Chacun pour soi

22 février 1999

Je me sens épuisée.

J’allais très bien et la morale était à bonne fixe, quand je me suis aperçue qu’un des papiers importants sur ma pension complémentaire à tout simplement disparue. J’ai cherché dans tous mes papiers, mais je n’ai pas le courage de m’attaquer à ceux de François.

Comment vais-je garder demain Nadia, ma chère petite fille par alliance, pendant tout une longue journée? Aujourd’hui, j’ai oublié à la maison les papiers pour la caisse principale et l’après-midi à peine ai-je eu le courage d’introduire dans l’ordinateur un peu de mon 4e journal en original. Je me demande déjà si tout cela vaut la peine.

Fatigue et découragement.

En plus, je n’ose plus me regarder dans la glace. Mon front brûle, autour mon nez il y a des cloques.

Pourquoi je n’écoute pas mon propre intuition, me disant « danger» ? !

Ce boucher a abîmé une partie de mon visage et il a même pris d’ailleurs (et on le voit toujours) par « boucher les trous ». Malgré tout, je ne dois pas oublier de sourire. Et chercher un bon dermatologue pour mon front au moins. Celle de MGEN se moque de moi « jeune fille » disait-elle, comme si vers 65 ans c’était normal d’avoir un visage abîmé.

Ma tante m’a appelé aujourd’hui et m’a parlé d’un journal de grand-mère : huit ans. Retrouvé par ma cousine entre les affaires de sa mère, ma tante par alliance, que jadis je croyais ma meilleure amie.

Il paraît qu’elle l’avait ramassé dans la poubelle où ma belle-mère l’a jeté et elle l’avait conservé sans montrer à personne. Elle n’est plus consciente. En faisant l’ordre dans le logement, ma cousine l’a retrouvé, lu, pleuré, elle ne se souvenait pas qui c’était madame « Devecseri Emil » et l’a passé au musée de l’Holocauste. Hanna dit qu’il serait disponible sur l’Internet. Je n’ai pas trouvé encore de trace. À la place, j’ai trouvé Devecseri Gabor, le poète, ses vers. Ce n’était pas ce que je cherchais.

Ma tante aurait pu avoir même mon journal d’Israël, mais probablement elle l’a jeté comme les livres hongrois de maman que j’ai prié qu’elle les prenne de ma marâtre (belle-mère) après le mort de papa. Elle est bien punie, maintenant c’est le tour de marâtre, un jour, le sort, le destin la punira, elle aussi. Au moins, il est bon de le penser qu’à la longue, les méchancetés sont punis.

Dehors, un vent horrible souffle.

Encore heureux: nous ne sommes pas dans une avalanche ou crue de rivière.

Stéphanie dit "encore une semaine, en mars, tous se sentiront mieux". Et Alina? Va–t–on l’obliger à démissionner ? Quitter ce qu’on était habituée à faire est difficile.

Le 1e mars en Roumanie : soleil, temps doux, « marcisori » (petits bibelots de début de mars), même si plus tard le froid revient. Sinon, j’irai voir Stéphanie. Seule. Ou avec François.

2 commentaires:

Sophos a dit…

On espère toujours quelque part que ceux qui nous ont fait du mal, on mal agit ou "abiment" nos enfants ..... soit puni un jour de ce qu'ils ont fait.

On espère ! Je ne sais pas si cela se réalise toujours ...

Mais parfois, incosciemment, ou consciemment aussi ... il nous arive aussi de faire "du mal" .... par une parole, une action ... ou aussi quelque chose qu'on aurait du, aurait pu ...faire !

ce n'est pas toujours aussi simple !
Malheureusement ... ;-)

Biz, Julie !
sophos

julie70 a dit…

Hélas, cela nous arrive de blesser quelqu'un à nous aussi, mais en général nous payons aussi, alors, au lieu de s'occuper à venger soi même, on espère seulement que l'autre le sera, et cela rassure déjà.