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23 septembre 2003

Il n’y aura pas de départ.

Dès le début ce chef ne paraissait pas sérieux. Mais elle a recommencé à travailler (après deux ans) et mon petit fils vient de commencer l’école maternelle.

Le hurricane, transformé en torrent tropical à Washington, n’a pas fait des dégâts chez Agnès, mais ils ont manqué d’électricité plusieurs heures (jours ?).

J’ai terminé la réimpression des 276 pages de « L’autre côté du rideau de fer ». Ouf. Mieux qu’avant, même si ce n’est pas encore tout à fait ça. J’ai introduit quelques nouveaux souvenirs et les lettres de maman.

Je viens de finir lire les journaux de Márai et les 1000 pages de journaux, 1933 – 1945, de Victor Klemperer, allemand protestant, d’origine juif, marié à une chrétienne courageuse. À couper le souffle.

Le mien est plus intime, néanmoins non inintéressant. Je ne crois pas me leurrer dessus, même s’il n’y a aucun écho depuis février de l’association et ils n’ont pas daigné publier les titres de mes volumes.

Écrit sur l’intérieur de la couverture.

Je me sépare toujours difficilement d’un cahier. Que faire? Les pages sont terminés. (Mon français s’améliore.)

Je n’ai pas relu ce cahier, mais je souris beaucoup plus qu’il y a dix mois et, entre autres, la préparation des cahiers (même si je n’ai pas d’écho officiel, j’ai eu des lecteurs APA), m’a fait du bien. Et j’ai reçu cet été une merveilleuse lettre d’une ville proche de Grenoble, d’un homme ayant lu «les éveils».

J’ai lu récemment pas mal de Mémoires, les uns plus intéressants que les autres. Ils sont bien, mais les bons journaux sont comme des romans policiers, plus vrais, plus immédiats et nous avons le trac avec l’auteur ne sachant pas ce qui arrivera. En réalité, les uns comme les autres peuvent être bien et chacun d’eux nous conduit dans un autre monde qu’on découvre avec émerveillement. Quelquefois, une petite phrase, un détail, nous fait découvrir la culture, la mentalité, les préjugés d’antan; les horreurs ou les joies de l’auteur qu’il nous permet de vivre avec lui.

Merci !

2008: que c'est curieux de lire ces lignes juste le jour avant mon départ, et quand la famille est déjà arrivée là, aujourd'hui les petits commence le Summer School! Il fallait attendre que les choses murissent: cinq ans et au lieu de NY c'est Londres, mais le rêve (mien, le sien, le leurs?) s'est réalisé finalement.

13 septembre 2003

Très bonne discussion hier avec Lionel. J’ai compris qu’on ne partira pas cette année.


Il va à New York et Kansas City la semaine prochaine, à Genève la semaine suivant, à Londres le début octobre (alors il saura oui ou non du départ) et s’il y a de place pour lui, assister à un séminaire avec Norman la première journée au milieu d’octobre.

"Mon chef aime le fait que je n’hésite pas à dire quand quelque chose ne me plaît pas, dit-il. Ensuite, cinq autres disent aussi «ça ne nous plaît pas à nous, non plus» - mais avant aucun n’osait l’exprimer. J’ai aussi compris que l’essentiel est de convaincre, non ce dont quoi l’on convainc, en cela on lui fait entière confiance (presque). Mais ensuite, les divers groupes, partout dans le monde, doivent appliquer – si on veut une 'look unie' de la société." il m'a raconté, en gros.

Il a commencé à prendre en sérieux son début d’embonpoint. Je le dois aussi, même si chez moi ce n’est plus un début. Sports, bouger! Demander de l’aide. Aller aux docteurs. M’occuper plus de mes petits enfants.

C’est samedi matin, il fait beau. Huit fleurs différentes dans mon jardin.

