Mon fils, bien démarré

16 mars 1997

Aujourd’hui, le jour tant attendu est arrivée, j’ai vu mon fils épanouie, sûre de lui, pratique, prêt à démarrer dans la vie active, la tête sur l’épaule et pas dans les nuages. On doit beaucoup à François, un peu à moi, aussi à Lise et à Valérie bien sûre, mais c’est surtout à lui-même. Lionel a mûri, bien, tel que je l’avais toujours pensé. Je suis très très très, profondément heureuse.

Mon éducation a porté ses fruits, même si avec retardement. Il a trente-deux ans.

J’ai senti de la force, de la détermination, enfin il ne parlait plus comme un adolescent, mais comme un homme. Hurrah ! Hurrah ! Hurrah !

François m’a reproché que j’ai parlé trop forte, presque criant avec mon fils.

C’est possible, même si je ne me suis pas rendu compte, mais j’avais de quoi être excitée. Parler forte, d’une voix haute, c’était en plus pendant les premières vingt-six ans de ma vie la voix normale de discussion avec maman, je ne me rendais même pas compte, mais je la faisais naturellement. Elle me comprenait ainsi sans appareil auditif, nous pouvions parler longtemps sans la fatiguer.

Maman, mes enfants ont grandi, ils mèneront leurs vies. Agnès attend son troisième enfant, sa vie est difficile et fatigante, mais pleine. Elle adore ses garçons. J’irai la voir, j’essayerai de ne pas trop « déranger » son mari. Plus tard, je prendrai les petits-enfants chez moi. Je serai partie dans dix jours, puis encore dix et de retour. Agnès dit « c’est court », oui, mais sans François, dix jours sont déjà fort longs. J’expliquerai ceci à vive voix à elle.

J’ai trois enfants. Le troisième, mon mari François, grandira-t-il jamais?

Je voudrais le voir, lui aussi heureux, sûr de lui, pas déprimé ni amer ou furieux. Quelque part mon excitation l’a heurté. Il a diminué ma joie au lieu de l’augmenter, le partager.

Je ne suis pas assez bon psychologue pour comprendre.
Bonne nuit !

2 commentaires:

Francois et fier de l'Être a dit…

Claudine m'a toujours dit avoir rêvé son fils. Elle le trouve tel qu'elle l'a toujours souhaité. Je me suis toujours demandé si c'était l'amour maternel qui parlait ou si réélement nous formions nos enfants selon nos désirs?

Sophos a dit…

JE crois qu'on essaye de transmettre ce que l'on croit bien à nos enfants.
Ensuite, ils en font ce qu'ils veulent !
Mais chauqe pas réussi nous montre parfois que notre persévérance a du bon ;-)
Mais c'est aussi un mélange de nous, et d'eux ,-)
Eux aussi ont un potentiel, a nous de ne pas trop le cacher, par trop différent de nous ;-)

Avoir des enfants, c'est aussi savoir les lacher petit à petit, dès le départ ,-)

Mais c'est tout sauf évident !!!

Sophos