Tu as eu raison

jeudi 12 septembre 63

Cher Sandou,

Je te prie de me pardonner, mais tu as eu raison. D’après ce que je vois on peut le résoudre sans que tu ailles à Paris, d’après ce que j’ai compris hier J (je vais de nouveau le vérifier aujourd’hui) si la Police me donne une certificat que tu es à l’étranger (j’ai déjà demandé et je l’aurai dans une semaine) cela prendra place du papier envoyé par toi. N’y vas pas donc si tu n’y as pas encore été. Sinon, cela ne fait rien, ta lettre arrivera sûrement avant celle de la Police et c’est au moins aussi bon. Quand j’étais la première fois il ne me l’a pas dit mais peut-être c’est ma tort n’ayant pas demandé s’il n’existe pas d’autres moyens. Je retourne vérifier si ceci prolonge seulement le besoin de ta lettre ou l’annule.

Je t’embrasse avec chaleur et fort, j’aurai tellement besoin de toi mon homme, mon ami, mon garçon. Beaucoup d’amour et j’espère qu’au maximum dans un mois et demi nous ne reverrons. Papa reste à Zurich encore jusqu’au 20 octobre.

Judit


Mon chéri, 12 sept. 63
Je t’ai expédié ce matin un télégramme et une lettre, maintenant je t’écris de nouveau. Je pensais n’était-ce pas trop ? Ensuite je me disais que je supporterais volontiers de toi une lettre par jour, pourvue que tu écrives ! Je pensais combien je suis heureuse recevant la poste et je m’imagine que cela ne peut pas être très différent chez toi non plus. J’ai de toute façon des problèmes à discuter avec toi.
A peine je ne suis couchée cette après-midi et j’ai commencé à t’écrire une lettre dans ma tête que j’avais l’intention de mettre sur papier le soir et je te disais dedans que trois jours se sont passés et il n’y a rien de toi, quand quelqu’un sonne et je trouve accrochée sur la porte une lettre de 9 septembre, je lui avais demandé de le mettre là n’ayant pas le clé de la boite à lettres. Immédiatement j’ai fait la paix avec toi, et au lieu de dormir, je t’ai écrit de nouveau dans mon esprit une autre longue lettre. Puis je me suis couchée et je t’écris au moins une partie de toutes mes pensées.
Je suis revenue de la poste centrale, et sur la route, j'ai achetée deux belles jupes en tergal à Axa en leur demandant qu’on les emballe joliment (je dois avouer que les autres quatre expédiés, mises en paquet par moi, n’étaient pas si bien empaquetés) obtenant non seulement meilleur qualité et exécution au même prix qu’avant. Je regret n’avoir pas acheté les autres aussi chez eux. Puis je suis allée à la poste et je les ai envoyés en Roumanie.
Il faut remplir un tas de formulaires tellement que même avec mon écriture rapide cela m’a pris une demi-heure. Avec l’expédition par avion tout a coûté environ 44 lires et j’ai entendu qu’on peut les vendre maintenant là-bas avec 600 lei la pièce et la douane est 100 lei. Ceci vaut donc vraiment la peine. Il peut être un aide essentiel aux vieux. Je me suis décidée que n’importe quoi arrive j’enverrai deux chaque mois régulièrement. Je suis seulement soucieuse, comme je leur ai envoyé les premiers en juillet, le deuxième début août, je n’ai aucune nouvelle qu’ils les ont reçu et Zsuzsi Samuel dit qu’il dure au maximum deux à trois semaines jusqu’on les reçoit.
Je te prie demande discrètement à tes parents s’ils l’ont reçu, s’ils leur plait ou devrais-je envoyer quelque chose d’autre. J.

Echange de lettres

Julie à Sandou

Mon amour, 10 sept 1963
Je rien reçu de toi, ni hier ni aujourd’hui, mais je t’écris sans plus attendre. Je pense à vous tout le temps, monsieur, je ne dois même plus mentionner, n’est-ce pas, mais en plus, souvent je parle avec toi, soit en me querellant, soit demandant pardon, ou comme ci ou comme ça.
De toute façon je vais demain voir, peut-être ils prendront le papier que tu m’avais envoyé tel quel. On verra ce qu’ils disent combien cela durera, de quelle façon cela prend moins de temps.
Aujourd’hui j’ai conduit avec oncle Bela derrière et il était contant. On verra ce qui se passera à l’examen. Je suis décidée le prendre au besoin 4 à 5 fois jusque je passe. Le prof dit que je conduis mieux que beaucoup qui passent.

Hier j’étais chez tante Hanna avec Agnès et cette fois-ci elle s’est bien sentie et nous nous sommes bien entendues. Aujourd’hui nous étions chez Irène, elle ne voulait plus rentrer ! Agnès ayant lavé la lettre de ta maman je n’ai pas pu te l’envoyer. Je regrette. Elle dit dedans combien elle est contente que j’ai obtenu avec l’aide de Dieu et Papa le logement. Elle l’a écrit exactement ainsi. C’était une lettre datant depuis un mois que Stelian avait oublié d’expédier. J’irai encore une fois à Nazareth avant notre départ, peut-être même à Jérusalem et je voudrais voir d’autres endroits par ici avant partir.

Julie



Ma chère femme, 14 septembre 1963

Ce matin j’ai reçu ta lettre du 10, je l’ai lue d’abord sur l’escalier, et puis de nouveau et de nouveau, jusqu’au ce soir. Tu es tellement douce que je te mangerais, encore et encore, jusqu’à ce qu’il ne reste rien.

Aujourd’hui je me suis levé tard, parce que cette nuit ils m’ont réveillé à 4 heures du matin pour un dépannage au moulin. En me levant, j’ai trouvé ta lettre, dans laquelle tu réponds à presque toutes les questions que je t’ai posées seulement dans ma lettre d'hier. Probablement par télépathie.

J’ai réglé enfin mon compte d’Août avec les propriétaires du moulin. J’ai reçu encore 380 francs, 120 f représentent la bouffe et l'acompte de 300 f. Je les ai déjà terminés aujourd’hui, je n’ai plus que 10 francs. Ils m’ont donné aussi le compte des dépenses. Je devrais publier une annonce par l’intermédiaire de Eduard, l’ami de mon frère habitant à Nantes.

Je dois faire quelque chose, l’insécurité me détruit.

J’ai encore 225 F, mais j’aurais voulu m’acheter une paire de chaussures. J’ai aussi besoin d’une blouse de travail, bêtement je n’en ai pas pris quand je suis parti. Toutes mes affaires sont sales et je devrais les donner à laver. La dernière fois, à Paris, ils ne les ont pas trop bien lavées, mais ils ont très bien repassé mes chemises.

Moi aussi, j’ai des problèmes pour dormir. Aussitôt que je suis un peu reposé, je me réveille et je ne réussis plus à m’endormir. Peut-être est-ce de la télépathie, qui sait.

J’ai reçu une lettre de mon frère, il a trouvé un meilleur travail, il ne m’a pas oublié et il nous demande des nouvelles des médicaments qu’il avait demandé de lui envoyer, je crois que tu avais demandé à ton oncle de le faire. J’ai aussi reçu une lettre de mon copain d’enfance grec, il est sorti de Roumanie après moi, il s’est établi comme médecin au Nord de la Grèce et me demande comment c’est pour les docteurs en France. Je n’ai encore écrit à personne d’autre qu’à toi et je devrais aussi laver mes chaussettes. Je voudrais aussi aller au cinéma.