Le mari d’Isabelle avait raison bien sûr : une fois coupé, les plantes tentent de se rattraper et se développer dans d’autres directions. J’ai coupé selon ses conseils, mais la peur au ventre, mon beau rosier jaune à environ un mètre de sol et depuis pleins de nouvelles branches ont poussé et de nouveau c’est plein de bourgeons.

L’ancien dahlia couleur feu a enfin fleuri et la rose claire aussi un peu plus loin. Une rose, rose claire, près de la bordure et toujours des bignones. Trois touffes de gueule de loup des couleurs différentes. Les petites fleurs bleues et d’autres, différents, blanches. Même la plante vivant sur d’autres a ouvert des entonnoirs blancs. Et celles, rouges et blanches ou bi-couleur, poussés sur le bord de béton à l’entrée, curieuses, s’ouvrant à l’ombre matin et soir et se fermant devant la pleine lumière. Quelques bignones, orange, arrivent jusqu’à ma fenêtre (et obscurcissent le ciel). Cette nuit pourtant la lune, presque pleine, est entrée par la fenêtre ouverte, est venu en visite sur mon lit et m’a réveillée.

PS 2008: et moi, en quelle direction vais-je me développer?

11 septembre 2003

Il y a deux ans, l’horreur à New York et beaucoup de courage, abnégation aussi. J’étais en Roumanie souffrant encore d’affres de débuts de séparation, David faisait ses premiers pas.

Quelle distance parcourue depuis !

Une chance (est-ce?) aussi que nous irons tous à New York: Lionel avec sa famille et moi ensuite. Pour lui, il parait évident autant qu’à moi. «Tu ne vas pas rester seule en France si tes deux enfants seront l’autre Atlantique.»

J’espère qu'il n’a pas abîmé sa chance (j’espère) d’y aller. Nous le sauront probablement à la fin du mois. () On me disait, même Stéphanie et Lionel, que François était bon «seulement malade». Seulement malade? Est-ce la maladie (nerveux ou autre) permet d’excuse, n’importe quoi? Maman était bonne jusqu’à la fin, souffrait avec ceux qui souffraient, se réjouissait de leur joie, ma joie. Malade nerveuse, depuis un temps ou seulement souffrant de douleur et obsession (même si l’infidélité et l’abandon psychologique étaient vrais). Elle était bonne jusqu’à moelle épinière. Très peu égoïste, sans jamais se réjouir de mal de l’autre. Sans se regarder seulement son propre nombril.

Journaux de Márai et de Klemperer

27 août 2003

À la là ! Il n’y a plus que trois pages dans ce journal.

Pas seulement que mon fils m’a emmené à temps à la gare, mais il a eu même l’attention de mieux fermé la dernière minute mon sac au dos. Que dieu lui donne une longue vie, heureuse. Ou le sort. Les gens.

Les écrits de Márai m’ont bouleversé.

Je suis sur le train vers Toulouse. Depuis que j’ai décidé de divorcer, il y a deux ans, je n’ai pas été chez Stéphanie.

Pourquoi sont-ils assis presque tous dos vers la direction et presque les uns à côté des autres ? Encore sept minutes, le train partira.

Márai voulait emporter avec lui dans l’émigration quelque chose de Hongrie : pendant une année entière il lisait les œuvres des écrivains hongrois « de deuxième rang », a pris en lui le prose et les vers bien écrits, savoureux. Il savait que dehors et loin il pourrait ainsi mieux continuer écrire en hongrois. Bien sûr, il était déjà presque 50 alors, moi je n’avais que 15 ans quand je me suis arraché de la Transylvanie, de l’environnement de langue hongrois. Je n’écris hongrois que rarement (comme ici) et seulement quand je pense en hongrois maintenant c’est sous l’influence des livres de Marai. Mais déjà, le mot «sous influence » j’ai du chercher tout à l’heure. Mes réflexions et phrases arrivent déjà plus facilement en français. Pourtant, là je ne suis pas tout à fait chez moi, non plus. Hélas.

