Nous sommes fiancés

Autre chose ?

La dernière journée de l'année 1989 nous nous sommes fiancés. François m'a acheté une petite mais magnifique bague en diamant, une traditionnelle bague de fiançailles.

Avant cela, j'ai passé trois jours dans "sa famille", aux moins avec ceux qui ont répondu à la convocation de la sœur de François, pour fêter sa fille et son début de carrière comme chanteuse dans le chœur de l'opéra de Lyon. La nièce de François était ravissante, très tendue jusqu'à la fin du spectacle, mais resplendissante ensuite.

Par contre, la sœur de François a été pleine de “combinaisons“, des sous-entendus et plans divers avoués et inavouables : punir son fils, défendre sa fille, m'éloigner de François, me présenter à certains, se lier à, lier François à X ou Y, etc. Elle a une langue de vipère, et, comme elle me l’a dit elle-même : elle prépare différents ingrédients, ensuite elle agit selon l’occasion, lance des mots qui font leur chemin. Elle a « préparé » au moins deux femmes différentes à présenter « par hasard » à François. « Innocemment… »

Au début, elle avait fait semblant de m’accueillir avec chaleur, elle est très très forte à faire semblant. Peut-être en fait elle trop, faute d'avoir une forte personnalité. Elle est sans pardon, blessante, calculatrice et n’a rien à faire d'autre qu’utiliser son temps, son charme et son intelligence à se mêler de la vie des autres. J'ai répondu du tac au tac, en général, mais j'en suis sortie épuisée.

Heureusement, on nous a donné un "congé" de 30 heures ; et nous avons pu fêter, savourer entre nous nos fiançailles en nous promenant dans les alentours de Lyon. En commençant par un inoubliable bain de mousse... à la vanille ! un dîner avec un pavé de sandre, puis, le lendemain matin, une promenade et pique‑nique dans la voiture entourés des arbres étincelants par le givre comme dans un conte féerique. Nous avons même valsé autour de la voiture sur un air d’Offenbach venant du radio.

Oh que c'est bon d'être heureux ensemble! Quelle joie de voir l'amour, le romantisme avec les mêmes yeux!

J'ai beaucoup appris sur la famille et sur François enfant photographié avec un costume avec manches trop courts, adolescent (il était un fort beau garçon) et surtout à travers les photos de famille que sa sœur possède, mais qu’elle ne m'en a pas donnée. Pas un, malgré sa promesses.

J'ai eu de la chance aussi à la fin, elle a essayé de me recruter, avoir des informations régulières sur son frère « pour son bien ». Ah oui ! (test? vrai?). En entendant ma réponse, elle a immédiatement reculé : « bien sûr, avec son consentement, je ne l'avais pas imaginé autrement », mais j'ai entendu sa voix déçue et vu son visage affreusement désappointé...

Je n’oublierai jamais non plus, son visage décomposée en apercevant à travers un vitrine sur les écrans de télévisé, les cadavres des époux Ceausescu. S’est elle identifiée avec Elena Ceausescu, pourquoi ?

À l'université, des trucs politiques, cliques contre François, on verra ce qui arrivera.

Pour moi, ce qui était le plus important est que François ait montré qu'il se souciait vraiment de moi, qu’il a la volonté de m'aider, autant que moi l’aide. À sa manière. Le reste, le résultat est moins important.

Je crois qu'on s’est mieux approché l'un de l'autre. Il y a sûrement peu de vrais couples comme nous. Il faudra tout faire pour que cela soit durable et continu. Cette confiance, cette intimité, ce rapprochement.

Existe-t-il des recettes? Comment peut-on retenir une femme? En lui assurant un amour durable, en la laissant libre d’être. Et un homme? Comment apprendre à faire la balance entre suggérer et non conseiller, entre liberté et prévoyance?


Ensuite, on nous a donné trois jours de congé et nous nous sommes promenés sur les routes bordés des arbres givrés, dansé autour de la voiture, chanté de l'opérette, fait tas des bêtises agréables. Même aujourd'hui, après tant d'années, je m'en rappelle avec plein de bonheur.

4 commentaires:

heure-bleue a dit…

Je n'ai aucune recette, je suis toujours mariée avec le même homme, aujourd'hui, il est malade mais je ne me vois pas vivre autrement qu'avec lui. Dire que c'est simple chaque jour, ce n'est pas vrai...

Sophos a dit…

Pas facile de le faire.... c'est sur !
Mais c'est tellement enrichissant au bout du compte.
Il y a toujours des hauts et des bas, grace, u à cause de nous-même, mais aussi ... et surtout ? avec les éléments, évènements extérieus.

En tout cas, cela fait pliasir de voir que tu as été heureuse, autant ;-) C'est tellement bon, bien, enrichissant, le bonheur.

Et il faut donner de soi, beaucoup, pour faire qu'il dure ...
Et à le faire à deux, cela peut durer très longtemps , non ?


Sophos

julie70 a dit…

Heureusement, qu'il y a des mariages heureux et qui durent, marié ou non d'ailleurs, quand tous les deux y mettent les siens, oui, je suis convaincue que cela peut durer!

Je lis toujours des romans d'amour, je crois toujours, j'espère toujours, qu'une bonne fin est possible, bonne et durable je veux dire,

mais sans vouloir anticiper sur la suite, mon histoire a duré assez longtemps aussi, sinon jusque fin, comme je (nous) espérions quand nous nous sommes fiancés

en pensant à l'arrière, relisant, que des hauts et des bas! mais je vivais, plus peut être que ces temps-ci, quoique... je fais pleines des choses encore que j'aime, je vais vers les autres, tant que je peux dans mes conditions de maintenant, pas un mais plusieurs, ce n'est si mal non plus

sophos a dit…

c'est vrai que revoir sa vie, avec le recul ... on relativise aussi ... et on voit différement ;-)

Sophos