Quand je terminerai ma lettre, je ferai une promenade pour la mettre dans la boîte à lettres et je mangerai un gâteau. Ici le temps s’est refroidi, il fait frais et il pleut. Je pensais que, si tu étais ici, on ne pourrait pas se promener et qu'il faudrait trouver quelque chose à faire à la maison.
“Ensemble pour le meilleur et pour le pire!”

Je vois que lorsque nous sommes séparés c’est mauvais, quand nous étions ensemble c’était bien. Depuis deux mois et demi déjà que dure notre divorce forcé, on pourra se remarier, je ne sais pas pour combien fois. J’espère bientôt.

Beaucoup de baisers pour ma femme dont j’ai beaucoup envie et pour la petite.
Je t’embrasse mon amour, j’espère que tu ne dérangeras pas mon sommeil cette nuit,
Votre Sandou

Lettres écrites au même jour

lundi 9 sept. 63

Mon cher Sandou,

J’ai reçu aujourd’hui tes lettres de 3 et 7 septembre. Je me suis réjoui de la première d’abord, du deuxième je me suis fâchée fort. Si tu veux coût que coût repousser que nous soyons ensemble, c’est ton affaire. Encore 7 jours, puis encore.

Moi, je t’avais écrit clairement. Vas à Paris, c’est loin, coûte de l’argent. Je le sais. Mais comme nous n’avons pas pensé à temps, pendant que t’étais encore ici, tu ne peux rien y faire. Tu dois signer personnellement et devant le Consul ce papier. Autrement il n’y a aucun valeur. Si j’obtiens le passeport sans enfant (dans environ un mois), puis je donne le papier, il peut durer encore un mois jusqu’à ce qu’ils ajoutent elle aussi. Donc mon garçon mets-toi au travail et vite.

Je viens d’arriver de Nazareth, j’ai visité l’église (grec -) orthodoxe d’annonçement, où nous avons été ensemble et après-demain peut-être j’irai le montrer aussi à Agnès. Il était un jour avec hamsin d’horrible chaleur, je suis partie à sept heure trente et rentré à quatre complètement épuisée. J’ai peur qu’on aura des difficultés plus tard. On m’a dit qu’il y a à Jérusalem aussi un prêtre roumain orthodoxe (mais pas d’église), j’y vais demain pour essayer de le trouver.

Je pourrais partir dès aujourd’hui avec mon ancien passeport si je le voudrais sans enfant. Donc si tu veux voir ton enfant plus rapidement, fais comme ton épouse dit et n’essaie pas de trouver des solutions plus commodes, mais impossibles. Qui va croire « par correspondance » que c’est bien toi qui leur ai écrit ? Tu pourras à Paris en même temps faire prolonger ton visa avec trois mois et aussi donner une annonce au journal et alors tu ne feras pas le long chemin « pour rien ». On ne peut pas aller de Lyon avec avion ? Il serait sûrement plus vite ainsi !

Je t’embrasse mon chéri et termine et même épuisée j’irai expédier, je veux qu’elle t’arrive vite. Peut-être depuis ils t’ont écrit eux aussi d’aller en personne et disent les jours quand s’est ouvert et le Consul disponible pour que tu n’ailles pas quand ce n’est pas bien.

Je t’embrasse avec beaucoup de désir,
Judit

Sandou à Julie

9 septembre 1963, St. Didier
Ma chérie, le réparation de la voiture que je leur ai abîmée, je te l’ai envoyée aujourd’hui le détail, cela n’a pas été un accident très réussi à ce point de vue, le coût est approximativement égal à mon salaire pour deux mois.
J’ai aussi discuté avec eux de mobilier, nous aurons une table, des chaises, une armoire, un réchaud à gaz et un chauffage. Ils ont aussi un lit d’enfant pour Agnès, mais, si tu ne le veux pas, apporte le sien. De toute façon c’est moins cher que d’acheter ici, dans le futur proche nous n’aurons pas beaucoup à dépenser. Comme tu crois. J’aurais encore eu beaucoup à t’écrire, mais en relisant ta lettre j’ai commencé à rêver comme un adolescent et je suis resté là.
Tout ce que je dois payer pour la voiture abîmée me fait peur, mais je n’ai pas d’autre issue, elle était assurée seulement pour les tiers et ils insistent pour utiliser seulement des pièces neuves. Avec ton examen pour le permis de conduire, j’espère que tu auras le papier en mains lorsque tu recevras cette lettre. Je préférerais que tu ne loues pas une voiture mais de toute façon ne prends pas Agnès avec toi. J’espère que ton père tiendra ce qu’il a promis, et, alors, quand nous serons ensemble nous nous promènerons un peu partout. Mais si tu dois passer encore une fois l’examen, le mieux est de ne pas interrompre les leçons.
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J’ai interrompu ma lettre et j’ai été au cinéma voir un film espagnol, moyen. Puis j’ai emprunté une radio et je ne l’ai rendue que ce matin, puisqu’ils m’ont demandé de travailler dorénavant de sept heures à midi.
Les patrons ont été toute la journée à la chasse.
L’après-midi j’ai lu et dormi et au dîner, ils m’ont donné un tout petite poste de radio qui marche assez bien et me solutionne les leçons de français. Je pense souvent au trou financier que j’ai causé et j’en deviens malade (de rage). Avec ces 1800 francs j’aurais pu m’acheter une bonne voiture d'occasion. Sans parler du fait qu'au début nous allons avoir des dépenses journalières supplémentaires et aussi pour la mise en route de notre ménage. Je crois que jusqu’à ta venue je pourrai arranger la maison pour pouvoir passer l’hiver sans problèmes. N’oublie pas de t’habiller bien chaudement et d’apporter le radiateur pour la chambre d’Agnès. La semaine prochaine la laverie du village s’ouvre et je pourrai enfin donner mes affaires à laver, je n’ai plus qu’une seule chemise propre.
Quand tu viendras, rappelle-moi de ne pas faire d’heures supplémentaires, de toute façon ils ne me les paient pas, mais pour le moment, comme je m’ennuie, pourquoi pas, j’ai le temps, ensuite j’entrerai dans un programme strict. Si tu ne viens pas rapidement, tu me trouveras aigri, le temps passe si difficilement. Si tu étais maintenant à côté de moi, je t’embrasserais si fort, comme un ours et je ne sais pas ce qui arriverait à tes os. Je sens que mes muscles tremblent déjà, probablement qu’aujourd’hui je me suis trop reposé. Cela ne fait rien, cela aussi passera.
Ce soir, j’ai joué un peu avec l’enfant des patrons. Il est du même âge approximativement qu’Agnès et il est très gentil. Cela m’a donné une très grande envie de ma petite. En pensée, je lui ai fait tout un programme, je l’ai vu grandie, je lui ai appris à conduire et je lui ai même fait un petit frère. J’ai même réfléchi à quel nom lui donner puisque cette fois c’est mon tour, mais je n’ai pas pu me décider encore. Nous avons encore du temps, peut-être, nous verrons.
Cela vaut la peine de m’écrire que tu m’aimes, puisque moi je t’aime, mon amour, et quand je le lis, je m’en réjouis chaque fois comme d’une nouveauté, comme à la première déclaration, comme quelque chose d’inattendu.
Je t’embrasse, mon amour et à bientôt, bonne nuit et baisers de Sandou

Mon chéri

Dimanche, 7 ou 8 septembre 1963

Mon chéri,

J’ai reçu aujourd’hui tes lettres écrites juste il y a une semaine. J’espère qu’entre temps tu as reçu mes autres lettres et que bientôt je recevrai ta déclaration puisque depuis trois jours j’ai reçu ma Carte d’Identité et maintenant ne manque plus que ta déclaration pour Agnès pour que je puisse demander le passeport.