29 août, vendredi

Ce matin, Stéphanie tremble, à peine peut-elle marcher. Je la regarde. Petite, toute blanche, encore maigrie, un rien la détruit.
Non, pas rien! Un gâteau trop sucré et une fatigue d’avoir dû rester debout plusieurs heures hier après-midi dans la poussière et éclats de bois. C’était trop.

25 août 2003

En lisant (re) mes journaux pour les corriger avec mon français d’aujourd’hui (je suis arrivée à mes 23 ans), en regardant aussi l’original hongrois, j’ai eu une joie inattendue, oublié depuis longtemps : ils sont bons, intéressants. Ils reflètent bien ces temps-là dans mon développement, mais aussi des circonstances dans lesquelles j’ai vécu.

Oui, il n’y avait de liberté de parole (en public) ou d’écriture et souvent je n’y ai mis que de demi mots. De toute de façon, les problèmes d’approvisionnements alimentaires ne m’intéressaient pas assez pour que je m’y attarde, même quand ils empoisonnaient certains jours.

J’ai bien écrit des tramways bondés, de la haine, des gens retenus en prison sans aucune faute, de la perte de la foi (après une longue agonie). Sinon, tout à fait humainement, chacun s’intéressait pour sa personne et sa propre vie. Comme toujours, partout.

On s’habitue à faire la queue et donner de bakchich pour un meilleur morceau de viande quand enfin notre tour arrive. Avoir peur de la police et tout édifice officiel. Voir les débrouillards passer devant vous, obtenir ce que vous rêviez. Ne plus croire à rien dans les journaux. La bouche à l’oreille.

Se préoccuper de sa survie.

Pour moi, les examens. Un garçon. Les premiers baisers passionnés. Simon m’enflammait, c’était la combustion, étincelle instantanée et je jouissais sans me rendre encore compte. Je me croyais froide, ha ha ! Avec lui, je fondais, m’enflammais, brûlais. Même si j’avais refusé à lui 'céder'.

Avec Sandou, plus tard, c’était comme entrer, lentement, progressivement, dans un lac tiède, familier. D’abord, de toutes petites vagues et sans se rendre compte on allait plus loin, sans se rendre compte les vagues s’agrandissaient et devenaient plus chaudes. Ce n’était jamais, presque jamais, la combustion, flamme instantanée. Peut-être à cause de cela justement, il n’y eut non plus ni regrets ni dégoûts.

J’avais confiance totale en lui.

Je me suis laissé berner, les yeux fermés. Mais probablement, souvent, il était même sincère. Et il ne me trompait pas sous mes propres yeux comme Simon à la fin. Encore longtemps, au moins.

En corrigeant, à ma façon, j’introduis probablement des nouvelles erreurs, fautes grammaticales qui feront grincer les oreilles ou yeux des français. Mais il deviendra plus authentique et j’ai dans ces textes une mine pas encore tout à fait épuisée.

Par exemple, fin juillet 1957 j’écrivais: ils ont confiance en moi (père, Simon) et j’espère qu’ils ne seront pas déçus, je ne tiens pas ce que je ne promets pas.

Par la suite, je ne me donne pas à Simon (qui l’espérait encore) et je franchis le pas avec Sandou (que mon père espérait éviter). Ils ont cru, mais je ne l’avais pas promis…

19 août 2003

Avec une température plus normale, j’ai recommencé à travailler.

Non, on ne peut pas faire de mémoires à la place des journaux – au moins pas les premiers. On peut ajouter des récits, ce qui manque, du contexte, mais ce que je croyais alors, aveuglée, on ne peut pas mieux l’exprimer !

16 août 2003

De 39° tombé à 24° d’un coup, comme si c’était froid. J’ai survécu en végétant. Maintenant : action!

  • Maigrir.
  • Nettoyer, faire d’ordre à la maison (c’est facile, Julie !)
  • Travailler de nouveau et aussi réfléchir.
  • Appeler Slava, demander quand c’est mieux pour lui.

