue, ma voix qui monte, l’apathie, le refuge dans la lecture et en aliments. Il faut que je lui dise que j’en peux plus, j’en ai marre. J’ai envie, moi aussi, de me mettre sous le lit. Ou disparaitre. Cette dernière n’est pas sérieux, en fait cela signifie : «J’en peux plus!»

J’ai besoin moi aussi de l’aide et non seulement aider quelqu’un de plus en plus morose, de plus en plus sans vie. Il ne s’éloigne pas de moi, il s’accroche, il me tire vers en bas. Il s’éloigne des joies, de la vie, de soi. Sans raison. Il ne trouve pas son chemin, il s’éloigne et se perd. Il ne cherche même plus une issue.

Il pourra consacrer chaque jour des heures à m’aider mieux traduire mon journal. J’attends. Quelquefois, il le fait. Pourquoi si rarement ?

Les oiseaux chantent dehors. C’est une belle journée de mai!

1 commentaire:

Sophos a dit…

J'aurais pu l'crire, c'est si proche de ma réalité ....

Etre trop fort, trop solide, ce n'est pas un avantage, quand on vit à deux. Seule, avec des enfantsou non, c'en est un !

Mais pas en couple.... un homme n'a pas envi, ni besoin d'une femme forte ....
Lui a besoin de se sentir fort ....
Mais si on l'est, c'est qu'il en a besoin, de notre force, pour passer les déprimes !

alors ou est la solution ... ???
Je ne sais pas !
Et pourtant, cela aiderait tellement !!!! Simplemetn a vivre mieux !

sophos