Je voulais aller demain à Nazareth mais je vais devoir le retarder puisque depuis hier il y a grève des autobus. Je pourrais aller en train à Haïfa et partir de là. J’irai cette semaine, d’une façon ou de l’autre. Pour le moment, seule.(1)

J’ai pensé moi aussi qu’il serait bien se promener ensemble, épaule contre épaule. Juste ça nous rendrait heureux.

Je suis assez paresseuse ces derniers jours et je passe le temps lisant un tas des livres policiers en anglais (je les obtiens plus facilement ceux-ci). Je sais que ce n’est pas bien et qu’il ne faudrait pas, je décide d’arrêter, puis je deviens tellement nerveuse que je prends une autre comme médicament – et temporairement au moins, il aide. Hier nous avons été à la piscine de Givatrambam avec Agnès et elle s’est distrait formidablement bien, elle et très courageuse et veut aussitôt imiter les grands essayant (20 – 30 fois) sauter (mais seulement serrant bien ma main). Elle s’est vite fait des copines là et elles ont joué avec le douche, (s’approchant et s’enfuyant).

Le soir j’étais avec Zsuzsi, Klàri et tous nos enfants au parc, Agnès dans la robe que je lui avais acheté (10 l) avant notre départ à Naharie et elle ressemblait à une papillon, et riait, courait, etc. toutes les deux mères ont envié et Zsuzsi disait « Kati était ainsi petite mais n’a jamais eu une telle robe ». Ce que bien sûr je ne crois pas. J’étais très contente d’elle, sauf qu’elle a appris à faire pipi comme les garçons (fait semblant le montrant seulement) mais pas souvent et cela lui passera. Le mot qu’elle répète le plus souvent ces derniers jours est « Cela », l’a-t-elle appris de moi ? Elle mange bien, de la soupe, de la viande, des œufs, tout qu’elle ne voulait pas jusqu’à maintenant.

De nouveau une vague de chaleur nous a envahi, Klàri disait que dans le journal c’était écrit 35 à 60 degrés pour Tel-Aviv. Mais je commence presque à m’y habituer et seulement le soir, quand l’humidité s’abat je souffre de cette chaleur suffocant.

Je pense beaucoup à nous ensemble et penser à toi me réchauffe le cœur. Que c’est bon de nous avoir ! Et que nous avons la petite. N’est-ce pas monsieur ? !

J’espère que tu sais que ton départ de ton poste actuelle n’empêchera avec rien notre rencontre, à partir de 25 octobre nous pourrions être ensemble, dans ce cas je fêterai la naissance d’Agnès avec les enfants d’ici avant notre départ. D’après ce que tu m’écris je ne crois pas que cela veut la peine que tu restes encore dans cette endroit, mais arrange-toi une autre travail à partir de là, ne pars pas définitivement de ce moulin jusqu’à ce que tu n’as pas fixé un autre où aller.

Je crois c’est une très bonne idée de faire paraître une annonce dans le journal de Meunerie, mais tu pourras en même temps répondre toi aussi aux offres de travail de ceux qui cherchent un Chef Meunier. Qu’étaient les résultats des deux réponses arrivés à Zurich ? De toute façon, entends-toi bien avec ceux de St. Didier pour qu’ils te donnent une bonne recommandation, même si pour le peu de temps que tu as travaillé pour eux. Cela signifie quelque chose, je crois. Voudrais-tu que j’en demande un de Roth ?

C’est 5 p.m. et Agnès vient se réveiller je finis rapidement tant qu’elle me laisse et nous irons à la poste aussitôt que je l’habille.

Je t’embrasse avec beaucoup, beaucoup d’amour mon cher garçon
Juli
(ou Judit comme t’aime mieux m’appeler)
et Agnès(crix crax)

5 septembre 1963

Mon chéri, c’est encore matin, je viens seulement de t’expédier la lettre express écrit il y a une heure et je t’écris de nouveau.

Je te dis en parenthèse que hier on m’a enlevé un dent de sagesse, le dernier, rapidement, j’étais plutôt affolée mais c’est bien passé, et avant-hier c’était hamsin me donnant l’impression que je ne peux lever un seul doigt.Je réfléchis ce qu’il nous faut pour le logement. Je ne sais pas si cela vaut la peine de prendre quoi que soit d’ici.Les choses les plus importantes :Y a-t-il des sources de chaleur dans le logement ?

Sur quoi préparerai-je à manger ?Sur quoi dormirons-nous ?

Peut-être je devrais prendre le lit d’Agnès mis en morceau ?Une table et trois chaises on peut acheter, il ne faut pas qu’ils soient neufs.

Une chaise haute pour qu’Agnès arrive jusqu’au table et tout va concernant le mobilier.J’ai oubliée la chapitre armoire. Oui, moi aussi je voudrais beaucoup une table et des petits chaises pour notre fillette. S’il y a de linoléum, il ne faut plus de tapis, n’est-ce pas ? Mais, si tu crois, je pourrais apporter avec moi les deux petits tapis de grand-mère. Ton opinion ?

En ce qui concerne les affaires d’Agnès la plupart ne sont plus utilisables et je ne suis pas préparée pour l’hiver, elle a juste une pantalon chaud blanc, la reste il faudra décider où c’est le mieux d’en acheter. Je vais m’intéresser combien cela coûte ici et écris-moi combien coûte un pull, une robe chaude là bas, etc.

Il ne te manque pas certaines choses ? As-tu acheté là ? Tu dois t’acheter absolument un pantalon d’hiver, peut être dans un grand magasin à Paris ? Où est-ce plus bonne marché près de toi ? Achète-toi de toute façon l’un bon, ne fais pas d’économies dessus, l’extérieur compte quand tu veux te présenter, aller quelque part. Achète-toi aussi, si possible, un petit radio, il se passera encore un mois et demi jusqu’à notre rencontre et il te tiendra compagnie. Et sache qu’en écoutant radio France cela t’aidera à apprendre la langue, à t’y habituer, c’est donc une bonne investissement de toute façon et comme nous ne savons quand nous nous établirons quelque part et en attendant que papa nous achète un grand radio promis, un petit sera fort bienvenu.

Agnès adore la musique, elle aussi. Si tu as besoin d’argent, prend de ce qui reste de grand-mère, sauf ce qu'il faut encore pour mon voyage. Si tu veux que je t’achète quelque chose d’ici écris-moi, c’est possible que certains affaires sont moins chers ici. Par exemple chemise en nylon, j’en sais rien en fait.

Avec quoi chauffe-t-on là ? Bois ? Charbon ? Est-ce qu’on va en pantalon l’hiver ou non ? J’ai beaucoup de choses et aussi un pantalon noir chaud feutré. Dois-je prendre aussi les vêtements d’été ? Je dois prendre les oreillers et draps de toute façon, n’est-ce pas ?

Si je vais avec le bateau il ne vaut pas la peine de envoyer je ne crois pas que cela coûtera moins et si je les prends avec moi ils arriveront en même temps que moi et pas plus tard. Où devrais-je les envoyer maintenant pour qu’ils arrivent dans environ un mois. As-tu besoin que je t’envoie un édredon ? Ou ils t’ont emprunté une couverture ? N’oublie pas qu’en octobre, il sera déjà bien froid là-bas.Je dois n’est-ce pas prendre avec moi les casseroles etLes assiettes, de toute façon on en a peu, je les prends et nous les complèterons là au besoin ?