En plus, ne pas penser en quelle langue j’écris, m’exprimer comme me vient la plus facilement, sur le moment. (Cette entrée est commencée en hongrois, jusqu’ici.)

Il paraît que depuis 50 ans l’été n’a pas été aussi chaud. Enfin, momentanément au moins, la température est tombé de 15 degrés cette nuit. Non. C’était d’abord 4 ou 5 un jour, puis le suivant et le suivant. 3 fois 5° = 15.

Que la chaleur revienne… un peu ?

Que la fraîcheur dure ?

Nous ne sommes jamais vraiment contents de ce que nous avons – ou alors pas assez longtemps.

S’occuper aussi des photos et réclamer celles manquants. Agrandir ou imprimer les meilleures. Toutes les photos ne sont pas bonnes, c’est normal, mais j’en ai fait certains fantastiques cette fois. En arrangement, mise en scène, profondeur, thème, couleurs, expressions.

Des dernières. La photo d’Alexandre, compagne de Bernadette. Celle de la tête des deux filles, blond et brun, penchés vers l’eau. Les arbres s’éloignant sur la route. L’auberge ‘à la Maurice’. Mais surtout la jeune fille et jeune garçon discutant sur la rue en se tenant loin.

***

Budapest, Hongrie. Ils rendent hommage à leur révolutionnaires et aussi aux victimes massacrés, d’accord. Mais d’abord, on les a tués. Le culte des révoltés reste, non, revient. S’imprègne de nouveau dans la jeunesse.

***

Quelle est mon ' ombre'? Mon côté soleil? Les deux Julie et Judith? Ou J. et Eve? Juliette? Il y a plus d’une personnalité, plusieurs facettes dans chacun de nous.

Je sais travailler très sérieusement – mais aussi me prélasser. Me concentrer, mais aussi regarder autour. Chaude, mais aussi implacable (quand on me marche trop sur les pieds.)

Je ne crois d’ailleurs que l’Ombre est mauvais, négatif : on a besoin des deux. La Lumière et puis aux coups durs de la Force. Réfléchir ce que déclenche la sortie de l’un et de l’autre. Non pas qui mais quoi.

D’abord, relire et réviser mes journaux. Puis autobiographie (ou mémoires) et notes de voyage.

Ceux de Slava ressemblent à celui écrit par moi lors ma première visite à Budapest, bons juste pour moi et me rappeler par où j’ai passé.

L’important n’était pas là !

L’important était dans les longues promenades en ville, une fois jusqu’à trois heures de l’aube, avec Agnès Déri et le café avec le pianiste jouant en sourdine et la cathédrale où je me suis engenouillée sous la musique de l’orgue et la lumière des vitraux, avec dévotion, émue. L’amitié. L’entant. Et le cabaret où l’on osait blaguer sur ce qui se passait.

C’est de nouveau une énumération. Le défi consistera de bien décrire ces quelques instants, les faire revivre sur papier avec leur atmosphère sublime, inoubliable.

Lionel, Annelise et les gosses sont en Roumanie pour dix jours. Ils survivront à la rencontre avec de la famille, puis se baigneront dans la chaleur d’Alina et les siens.

Photographier le même sujet trente fois, peut donner de nouvelles perspectives, idées. Davantage, regarder vraiment autour de soi. Les photos disent ensuite même ce que sur le moment on ne voyait pas. Par exemple la distance à laquelle ils se tenaient pendant qu’ils parlaient. Les expressions. Le plus qui s’y glisse.

Il faudra mettre le scanner acheté il y a deux ans en marche et faire le premier livre photographies et textes parlant de ma vie «après». APA ou non, je trouverai ensuite des lecteurs.

Commencer. Puis on peut toujours réviser. Heureusement. Aujourd’hui. Grâce aux PAO et aux années qui me restent encore.

