22 février 2003

Je suis sortie ce matin à sept heures, il faisait encore noir. Le ciel était couvert, mais la demi-lune, jaune pâle, illuminait la rue à côté des réverbères. Les volets fermés sur les fenêtres des maisons dormant encore.

Aucune voiture, même sur la grande rue, ne passait.

J’étais seule, comme si c’était le milieu de la nuit.

— Quand ouvrez-vous ? demandai-je par la seule fenêtre illuminé, de l’atelier du boulanger.

— En cinq minutes. Sur sa montre, il n’était que sept heures moins cinq.

L’air était doux, je me suis promené un peu. Seulement sur une maison les volets ouverts à l’étage. J’ai des volets sur les deux fenêtres des pièces principales, l’ancienne partie de la maison, mais rien sur la cuisine ou salle de bain ajouté. Je devrais y mettre, sinon à quoi servent les autres?

Mais à quoi servent ces volets fermés la nuit et pourquoi le quartier est aussi vide à cette heure? C’est dimanche matin.

Le boulanger ouvre. J’achète une baguette.

Bien fait, s’il vous plaît. Et un croissant.

Au beurre ?

Non.

Il met déjà trop dans 'l’ordinaire'.

Il fait tellement tranquille dehors à cette heure.

Oui.

Mais vous êtes déjà debout à travailler depuis longtemps.

Depuis quatre heures, répond-il fier, me souriant.

Bonne journée!

Chez moi, je prépare le café et un demi pamplemousse, un bout de la baguette fraîche et croustillante avec beurre, je porte le plateau et je prends mon petit déjeuner, comme d'habitude au lit.

J’ai un bon livre. Dimanche commence bien.

Plus tard, quand le soleil les a fait ouvrir (ils se ferment la nuit), j'ai photographié les trois crocus violets ouverts dans mon jardin. Ils m’annoncent que le printemps arrivera bientôt.

My first crocus opens for a few minutes

L’après-midi je me suis lavé les cheveux. C’est bon de se prélasser dans la baignoire remplie d’eau chaud! Le permanent récent me fait des cheveux tout drôles, j’aime bien ma tête entouré des cheveux frisés blond foncé avec quelques mèches blanches. Je me souris dans le miroir.

Je travaillé un peu: j’ai appris à imprimer, sur un papier spécifique, recto verso. Je lirai le texte demain.

20 février 2003

Stéphanie toujours critique de mes écrits, aime mieux mes récits 'frais' que le roman 'précieux' de Slavia que je lui avais envoyé et sa fille lui avait lu. Elle m’a dit seulement hier. Avant, elle a surtout critiqué mes répétitions.

Elles ont aimés mon dernier récit sur mes premiers souliers achetés par moi-même.

Nous sommes allées ensuite ensemble aux Champs Élysée et nous avons bavardé dans un café.

« Il y a deux mois, je ne croyais pas que je reverrais encore une fois les Champs, me dit elle. Je n’arrivais plus à respirer. Marcher. » Elle a 35 kilo en tout! Et bientôt 90 ans.

19 février 2003

Lionel hier matin assis sur les marches intérieures de son logement, ces deux gosses dans ses bras, tête sur son épaule, leur parlant, les embrassant. Il est un bon père et tout à fait lié à eux. Une photo non prise, mais qui est restée dans ma mémoire.

Il m'a accompagné ensuite à la maison.

Plus tard, je suis revenue pas loin de chez eux pour me faire un permanent, ensuite j’ai mangé un sandwich grec au coin de leur rue. Au coiffeur, j’étais nourri du poison: diffusion par le radio du futur paroles des gens appelant et en même temps hurlant contre la guerre d’Iraque. Une coiffeuse arabe, mais surtout je n'ai pas aimé la voix, la haine ressentie autant venant du radio que le fait qu'elle l'a mise encore plus forte quand elle m'a vu grimacer. Je ne retournerai jamais là-bas.

Ce matin je rencontre Stéphanie et lundi je donnerai un cours d’informatique à Slavia. Peut-être un jour elles se rencontreront, sinon ici, dans les pages de mon journal.

18 février 2003

Hier soir j’ai gardé de nouveau Gaby et David. Elle n’a pas encore quatre ans et lui pas tout à fait deux et demi, tous les deux sont nettement plus évolués, développés, que j’étais à leurs âges. Ils parlent mieux, mangent mieux, savent davantage. Ils me remplissent de bonheur et de fierté.

Et ils m’acceptent complètement.

Le soir

(Revenant encore une fois d’eux : ils ont été d’anges cette fois, tellement mignons !)

Dû à une observation de Slavia « Mais vous vous êtes séparés en bons termes?! » et à une explication d’Ostfeld dans son livre sur Fiction et l’importance de faire la paix et éliminer l’envie de revanche du soi pour pouvoir aller en avant, je me suis décidée et j’ai appelé François 'amicalement'. Il paraît qu’il a payé le loyer en totalité et il a promis de m’envoyer le dernier CD photo de l’été 2001. On verra. Mais déjà lui ayant parlé d’un ton agréable m’a mis en bonne humeur.

En fait, après un temps, je l’ai aussi fait avec Sandou, alors… Du moment que je ne dois plus le supporter tout le temps, et qu’il arrête m’accuser de dieu sait quoi encore…

Vendredi Stéphanie arrive. Je viens de recevoir plein de bons livres, dont un sur l’écriture.

(Note 2003 : il n'a jamais envoyé de CD promis, mais tant pis)

17 février 2003

Comment me suis-je tellement embrouillé dans les dates? Hier, c’était le seize et pas le huit février! Comment le temps passe si vite?

Lessing écrivait dans son livre, elle avait 75 ans en 1995 : ce que les jeunes ne peuvent pas deviner est qu’à l’intérieur de peau flétrie se cache un cœur jeune. Comme c’est vrai !

D’autre part, j’ai reçu, à ma demande, les souhaits de cadeaux. Alexandre voudrait un CD Adibou pour PC, Thomas un instrument faisant un bruit moyen, par exemple un synthé, Henry une grande tablette de chocolat.

J’essayerai satisfaire tous.

Il y a 30 à 40 cm de neige à Washington et presque – 10°. Agnès a dû nettoyer le chemin vers la maison déjà trois fois jusqu’à midi, mais elle avait une bonne voix. C’est le plus important: se sentir bien dans sa peau.