Brosse, veder, etc. je crois coûtera (combien ?) si on doit les racheter.

Vaut-il la peine de prendre la chaise long ?Les couvertures, Irène me les ai rendu, je les prends ou veux-tu que je te les envoie ? Combien ?Combien coûte une machine à repasser moderne avec vapeur en France ? Ou je prend le vieille à grand-mère ? Que faire du mixer ? Je crois qu’on devra le prendre.

Probablement dans un petit village comme cela il n’y a pas de lavoir pour le linge. Devrions-nous prendre la machine à laver ? (au moins pour les draps) combien coûte une neuve là ? devrais-je vendre celui-ci ?

Devrai-je essayer à louer cette appartement à partir du premier novembre ? Si oui, je devrais faire paraître des annonces bientôt. Pour combien de temps louer ?Que ferons-nous du frigidaire ?Y a-t-il une crèche ou maternelle dans le village ou une ville près ? J’espère qu’après notre arrivé nous allons pouvoir acheter une vieille voiture (nous ou papa) alors il n’y aura pas de problème à emmener et ramener la fillette.

Je voudrais beaucoup utiliser la prochaine année scolaire pour obtenir la diplôme, et si possible travailler. Cela aidera aussi pour l’examen. Il y a sûrement un cours par correspondance là-bas aussi et je ne crois pas qu’il n’y aura pas de possibilité à terminer mes études. Il sera temps. Que crois-tu ? Peut-être tu pourrais obtenir d’un annuaire téléphonique l’adresse de l’Institut par correspondance et leur écrire en demandant un prospectus, même en décrivant la situation et leur demandant conseil ou les possibilités et en spécifiant que je serais prêt au besoin de payer une année en plus ou ce qu’ils demanderont.

Ta tête tourne n’est-ce pas ?

Je t’ai envahis avec une avalanche des questions et choses à faire, à apprendre. Mais tu m’as demandée je te décrire en détail ce que je veux prendre avec moi.Je n’ai pas oublié une seconde la problème d’Agnès et elle sera baptisé avant notre départ comme tu me l’avais demandé.

Assez des choses sérieux, allons à celles, importantes!

Aucun mot écrit même pas milles mots ne peuvent exprimer mon désir de toi. Quelque chose qui croit et croit et devient de plus en plus dominant sur tout le reste. (Ceci ne sonne pas très bien en roumain, pourquoi t’est-tu marié avec une hongroise ? Tu l’as voulu ! )

J’espère que mes lettres diminuent un peu ta solitude, j’ai Agnès près de moi et je ne peux pas me considérer seule et je ne la suis pas. En plus, il y a tous autour et Irène. Mais encore un peu et nous serons ensemble mon cher garçon aimé, n’est-ce pas ? ! ?

Ensemble nous pourrons lutter mieux pour tout ce que nous voulons faire. Même si ensemble quelquefois il paraît que ce n’est pas bien, séparés c’est de cent fois pire. Au moins pour apprendre cela, disons que c’est bien d’être séparés l’un de l’autre. Essayons ainsi à chercher dans tout mauvais quelque chose de bon… Bien ?

Je t’envoie des baisers, baisers, beaucoup beaucoup avec énorme désir
Julie

Début septembre 1953

Lettre de Sandou à Julie


St. Didier (AIN) France le 2 septembre 1963

Ma chérie,

C’est dimanche après-midi. Hier j’ai reçu ta lettre de jeudi - moi aussi je suis dans le même état sentimental que toi et je pourrais envoyer au diable toute la France et tout laisser tomber, pour être ensemble plus rapidement.

Ce matin, je me suis senti comme “avant les règles" et tu as eu de la chance que je sois seul. Je pense avec chaleur à vous deux et je n’hésiterais pas une minute à revenir, s’il n'y avait pas ces foutues illusions que je me fais.

Dès que notre fille se sentira de nouveau bien, va la promener chez tes tantes, cela sera une détente pour toi et pour elle aussi. Je ne sais pas quoi te conseiller d’autre, comme je ne sais pas quoi me conseiller à moi-même. Je ne fais rien d’autre que travailler, je le fais avec conscience et application. Je n’ai pas encore lavé mes affaires, qui traînent partout.

Avec les patrons d’ici, j’ai l’impression que pas grand-chose va en sortir. Pour le moment, ils ne m’ont pas encore établi le contrat, ni les papiers pour le permis de travail, on aurait eu besoin pour cela d’une photo, mais ils ne me l’ont pas demandée. Je me rends compte, que je devrais chercher autre chose, mais je ne sais pas ce qui me retient. C’est maintenant qu’il faudrait que je le fasse, tant que je travaille encore ici, et que l’attente ne me coûte encore que mon temps. S'il faut changer, au moins ne pas perdre trop de temps au même endroit. Le premier septembre est arrivé et s’est envolé, et à part les 300 francs d’acompte que j’ai reçus quand je suis allé voir ton père - rien. J’attendais qu’ils m’appellent hier, pour régler les comptes mais, rien, la semaine prochaine c’est moi qui devrai leur rappeler. Le pire est que je ne suis pas encore assez bien sur mes pieds, pour ‘rassembler mes jouets et ficher le camp d’ici’. J’essaierai.

Chère épouse, enfant adoré !

Il est 10 h du soir et je suis de nouveau dans ma chambre et avec toi. J’ai lu trois fois toutes tes lettres, j’ai pensé à elles et j’ai vu surtout ton impatience. Tu as raison au sujet de la persévérance et du courage, mais je considère que d’abord je dois arranger ma situation ici et seulement après faire des projets pour le futur. Il n’y a rien de changé, mais je crois qu’il faudra qu’on soit d’abord ensemble, nous ferons ensuite nos autres plans futurs. Ces derniers jours ont été pleins de pensées confuses, mais ils commencent à s’illuminer. Dommage que nous ne puissions faire un pas aussi grand que nous voudrions toute suite. Il y a besoin d’un peu de patience aussi.

Aujourd’hui, j’ai été enfin invité à la mairie pour les papiers : le permis de travail et de séjour, mais comme le secrétaire n’était pas là, j’irai demain de nouveau. Quand j’aurai ces papiers, la prolongation de mon séjour en France se réglera aussi, et alors vous pourrez venir, vous aussi.
Ce n’est pas la peine de te faire des soucis pour le chauffage, le mobilier, etc. tout va se résoudre avec le temps. J’espère que jusqu’à ce que vous arriviez, dans la maison où l’on habitera à côté du moulin il y aura de l’eau courante et aussi de l’électricité.

Tu as eu raison de m’écrire en détail, je vais ainsi penser à tout et résoudre les problèmes, l’un après l'autre. En général cela vaut la peine d’acheter les choses là-bas, sauf les produits industriels qui sont moins chers ici.
(...)
Ton mari qui t’aime fort, Sandou



Saint Didier le 3 septembre 63

Ma fillette,

Ce matin j’ai relu pour la troisième fois la lettre que tu m’as écrite. Tu es gentille, ma chère fillette, avec tes pensées et tes envies. On terminera ce divorce forcé, et espérons que quelque chose nous restera de ça, et, quand nous serons de nouveau ensemble, nous nous entendrons mieux qu’avant. À moi aussi, le temps jusqu’à notre rencontre paraît sans fin. Je crois que quel que soit le métier que nous ferons en France, ce sera quand même mieux ensemble que seul et le coût est à peu près le même, dans les deux endroits.

