Loin des autroroutes

Je suis partie de Paris par l’autoroute, tôt le matin.

Il y avait une lourde circulation, mais la plupart des voitures arrivaient vers la ville, en direction opposée. J’ai pris Paris - Chartres, puis direction Orléans et Vierzon. Après deux heures, j’en avais assez de conduire ma vieille voiture rapidement, j’étais prêt à m’arrêter, suivre mon propre rythme. Prendre des petits routes. N’étais-je en vacances ?

Je me sens uni avec le paysage, petits hameaux, champs de blé, tournesols me sourient, la route devient de plus en plus vallonnée. Peu de circulation, enfin je roule à l’aise en regardant ce qui passe, admirant les jardins fleuris, les roses crémiers, prenant mon temps. De toute façon, nous arriverons au Le Châtre avant midi.

Je me sentais seule.

Depuis presque deux heures, mon mari, pourtant assis près de moi n’a pas dit un mot: il lisait pendant que je conduisais.

- Allons boire un café et manger quelques croissants, proposa‑t‑il enfin.

Nous sommes entrés en Vierzon. Je n’ai pas aimé le premier café rencontré et ensuite, nous nous sommes trouvés dans la banlieue, sur la route vers Issodun.

- Issodun ?

Je me suis arrêtée. Mon mari regardant la carte routière me répondit :

- Ça va, c’est même plus direct, mais c’est seulement un départemental, pas une voie rapide.

- Et les croissants ?

- On va en trouver plus tard, grogna‑t‑il.

Nous en avons trouvé dans le premier village de grand croissants, croquants, frais et aussi des chaussons à pomme avec de sauce encore chaude à l’intérieur.

La route nous attendait avec des surprises à chaque tournant.

Plus de autoroutes, plus d’appartement étouffant de plus en plus, jour après jour. Du mais et un merveilleux champ des tournesols avec leur visage tourné avec curiosité vers nous : sommes nous en train de les déranger dans ce matin tranquille ? Presque aucune autre voiture à vue d’œil. Puis un autre petit village, de nouveau des champs avec des vaches paisibles broutant l’herbe.

Nous voilà à Issodun : est maintenant?

Nous nous arrêtons devant l’église, mon mari les aime, joue de l’orgue et il est intéressé par leur architecture aussi. Je n’entre pas mais me promène, c’est beau, le centre de cette petite ville et l’air est si frais ! Loin de Paris, presque à 200 kilomètres.

- Bien, encore soixante et nous sommes à Le Châtre, me dit François.

- Alors, tu pourrais parler avec le curé avant midi.

On passe par Nohant où George Sand a écrit Petit Fadet, sans s’arrêter, et, après un virage et de merveilleux saules, nous voilà sur la rue principale de Le Châtre.

Nous arrivons à onze heures et cherchons l’église, nous trouvons le marché. Samedi, c’est le jour de marché dans cette charmante ville, la place centrale est plein de gens. Après avoir réussi de parquer la voiture pas très loin, nous faisons un tour et trouvons un panier de fraises sauvages pour presque rien et quelques très bonnes framboises. De fromage frais aussi, le tout trois fois moins cher qu’à Paris, en 18e arrondissement. Et meilleur.

Puis, François va à la paroisse, il trouve le curé qui lui donne la clé de l’orgue pour toute la semaine.

- Pourriez-vous jouer à la messe, ce soir ? demande le curé.

_ Bien sûr, répond mon mari, ravi.

_ Et demain matin ? À onze heures ?

- Je jouerai aussi, avec plaisir. Et le samedi suivant, comme convenu.

Le curé n’ose plus demander aussitôt pour le dimanche suivant qu’après la messe de samedi soir quand il remerciera spécialement l’organiste en visite pour son jeu. Et curieusement, les gens applaudissent, comme après un concert. Tout dans sa musique, François n’entendra même pas.

Mais nous ne sommes pas encore là.

Pendant que François découvre l’orgue sur lequel il jouera les dix jours suivants et fera quatre messes, je goûte les framboises. Je sens le foret, je me sens libre, échappée. J’ai réussi de l’emmener ici.

Et maintenant?

À midi, nous trouvons un bon restaurant, le repas est lourd mais fait avec beaucoup de soins. Plus tard, nous découvrons qu’ils ont le même menu chaque jour, le même repas.

2 commentaires:

Sophos a dit…

C'est une blle région ;-)
J'aime beaucoup la patite chapelle de Nohant ;-)
C'est ma région ;-) Enfin, nous, c'était Chateauroux !

Francois avait -i-l été à Levroux, voir son magnifique orgue ?

Sophos qui regrette le temps ou on écoutait de l'orgue.........

julie70 a dit…

nous y avons passés et on lui a même permis de jouer sur l'orgue là bas, "on reviendra" il a dit, mais comme d'habitude, je savais déjà que non,

mais l'écouter jouer de l'orgue ou de piano était une vraie plaisir (la plupart de temps)