Il y a trente ans

Pâques, 1987

Il y a 30 ans Julie la jeune fille est devenue femme. C’était le printemps 1957, suivi de douze jours de voyage de pré noces. Pas de regrets pour ces années : souvenirs agréables d'amour, d'hésitations, de confiance, de folies, d'enchantements.

Cet après-midi je voulais être un peu avec des gens, je suis sortie. Et comme d'habitude, le charme de Montmartre a opéré. Assise, au soleil, sur les marches devant le Sacré-Cœur, je me suis plongée avec enchantement dans le Monde.

Un jeune Italien pas très beau mais avec une voix enchanteresse essayait de convaincre une jeune femme Italienne : un couple Allemande derrière moi. Un groupe de Hollandais, des Anglais, des Américaines, des Arabes, des Japonais, même quelques Français, presque tous - comme moi - en pantalon. Regarder, s'arrêter, méditer. Tous bavardaient ou se reposaient sur les marches devant l’église, tout en contemplant Paris du haut.

Je me suis sentie unie avec toute cette vie autour de moi, avec le monde.

Le soleil frappait agréablement, puis trop fort ; je me suis levée, j'ai regardé l'herbe très verte, les tulipes rouges, les arbustes jaunes. J'ai observé les flics en uniforme et en civil qui veillaient sur nous, les gens qui pique-niquaient et ceux qui bavardaient aux cafés, j'ai bu un bon express au comptoir, j'ai écouté un peu la musique et le brouhaha de la foule. Puis je me suis assise sur un banc à l'ombre et j'ai écrit : les idées venaient mieux qu'à la maison.

Le Montmartrobus arrive et repart, la pharmacienne admirative me dit avec un sourire : "vous avez bien maigri". Ensuite, lentement, je reviens chez moi.

J'habite dans un des plus beaux coins du monde !

Je me sens bien avec moi-même. Mais quand je me sens seule, quand j'ai besoin de promenade, de tourisme, je n'ai qu'à sortir une heure autour de la maison. Ou alors m’asseoir à côté de la fenêtre ouverte, écouter les oiseaux chanter, regarder l'arbre devant la fenêtre avec le ballet de ses feuilles. Et je sens, comme aujourd’hui, une grande paix en moi.

On peut prendre du plaisir en tellement de choses...

4 commentaires:

marie.l a dit…

quelle belle philosophie Julie, que je partage avec toi, et je rajouterai qu'on a les plaisirs que l'on se donne, simplement...

aben a dit…

Ton écriture est différente ici de ce qu'elle est sur ton blog principale. Ou c'est le lieu qui la rend diférente. On sent la détente, le bonheur de vivre, de regarder les autres vivre...
Je trouve ce texte très beau. Il m'évoque un bonheur si simple que l'on se demande pourquoi on se pose tant de questions au lieu de profiter tout simplement des instants les meilleurs

sophos a dit…

Parfois, il suffit d'un peu de soleil pour retrouver la chaleur ... Le soleil pouvant être les gens, la nature ....
Cela me tente d'aller découvrir l'ambiance que tu y décris, dans ton quartier ;-)
Sophos

julie70 a dit…

aben, il y a des instantes comme cela dans la vie, heureusement, et aussi quand l'inspiration guide notre main presque tout seule,

je n'ai pas assez des moments d'écriture si "poétique" et en même temps vraies et profondes, hélas, j'avais 53 ans, mais je m'y sens encore ce matin dans ces moments-là (et je ne savais pas non plus, que bienôt, ma vie aller prendre encore une autre tournure.