À propos de ce que t’a écrit Deborah , laissons le temps nous montrer ce qu’il y a de mieux, ce que ton père fera - l’un de nous a du mal comprendre le vieux. Je voudrais que ce soit moi et pas sa femme.

Il y a ici un enfant de deux ans qui me sourit de temps en temps et me rappelle notre fillette. Même si ce ne sont que deux mois depuis que je suis parti, je crois qu’elle a encore grandi. Moi aussi je lis quelquefois mal tes lettres et je me fais du mauvais sang et dans la photo que tu as envoyée, tu as des seins qui hantent mon sommeil, j’ai envie de les manger. En attendant, je t’embrasse et je mords ta peau pleine de taches de rousseur.

Je te laisse ma fille aimée, bonne nuit, je n’ai plus envie de me séparer de toi-même en écriture.

Tout l’amour pour ma chère fillette,
votre Sandou

Julie à Sandou
Cher Sandou,

J’étais à la mairie et dans une semaine je reçois la Carte d’Identité et je pourrais demander alors le Passeport, mais c’est possible seulement si tu donnes ton accord devant le Consul Israélien de Paris ou Genève, pour que je puisse porter l’enfant avec moi. Écris que toi, avec carte d’identité et passeport N°, donne le droit à ta femme JC de prendre avec elle à l’étranger, Agnès Katrin C, née à Jérusalem, le 26 octobre 1961. Essaie le résoudre aussi vite que possible et envoie-le moi express recommandé.

Je n’ai pas reçu ta lettre au sujet de la bague, j’étais un peu étonné moi aussi que tu ne m’avais rien écrit de mon anniversaire, probablement c’est perdue. Je ne comprends pas comment juste celle-ci ? De toute façon je reprendrai tes lettres, relirai, peut-être retrouverais. J’ai donné l’examen hier et tombée, je le repasse le 16 la deuxième fois. J’ai fait trop près le retour à l’arrière pour me parquer à la fin, sinon il aura dû me laisser passer. Le chauffeur qui m’apprend à conduire dit lui aussi que ça va assez bien et il était sur que je passerai. Je regret surtout l’argent.

Je ne t’écris davantage aujourd’hui, je sis dans une papeterie et je veux t’expédier ceci d’urgence, puis rentrer et m’occuper de ménage et repas. Je t’écrirai plus ce soir. J’ai reçu une lettre de Stelian et une de ta maman, je te les enverrai, elles ne sont pas avec moi.

Je t’embrasse avec beaucoup d’amour,
Judit



5 septembre 1963

Mon chéri,

Ce n’est pas facile de t’écrire comme je ne sais pas quoi je veux t’écrire. Mon premier impulse après que tu m’as écrit que je peux venir était que je suis allée faisant tout pour qu’on puisse se voir rapidement. Ensuite j’ai reçu une autre lettre, dans laquelle tu écris que bien que tu as eu l’idée à chercher un meilleur lieu (pendant que tu travailles là, cherchant tu n’as rien à perdre, seulement l’argent des lettres et si ce n’est pas possible d’y aller samedi, un jour de travail) mais tu écris que tu n’as pas le courage (pourquoi ?) ni la disposition (quand on cherche quelque chose nouveau dans la vie et il s’agit de toute la famille, je ne crois pas que tu devrais te conduire selon l’humeur du moment, surtout comme tu n’es pas tout à fait satisfait où tu es) et, ajoute-tu, te manque la persévérance. (Si nous n’aurons pas de persévérance, tu restera pour toujours à travailler là, comme tu as resté chez Roth, le premier moulin t’offrant vite vite à te prendre.)

Je crois qu’outre que conduire une correspondance t’as rien à perdre, au contraire, je ne vois pas après que tu termines tes trois mois (ou six) là-bas, à Saint Didier, pourquoi ne pas t’assurer en continuation quelque chose de mieux. En plus la différence de salaire pourrait compenser les heures non travaillées à cause de déplacement ou déménagement. Je ne sais pas comment nous pourrons meubler un logement tout en sachant que nous resterons peu de temps mais je crois qu’on peut résoudre cela. En plus, au moins jusqu’à ce que tu ne saches pas si tu recevrai une prolongation de trois mois, il n’est pas rationnel d’y aller.

Le plus sérieux point est l’enfant. Elle se sent bien extrêmement bien à l’école maternelle et même Irène l’a observé, elle est tout à fait changée depuis les quelques jours qu’elle y va de nouveau, en bien. Elle est plus gaie, rit davantage, parle énormément. Elle se lève entre six et demi et sept et demi, y va de huit à midi et demi, dort presque trois heures l’après-midi et le soir, oui, c’est vrai, se couche après huit ou huit et demi. Probablement à cause du temps, c’est un peu mieux enfin, au moins le soir et à l’aube c’est un peu plus frais. Elle a bon appétit, mange beaucoup même de viande et ce matin c’est réveillé me disant : « je veux œuf » - je lui ai fait, mou, elle a mangé presque tout. Elle est tellement mignonne!

Tout cela étant dites, rational et avec la tête, je veux te dire que je m’envolerai chez toi aussi vite que les papiers me permettront, j’ai tant désir de toi chaque jour que j’ai l’impression à ne plus supporter,

Je t’embrasse, avec désir et amour,
au revoir aussi vite que possible,
Judit
Je crois qu'il il a et il y eu des dizaines de milliers des hommes et des femmes en échangeant des lettres similaires et réfléchissant sur leur futur le coeur lourd de la séparation momentannée, d'où, j'ai l'impression viennent l'importance de ces lettres détaillées. J'ai ajouté ici plusieurs pour donner un peu le goût de l'échange, et non seulement celles que j'avais écrite, moi.

Et aussi à la place de hier, quand je n'ai pas pu en mettre aucune.

Des vacances trop courtes

22 août 1963 Naharia

Mon amour, et voilà la première journée de Naharia est passée. Enfin j’ai réussi à coucher Agnès et je sors furtivement de la chambre pour qu’elle ne se réveille pas, pour venir ici, vis-à-vis d’où nous habitons et la pension où nous mangeons et je t’écris. Je t’écris à Saint Didier puisque je ne sais pas si la lettre arrivera jusqu’à dimanche à Zürich et, d’après ce que j’ai compris de ta dernière lettre, vous vous êtes décidés encore avant la fin du mois d’épreuve que tu restes au moins encore trois mois là, au moins s’ils réussissent à t’obtenir le droit au travail.

Aujourd’hui nous nous sommes levées à 5 Agnès l’a décidé ainsi, j’espère qu’elle dormira plus tard cette nuit puisque nous avons toutes les deux besoin de sommeil. La voiture est venu nous prendre exactement à 7 heures 30 et à 8 nous étions déjà en train et tes lettres expédiées.

Notre petite fille a été très sage surtout puisque je lui ai acheté un nouveau livre et le lui racontais. Elle était intéressée, par le paysage moins. Dans une heure la rapide est arrivé à Haïfa et ensuite encore une heure jusqu’ici avec le personnel. La mer est très belle.

