Cap d'informatique (revoir ma vie)

À Paris, un seul mois après m’avoir arrachée de mon foyer, Sandou m'a traitée de “putain” et il est devenu de nouveau désagréable. Entre nous, tout se déchirait ; de plus en plus.

Mais il n’y avait plus de retour possible pour moi.

J’avais promis à Sandou de ne plus parler ou à écrire à Pierre, j’ai tenu ma promesse. Mais dans mon journal, j’ai décrit le chagrin de cette séparation, Sandou l’a trouvé, l'a lu et l'a considéré comme une trahison de ma parole. Dorénavant il avait le droit de faire tout ce qu’il voulait, lui, au moins dans son esprit.

Longtemps, je n’ai écrit plus écrit dans mon journal, j'écrivais seulement des lettres à mes amies. Et pendant nos vacances d'un mois en Grèce, pour la première fois dans ma vie j'ai grossi douze kilos. J’avais perdu « ma silhouette», mon atout de femme principale.

J'avais deux enfants et un travail qui ne me rapportait pas assez pour pouvoir les élever, toute seule. Ce n'était plus comme à Ham où j'avais été chef de laboratoire avec logement de fonction et un salaire acceptable. Je travaillais dorénavant comme laborantine au salaire minimal.

J'étais de nouveau déracinée et mon cœur saignait toujours de l'éloignement de Pierre - à l'époque je le sentais davantage mon mari que Sandou. Pierre ne m'avait pas fait de mal, il m'avait donné confiance en moi comme femme. Mais il n'était plus là.

Pour en sortir de ma misère, j'ai commencé à m'accrocher à mes études. L’histoire de France d'abord, les maths modernes et l'informatique ensuite.

En 1973 j'ai passé et réussi un CAP d’Informatique! mon premier diplôme en France. J'étais fière : 1000 inscrits, 38 reçus! Surtout, je me suis rendu compte qu’à 39 ans je savais encore étudier. Je ne suis donc pas si vieille que ça! autant que Sandou veut et continue de me le faire sentir !

2 commentaires:

Francois et fier de l'Être a dit…

Je me souviens des lignes de codes que l'on nous demandait de tracer au crayon de bois. Il fallait être vif à bien des niveaux pour l'avoir. J'ai eu le mien en 1978, c'était sensiblement les même proportions de reçus.
Bises.

julie70 a dit…

bravo, François!