Il nous faut du courage et de la chance, mais...

8 à 9 janvier 1994

Il nous faut du courage et de la chance... mais pas pour ce que je disais la dernière fois. Pour François et sa santé, sa guérison, sa survie de l'embolie pulmonaire.

Comme il me l’a dit, il a eu déjà de la chance : il est tombé à côté d'un agent de police, les gens l'ont remarqué rapidement, les pompiers et les docteurs sont venus vite, ils ont su quoi faire pour le réanimer, lui donnant rapidement l’oxygène qui lui manquait, on l'a amené à Bichât où le médecin d'urgence l'a bien diagnostiqué, traité, décidé et l'a fait admettre à Laennec.

Le Samu a été par contre au-dessous de tout : trois heures d’attente pour qu'ils arrivent. Mais enfin, on l'a emmené et à l’hôpital Lænec ils l'ont traité tout de suite avec tout l’art moderne et tout la gentillesse et soin attentif.

Le calme de François, tellement angoissé de tout, quand il a compris la gravité et le danger, me stupéfait : il se comporte en vrai héros. Il est même heureux de pouvoir prendre sa retraite ‘en beauté’ - il aura maintenant un motif. Et, tant mieux si ça embête ceux qui n'ont pas apprécié ses innovations et ses idées avancées, qu’il ne pourrait enseigner ce semestre.

Il décide déjà de ce qu'il va faire : apprendre, comprendre les nouvelles choses, construire par exemple un ‘partage de librairie’ et pour les 10 ans de Mac, écrire un bouquin sur le prochain Macintosh de l'intérieur.

J'espère seulement qu'on va bien le soigner pendant la nuit dans le service de réanimation, aussi bien que cette après-midi, c’était une très bonne équipe.

Que la nuit passe. Que 48 heures passent.

Qu'on prenne maintenant vraiment à cœur notre santé et ce qu'on a vraiment envie de faire. Entre autres, être plus et encore mieux ensemble. Peut-être que les gens qui veulent me mettre dehors de Cnam me font-ils un cadeau, me permettant ainsi d'être davantage avec François.

Je veux être encore longtemps avec lui, c'est un homme merveilleux. Je l'ai beaucoup apprécié, mais pas assez. Je l'admire, je l'estime beaucoup, aujourd'hui, encore plus.

Une nuit difficile pour nous deux : lui là et moi qui à la maison ne réussis pas à m'endormir malgré tout les calmants que j'ai pris. J'ai peut-être dormi 1 à 2 heures. Il faudrait dormir encore pour être forte demain, avec lui, devant lui. Je suis quand même une grande optimiste. Et la chance doit durer.

2 commentaires:

heure-bleue a dit…

Tu as raison la chance doit durer, il faut même la provoquer !!!

sophos a dit…

c'erst dur de voir un être aimer souffrir.
Et reussir à être à ses cotés est important.

Sophos