Ensuite nous avons pris le moyen de locomotion d’ici, fiacre avec cheval, comme dans les anciens temps (cent ou cinquante à Bucarest, jusqu’à 1948 à Cluj) et « Madame » avec sa fillette (et aussi d’autres puisque ici il est commune), nous sommes arrivés jusqu’à la pension recommandé. Il coûte 6 lires la chambre, moi et Agnès dans une minuscule pièce, fraîche mais sans aucun confort. Vis-à-vis sont la douche et les toilettes et pour Agnès j’ai apporté le pot. La poussette aussi, nous sommes en sept à huit minutes à la mer.

En face d’où nous dormons, on peut manger avec environ 8 lires par jour, ainsi le tout ne coûte pas trop. Agnès a mangé mieux que n’importe quand, à midi beaucoup de viande, après-midi un entier gâteau genre tort au chocolat, bu du lait, le soir du charcuterie avec des carottes. Et énormément du « mitz escaliot » (jus de pamplemousse), j’ai bu moi aussi aujourd’hui presque deux litres. Nous avons dormi l’après-midi de deux heures et demie à quatre et demi puis nous sommes allées à la plage. Il coûte 0,55 l’entré et c’est la plus belle plage que j’ai jamais vu.

Non seulement la sable fin, la plage étendue, l’eau peu profond au début et défendu des grandes vagues par le digue éloigné, mais en plus il y a un basin de 100 sur 50 mètres avec l’eau salé propre comme le cristal et refroidi à température constant. Pour les enfants, une autre place entourée pour seulement ceux sous 7 ans avec deux piscines différents. C’est très agréable.

À peine j’ai réussi la décider à rentrer par contre. J’ai nagé moi aussi 400 m (entre temps Agnès était avec une autre maman). Revenant, j’ai fait connaissance avec quelques-uns1 habitant ici ensuite j’ai mangé puis je me suis embêtée pendant une heure et demie pour que la fillette s’endorme, bien qu’elle était mort de fatigue.

Bonne nuit mon amour, je vais moi aussi me coucher. Ecris-moi : était-tu malade sur le bateau, comment était le repas, le lit et tu ne m’as rien écrit détaillé non plus d’où tu es.

Encore une fois, bonne nuit, et je t’embrasse fort
Juli

29 août 63 jeudi
Cher Sandou et papa,
Tu nous manques à toutes les deux, nous te désirons énormément. Agnès aussi se souvient de plus en plus souvent disant tes deux noms. Quand je lui demande : où est papa ? Elle répond : au moulin. Que fait-il là ? Elle dit : pain. Elle n’a plus d’amygdalite mais elle est amaigrie et blanche.
Dans une seule journée, la première que je l’ai laissé dehors, elle a déjà récupéré presque tout sa couleur. Je crois qu’enfin au début de la semaine je pourrais passer l’examen de conduit.
Autrement rien. Sauf que je n’arrive plus dormir les nuits de désir de toi. J’ai sommeil et je suis fatiguée je m’endors difficilement. Combien de temps passera encore jusqu’à tu sois près de moi au lit ? Jusqu’à je pourrais te serrer et me blottir contre toi ?
Mes nerf vont aussi un peu pire, surtout que mes dents ne m’ont pas laissé non plus en paix, probablement je serai obligé d’enlever le dernière dent de sagesse. Je ne suis pas enchantée, bien sûr. Encore deux à trois jours et Agnès ira à la maternelle. Alors, je m’occuperai de tout. Hier j’ai déplacé de nouveau tous les meubles j’aime mieux ainsi (pour le moment) et c’est plus facile à nettoyer.
Je t’embrasse avec amour, plusieurs fois, Juli

1er septembre 1963
Mon chéri,
Je ne t’avais pas écrit depuis quelques jours attendant et attendant encore à recevoir quelque chose. Tu m’as gâté trop m’écrivant journellement ensuite, depuis le 19 août à 28, neuf journées, rien. Je me suis déjà imaginé pleines de choses et surtout qu’il a arrivé quelque chose à papa comme je savais que tu y vas. Enfin, bien que tout est en ordre, tant chez lui que chez toi.
Comme j’avais écrit dans ma lettre ne t’arrivant, hélas, qu’après ton retour, je t’avais prévenu à ne pas attendre trop de la visite. Curieux, dans la lettre de Deborah que je viens de recevoir, elle décrit un peu autrement l’attitude de papa. Je te l’envoi à la lire.
Mon amour, j’ai bien compris ce que t’as écrit, puis-je venir déjà aussitôt que j’ai les papiers ? Si oui, j’essaierai les recevoir plus rapidement, depuis deux mois et j’ai rien reçu encore. De toute façon, si tu m’envoie une invitation légalisée par la police de là-bas cela m’aidera. Mais je crois ne pas en avoir besoin.
Tu n’as pas compris pourquoi j’ai interrompu le congé ? Subitement Agnès avait 39,3°, juste pour un jour, le lendemain 38,5 puis sans fièvre. De nouveau ses amygdales, mais j’ai dû les traiter à la maison et maintenant l’école maternelle a recommencé. De 8 à 1230 puis je l’ai ramenée à la maison, elle a mangé puis elle dort aussitôt.
À peine j’ai fermé sa porte et j’ai pris le crayon dans le main pour t’écrire. Ta lettre est arrivée seulement à 12 30 et je l’ai lu pendant qu’elle mangeait sans m’arrêter un second. J’étais déjà de mauvaise humeur et nerveuse, mais maintenant que m’as écrit de nouveau, tout va bien et en ordre, mon amour.Demain je passe l’examen à une heure, nous verrons ce qui sera. J’ai un peu d’émotions, c’est naturelle d’avoir du trac, n’est-ce pas ?
Es-tu sûr d’obtenir le Permis de Travail ? De toute façon sinon là, ailleurs, tu l’auras, n’est-ce pas? J’ai envoyé une longue lettre à Gabrielle, as-tu écrit à Fanny? Sais-tu quelque chose de lui ? Nous allons boire le champagne, au lieu de ton anniversaire et au lieu de celui de Zurich, à notre rencontre, même si on s’enivre, mais seulement une fois qu’on est sûr qu’Agnès dort ou quelqu’un est avec elle. Bien?
Il fait si chaud que j’ai commencé à boire de la bière noire et sucré sans alcool mais plus rafraîchissant que tout autre boisson. Agnès l’aime aussi, crois-moi.
Je viens relire encore une fois tes lettres et j’ai eu subitement une telle envie de toi que tu ne peux même pas l’imaginer. Et ce que je n’aurais pas pu imaginer jamais, tes lignes lus par moi ont provoqué en moi un désir urgent et corporel, si tu serais ici tu ne devrais attendre un seul second.Mon chéri, j’essaierai résoudre tout, inclusif Nazareth , aussi vite que possible, je ne suis pas exactement combien de temps cela durera. J’ai économisé de l’argent, moi aussi, même si pas trop, quand même.
Je t’embrasse avec amour et écris-moi aussi souvent qu’avant et je te répondrai de même et on se sentira tous les deux plus près l’un de l’autre,Je t’aime mon cher mari,
Judit

20 août 1963

Mon amour, je t’écris plein des lettres dans ma tête et maintenant je me suis décidée à la mettre enfin sur papier. Les pensés volent plus vite. Je pense énormément, souvent, à toi, je te donne des baisers, mon cher garçon. Essai de te dire que ça te fait rien, que tu n’a tant de désir, prend et lis un roman pris du grenier. Ou alors essaie de bavarder avec les gens autour ou des environs.

