C’était moi, elle aussi !

1 octobre 1997

Estelle m’a demandé hier comment je sens relatif à moi autrefois, moi à trente ans. J’ai expliqué qu’au fond, ce même moi reste depuis mes douze ans, mais les circonstances et mon regard vers eux, vers l’extérieur changent. Pas les raisons de mes sentiments, pas mes envies, ni mes passions.

Je voulais écrire à mes douze ans, je voulais être acceptée, aimée - aujourd’hui encore j’ai les mêmes désirs, passions et rêves.

La petite fille qui avait mal au ventre quand au milieu de bombardements il y a eu d’un coup un silence total, celle qui avait envie de plus grande solidarité et y travaillait dur, celle qui s’enthousiasmait - c’était moi. Déçue, s’accrochant autant qu’elle a pu, rebondissant à chaque fois, je me reconnais aussi. Ne se laissant pas faire, puis tombant amoureuse, se trompant peut-être mais ce qui me vaut deux merveilleux enfants. Croyant « ne pas savoir tromper », puis se découvrant humaine, tout à fait semblable aux autres. La sérieuse vierge de vingt-cinq ans, la femme ouverte après son divorce aux aventures, celle croyant aider puis celle qui enfin a trouvé, tout ça c’est moi. Aujourd’hui, je ne renie plus aucune d’elles.

Je suis hongroise, française, américaine ; je suis juive et calviniste ; je suis écrivain (oui, Michel !) et informaticienne. Tout en même temps. Je suis mère, grande mère, épouse, belle mère, animatrice de réseaux et volontaire, éditeur et locataire.

Tous qui m’acceptent, qui ne m’exclue pas, J’aide trois curés en informatique, sans croire tout ce qu’ils prêchent. Je donne un coup de main ici ou là et je me sens utile. M’occupant des autres, je m’occupe de moi-même.

Je me sens très proche de la langue et de la culture hongroise et des traditions de la vie juif. Je m’intéresse encore à la micro informatique et j’essaie de pénétrer dans les secrets de l’écriture. Je suis ravie des succès et attristé des problèmes de mes enfants. J’aime François de tout mon cœur, mon corps, intelligence et âme, même si je ne lui consacre des fois autant de temps qu’il ne le souhaiterait.

Je me sens bien entre les gens de réseaux d’échange de savoirs, j’espère que cette fois, je me suis trouvé une place où je puisse être acceptée vraiment, tel quel.

1 commentaire:

elvira a dit…

Oh Julie…je me sens toutes ses femmes à la fois…Je te remercie de nous partager tes écris.
Je ne suis qu’à la moitié du chemin…mais avec toi j’ai l’impression que ma vie est toute tracée..Et c’est toi tu marches devant...