Une matinée il y a onze ans (écrit alors)

Une matinée commencée par des câlins.

- Viens, dit François. Viens plus près.

Je le caresse, il me caresse, il gémit, je me frotte plus près de lui. C'est bon la calinotherapie!

Puis François prépare le café et rouspète un peu :

- Que d’assiettes sales ! Une ne suffit pas ?

Il lave la vaisselle d’hier soir. Je coupe les pamplemousses.

- Viens, c'est prêt !

Après le petit-déjeuner copieux à la "Weight-Watcher", François se met à son Macintosh, il continue la traduction d'un texte qui l'a enthousiasmé sur Telescript. Il y ajoute des dessins marrants, des petits bonhommes « agents » circulant d'un site à l'autre. Il est inspiré.

Puis il me passe son texte :
- Lis-le.
- C'est beau ! Mais plus tard.

Je me remets dans l'autre pièce (nous en avons deux en tout ici) à chercher l'enveloppe avec le texte que depuis trois mois je n'ai pas toujours envoyé au traducteur. Un traducteur hongrois / français. Pourrait-il faire mieux, beaucoup mieux que moi?

Robert Lafont, à qui j'ai envoyé et qui a lu mon livre - journal, s'est plaint de mon français et surtout, mon style. Didier m’a dit : « Traduction mot à mot, difficile à lire ». Les femmes à qui je l'ai donné l'ont savouré, aimé. Où est la vérité ?

À cette occasion, je retrouve plein de bricoles. Écrits. Souvenirs. Photos. Images. Livres. Et l'almanach du réseau d'échange de savoirs. J'y retrouve le poème qui m'a tellement plu, pour lequel je me suis décidé à l'acheter.

- Écoute François !

Il l'aime. Il veut le relire. Il vient.

- Montre-moi. Quel bel Almanach. Tu as bien fait de l'acheter. Cela me rappelle les poèmes de Michel Sephort.

Et il cite :
« Celui qui regarde le ciel ne sait pas où il met les pieds
Celui qui regarde ses pieds ne sait pas où il va.
Où est la clé ? »
François se met au piano. Il joue des sonates de Schubert, puis :
- N'est-ce pas, cela est bien Hongrois ? Je déchiffre, mais ça marche !
- C'est beau !

Enfin, j'ai retrouvé l'enveloppe pour le traducteur et un tas d'autres choses en même temps. Mais justement, le temps s'enfuit, il est déjà dix heures passés. À la là!

Je descends vite garer ma voiture ailleurs. Heureusement, je n'ai pas encore de contravention. Où la mettre? La pharmacienne du coin bouche le chemin, pourtant à l'intérieur il y aurait encore une place.

J'entre dans la pharmacie :
- S'il vous plait, voulez-vous déplacer votre voiture et me laisser entrer ?
- Bien sûr, j'arrive.

Elle demande au dernier client d'attendre. Nous faisons l'échange des voitures et à la place où j'étais une autre petite voiture, conduite par un jeune homme courageux (ou inconscient) se gare rapidement, avec plaisir.

Je reviens. Je range un peu la table.

- Oh, que c'est beau ! C'est aussi Schubert ?
- Non, c'est Bach.

Ces sons caressent mon cœur, mon âme. Me câlinent. François me câline maintenant à travers sa musique.

- Qu'est-ce que c'est que cette odeur? Julie!
- J'ai mis des pommes dans le four micro-ondes pour midi.

Il est onze heures. Je vais préparer une crème pâtissière "minute" pour mettre sur les pommes. François va cuire ou griller une côte congelée, je prépare la salade.

Il faudrait vraiment réussir à réparer le tuyau, l'eau gicle quand on ouvre le robinet sous la cuvette. Si on faisait un échange de savoir? Quelqu'un pourra nous enseigner comment le réparer. Nous avons déjà appelé un plombier. Il est finalement venu. Il a pris de l'argent, donné des conseils et il est reparti. François a fait ce qu'il nous a conseillé, depuis le robinet, changé, ne fuit plus, c'est le tuyau qui fuit et c’est pire.

Bon, je me remets à travailler. J'ai sorti un tas de papiers et il faudra les ranger "à leur place", décider que faire. Décider ce qu’il faut jeter, quoi enterrer en le mettant dans la maison de Celles, à la rue du Bout du Chemin.

2 commentaires:

bérangère a dit…

c'est beau tout ça, vivant, léger...pourquoi on ne peut laisser de comm sur l'autre blog ?

julie70 a dit…

sur quel blog on ne peut plus laisser de message?