Agnès est très active et travailleuse, s’agite tout le temps, cela ne veut rien dire, moi aussi j’étais comme de vif-argent jusqu’à mes 17 - 18 ans, je me suis assise seulement après. Elle parle énormément, presque tout hébreux, je m’étonne qu’elle a réussi à assimiler ce trésor de vocabulaire de d’expressions, mais elle sait aussi la roumain et au besoin elle la parlera.

Je comprends combien tu peux te sentir seul mon amour, puisque à moi elle me remplie toute la vie et je me languis et tu ne l’as même pas elle à côté de toi. Je crois que pour le début c’est bien d’avoir trouvé même là, jusqu’à tu apprenne mieux la langue, si tu crois qu’on peut résoudre les choses officielles pour une année, il ne vaut pas la peine qu’on reste séparés et une fois résolus toutes les problèmes ici nous devrions aller là, nous aussi.

Ce n’est pas important ce que dit papa. Il a des préjudices. Je croyais qu’il avait changé un peu mais je vois que non, hélas. Seulement pour Agnès le pèlerinage n’est pas très bon, elle se sent très bien ici mais elle est encore petite et je crois qu’après un temps elle se sentira bien partout. Je suis impatient que tu la voies. Encore quelques jours, elle ira à l’école maternelle (le sept) j’attends avec impatience. Si je pouvais j’irai quelquefois à la mer entre-temps.

Sache qu’on ne peut presque pas voir la différence, mes cheveux étaient très foncés même avant. (Je n’ai pas encore de réponse de toi mais j’ai un peu peur de ton réaction.) Mais que diable, je suis majeure dorénavant ! J’étais chez Irène et jusqu’à ce que je ne lui dit pas elle ne s’en ai même rendu compte, tant la différence est petit.

Je t’aime beaucoup, beaucoup et que ne donnerais-je pour que tu sois avec moi et puisse me caresser comme tu l’as dit dans ton dernière lettre. Il est onze heures et demi du soir et chaud, mais mes pieds sont froids et mes seins soupirent auprès toi. Mais nous allons nous rencontrer et je t’embrasserai encore et encore.

Tu vois que c’est bête d’écrire la nuit. N’y fait pas attention.

L’après-midi quand j’ai commencé à t’écrire Agnès est intervenue et a dessiné dessus et finalement j’ai dû l’interrompre.Arrange-toi les affaires sans penser que la plus important est notre rencontre, maintenant le principal est de te trouver un travail te satisfaisant et un lieu que t’aime, même si pas sur le moment, au moins en perspective. J’espère que la visite chez papa ne t’a pas trop déçu (je vois de sa dernière lettre qu’il est encore contre tout comme avant.) Dommage de toute façon qu’il ne peut être objectif et t’aider et conseiller.

As-tu encore quelque chose de Roumanie ? Moi rien depuis le premier juillet. C’est vrai, je n’ai pas écrit qu’un carte postale.J’ai acheté très bonne par cher deux albums et j’y mettrai nos photos. J’ai reçu le négatif envoyé par toi, je n’ai pu rien faire avec, je dois acheter de révélateur, fixateur et avoir envie de m’en occuper. Autrement dit, disposition.Mon cher garçon, que ne ferais-je pouvoir te conseiller, remplacer tout dont tu as maintenant besoin mais je ne le peux hélas pas. Je peux avoir à la fois nombreuses fonctions en même temps, mais pas tous. Peut-être Ila pourrait être de bon conseil, elle est très intelligente, mais seulement si tu réussis à lui parler séparément, l’éloigner des autres. Je crois de toute façon que pour un certain temps au moins, il est décidé ce que tu feras, seulement moi je ne le sais pas encore, je recevrai des lettres de toi seulement en quelques jours.

Je t’embrasse avec amour,Judit

19 août, lundi

Mon chéri, j’ai reçu aujourd’hui deux lettres de toi datées 13 – 14 – 15 mais la poste de l’Ain l’a envoyé seulement le 16 et 17, elles sont arrivés vite. On voit à travers elles combien nous sommes unis de loin et ressemblants. Tous les deux animés par les mêmes sentiments et les mêmes désirs nous tourmentent.

Je dois reconnaître mon avantage en ayant Agnès près de moi.

Je suis extra fière, aujourd’hui je lui ai fait pour la première fois une robe. J’ai travaillé toute la matinée pour la préparer et madame Ansel l’a tiré à sa machine et déjà notre fillette court dehors avec la robe sur elle.Je l’ai réalisé d’un matériel bleu marin avec petites fleurs rouges et blanches selon un « plan » prenant comme exemple une vieille robe qu’elle a reçu de Kati (la petite fille de Zsuzsi) et adapté par moi pour Agnès. C’est ainsi : mais beaucoup plus belle, avec une jupe large et serrée au milieu, elle le porte avec dessous une blouse blanche avec manches bombés. Mignonne comme une bonbonne ! Seulement on lui a coupé un peu trop les cheveux, mais ça grandit vite.

Probablement nous irons après-demain à Naharia, j’ai entendu que c’est très beau là-bas. Puis de là à Haïfa. Ce soir Violette, la sœur d’Irène rentre après plusieurs mois d’absence, elle m’a invité ce soir chez eux. Elle a aimé elle aussi la petite robe.

Que dire d’autre, c’était tout ce que j’ai fait aujourd’hui et hier je t’ai écrit et déjà envoyé. Autour de 25 ou 30 je serai donc à Haïfa, écris-moi là jusqu’au 27 puis de nouveau à la maison. C’est déjà la nôtre, vendredi j’ai payé la dernière tranche et c’est fini. Il faudra la peindre, tel quel je ne pourrais pas la louer. D’autre modifications ne vaut pas la peine d’en apporter. J’espère qu’au plus tard au début octobre nous allons nous rencontrer.

Mon amour, ne sois pas triste et déprimé, encore un peu et encore un peu et nous serons tous dans les bras les uns des autres,
je t’embrasse, envoie des baisers chauds,
Juli



20 août
Cher Sandou,
s’il te plait ne sois pas fâché, depuis hier après-midi je me promène avec la lettre et je n’ai pas réussi à l’envoyer. Je pourrais les mettre au Poste seulement demain matin, à la Gare.
J’ai le billet pour 8 15 à 10 20 je serai à Naharia. Justement, les Silberbouch arrivent de là et m’ont dit que la mer n’est pas agité et intéressant à cause des digues sinon c’est vert et il y a des collines, je ne peut pas demander davantage. D’après ce que j’ai entendu c’est moins cher qu’ailleurs et ils m’ont recommandé un villa avec un petit jardin ombreux et pension complet. On verra ce qui en sortira des belles promesses.

C’était une grande agitation (surtout c’est moi qui me suis agitée) et Agnès l’a sentie : j’ai eu mal à la coucher même à neuves heures du soir. Sache que je ne peux rien y faire mais elle parle presque seulement le hébreux. Je ne veux plus la forcer trop. Bien sûr, je lui parle seulement en roumain. J’étais heureuse aujourd’hui en faisant des achats pour le départ, achetant une chapeau de paille à chacune de nous, de l’huile de plage et une robe pour Agnès et un shampoing spéciale pour moi. C’est une solution qu’on met pour laver les cheveux qui deviennent temporairement (pour deux semaines) noirs. J’ai enfin réalisé mon rêve depuis longtemps voir comment je serais avec des cheveux noirs. Je les ai déjà châtain très foncé et, humides ils paraissent toujours noirs, hélas, après qu’ils sèchent ils redeviennent marron. Maintenant ils sont restés noirs. Pour le moment je suis enchantée, on verra ensuite. De toute façon je me sens comme un enfant jouant à la vacance. Tout à fait libre et faisant un peu n’importe quoi que je veux.

C’est minuit, j’ai nettoyé la cuisine et fondu le frigidaire, fait un bain, lavé les cheveux, bouclé les valises et c’est fini, mais je n’arrive pas à dormir. Demain une voiture nous prendra cela coûte seulement 3,5 lires de plus que le billet de train et le voyage commence. J’ai lavé, repassé tout, tant pour moi que pour Agnès, une fois commencé ce n’est pas aussi difficile que ça et maintenant le voyage.

Je ne prends que deux robes, l’une d’elle sur moi, celle reçu de Mary et deux shorts, j’ai entendu que là, près de mer, tous se promènent en short ou même en costume de bains. Étant aujourd’hui chez Irène, racontant que je veux m’acheter un costume de bains, Mary m’a offert un (il lui reste cinq encore) c’est bleu sur blanc, très beau. Me va bien. Je ne veux conquérir personne mais je me sens mieux sachant que je suis « bien ». Agnès l’aime aussi. Il te plaira à toi aussi.

Bon nuit, mon chéri, écris-moi à Haïfa. Dimanche j’irai à Nazareth, à partir de Tel-Aviv c’est plus compliqué, de Haïfa c’est près.
Je t’embrasse chaleureusement,
Juli

16 août 1963

Cher ami, de Ninfeu, Grèce

Pour ne pas commencer avec questions sur le lieu au-dessus, je te diras son secret. Des montagnes tout autour, couverts ou non des forêts et des champs au nord de Grèce où comme on dit ici Macédonie. C’est à 1400 mètres altitude et autour des cimes jusqu’à 2200 mètres. En somme, montagne.

Qu’est-ce ici ? Une commune avec environ 400 maisons et 100 familles. Toutes les maisons avec de mur de pierre ancien et deux étages, entre eux une avec la famille Liatis[1]. Dans ces lieux de climat froid méditerranée, la vie dans le village est très dure, tous déjà étant ici depuis pas mal de temps et les intrus. Ici en haut, devenu centre touristique sans hôtels, puisqu’il existe un excédent de 300 maisons vides pour le reste de l’année.

Je n’ai ici que deux jours, je me sens bien, le soir t’as besoin d’un pull. J’ai en main tous les papiers m’ayant reconnu comme docteur dans ce pays. Puisque je ne suis pas en état encore de parler proprement et au niveau universitaire la langue grecque, je serai obligé à prendre les 7000 drahmas ici, dans la commune de mon vieux où tous connaissent la langue macédonienne plate, avec 80% des mots venant du vocabulaire roumain. Je pense qu’en hiver sera très dur ici mais j’espère qu’on ne me sortira pas à la pension d’ici.

Que fais-tu, maintenant que t’as entré chez un patron ?

J’ajoute que j’étais très heureux que t’as réussi à te coller si rapidement, au moins, il y a des chances que tu te lies en France, le pays ayant lancé la civilisation de notre siècle.

En ce qui concerne l’aide que je pourrais t’offrir pour la réintégration de ta famille, n’a pas beaucoup de valeur, comme je comprends, puisque je n’habite que pour les papiers et ceux qui pourraient donner des papiers le savent. Je ne crois pas possible.

La description détaillée de ton accident, me donne à penser que je dois corriger un petit détail, le poteau qui a tombé n’était pas si pourri comme tu le dis. Pourquoi ? Puisque ensuite tu décris les dégâts : l’ail, la direction et une roue entière. Je n’ai pas encore commencé à avouer ton aveu. J’y penserai. Je n’ai reçu rien de Shapira[2], je lui n’ai pas écrit non plus. Je te prie, écris-moi encore, peut-être sans vouloir tu entendras quelle est la situation des docteurs là-bas. Je reste à cette adresse Kapnotra Thavala pour le moment. Bubu[3] m’a envoyé une carte postale de Prague, sans mentionner avec quel occasion il visite la capitale Cekoslovaque. J’ai reçu trois lettres de toi jusqu’à maintenant. Celui de milieu n’avait plus d’adresse, je n’ai pas répondu.

Ta dernière lettre est arrivé à Salonique et de là est arrivé à cette adresse, ce qui fait que je te réponds avec retard. Cher Sandou, succès et tout bon, puisque le bon tombe aussi,


bisous,
Puiu



18 août 63

Mon cher garçon et mari adoré,

Il est dimanche après-midi, au moins pour moi, Agnès dort depuis une heure et demi et la maison est silencieuse.

Vendredi je ne t’ai pas écrit, il y avait beaucoup de monde et bruit. Hier soir, quand le silence est enfin tombé il faisait 32 degré et humidité de 75 et ma cheville me faisait mal (un peu) et les dents (davantage) et je n’avais pas envie d’écrire.

Je suis bien de nouveau. Enfin, j’ai eu mes règles de nouveau, les premiers depuis le curetage. Après avoir été chez Mary, nous sommes entrés à ATA de Givataim et je me suis acheté un short et un tee-shirt et pour Agnès un costume de bain (elle est enchantée). Ensuite nous sommes allées nous couper les cheveux. Chez Agnès c’est passé bien sur avec beaucoup des hurlements, mais dans cette chaleur c’est impossible de rester autrement qu’avec cheveux courts. Ça me va bien et je n’aurai plus besoin de coiffeur, ils sont ordonnés ce qu’est le plus important. Je peux les laver souvent à la maison avec shampoing, tous les cinq jours et ils deviennent alors brillants et beaux.

Hier soir, j’ai fait ordre, nettoyage et vaisselle, donc je viens retourner dans un appartement agréable, nous avons fait une douche toutes les deux puis mangé un quart de melon chacune et Agnès s’est endormie. J’ai lu une revue et maintenant je suis avec toi.

Que fais-tu en ce moment ?

As-tu été te baigner de nouveau dans le fleuve ? Où t’as mangé aujourd’hui ? Dimanche prochain papa serait-il encore à l’hôpital ? Jeudi j’ai reçu une lettre de toi en temps record, arrivant en trois jours.

Probablement je me suis acheté le sort pour que tous voient mes jambes de travers et s’enfuient ! seulement maintenant je m’en rends compte. Tu peux donc vraiment dormir tranquillement.

Mes plans n’ont pas réussi exactement comme je l’aurais voulu, je peux aller seulement vers 25 chez tante Boris à Haïfa, je ne sais pas que faire donc cette semaine. Je ne peux même pas aller ni à la mer ni à la piscine pendant quelques jours. Je pense que je pourrais me faire des vraies vacances pour quelques jours en septembre quand Agnès retourne à la maternelle, madame Ansel pourra la prendre et lui donner à manger, la coucher et alors je serais libre quelques jours de 8 à 4. Je ne sais pas que faire, à ce moment-là.

Je voulais aller à Nazareth mais le premier bus part le 8h30 le matin et arrive à 11 trente, tard, et samedi aucun. Peut-être nous irons pour quelques jours vendredi à dimanche par exemple et de là chez tante Boris. Zsuzsi a été malade (grippe) avec beaucoup de fièvre pendant quelques jours et son mari est pari avec les enfants en vacances. Demain elle partira, elle aussi. As-tu reçu les livres ?

Je t’aime beaucoup et je te serre fort, fort, tant que je peux, baisers,
Au revoir mon garçon,
Judith



[1] Lui et la famille de son père
[2] Un autre copain d’enfance du quartier
[3] Un autre copain d’enfance du quartier (deux rues)