Pas 24, ce matin il était 18° dehors : 20° de moins qu’il y a seulement deux à trois jours.

6 août 2003

C’est bon à la maison, même s’il fait 39° à l’ombre à sept heures de soir (mais 33 dans la pièce derrière les volets) et à l’aube frais, 27° avec les fenêtres ouvertes.

Je fais ce que je veux et mange aux heures désirées et personne n’est là pour me condamner.

Travail pour d’autres signifie coudre, laver par terre ou réparer le frigo, travail pour moi est d’écrire, corriger. Aussi photographier, observer. Détente n’est pas la télévision, mais la lecture. Chacun avec sa vie. Enfin, moi avec la mienne.

Même si madame Filipetto me dit d’un ton de reproche «Vous n’avez pas fermé un de vos volets». C’est vrai. «Et je ne savais pas que vous êtes revenue, avant que madame T. me le dit.» Il y a plusieurs qui voient ce se passe donc (à l’extérieur de la maison.) Et «je suis venu voir si c’était vrai». Bien. Quant aux volets, je devrais avoir aussi partout, sinon ils ne sont que symboliques (ou comme signaux à mes voisins.)

Et oui, je ne voulais pas qu’on puisse savoir facilement que je ne suis pas à la maison. D’où un volet ouvert devant les marches menant vers la cave. Et les ordures que mme. Filipetto me les a sorties, et le courrier que mon fils était sensé de ne pas laisser déborder de la boîte à lettres (au moins, prendre les livres arrivés.) Sinon, je me refuse le sentiment d’insécurité depuis ce nuit de panique à cause des pas entendus de l’année dernière.

3 août 2003

Je relis le début de ce journal: que de chemin parcouru depuis! Que des aventures. Comme si je n’étais plus la même qu’à la fin de l’année dernière: je me suis plongée dans la vie. Et que des photos – souvenirs depuis!

2 août 2003

Un nouveau beau matin, six heures et demie à la compagne. Sous la tente, Annelise et Alexi dorment, dans la maison, tous les autres.

J’ai réussi à me préparer un expresso, mangé des Tucs salés et une bonne poire. Relue et corrigé mon texte sur la Culpabilité. Comme Annelise a mis mon sac et le papier s’y trouvant (et aussi l’ordinateur portable) dans la pièce bureau où dorment maintenant Bernadette et Alexandre, je n’ai pas sur quoi écrire le troisième volet des 'frères' qui sera finalement sur mes 'camarades biens pensants.'

C’est l’avantage d’un contraint extérieur, il stimule et donne des nouvelles idées. Je crois que je serai capable décrire ma vie entière avec le motif 'frère, fraternité' vu en large, bien que ou parce que je n’ai pas eu de vrais, de sang. Peut-être, je les aie toujours cherchée.

1 août 2003

Ce qui me fatigue davantage est quand on me dit ce que je n’aurais pas dû faire ou dire. Et il faut passer encore cinq jours entourée. À ne pas parler de ce qu’on ne me dit même pas des «j’aurais dû».

Près du Lyon

31 juillet
La nature. Manger dehors. Une minute, une chaleur étouffant, et peu après, regarder de l’abri de maison mais la porte ouverte les grêles sauter dans l’herbe fraîchement coupée.
«Et mon fils à la colonie?» était le premier souci de sa maman toute suite après «les grains de raisin grandis seront abîmés, éclatés.»
Quelques minutes, le soleil revient, puis une averse encore plus forte.
«Pour nous, c’est bien. Cette année, il n’a pas plu ici plus de six fois et l’on n’avait même plus le droit d’arroser. Sauf les plantes qu’on vend.»
Une piscine, Gabrielle nageant presque seule, de plus en plus courageuse. Un dîner avec des formidables courgettes: le vrai goût naturel! Mais que de travail et connaissance pour ce goût 'naturelle'! Tant en choisissant le grain, le cultivant, soignant (lui), qu’en cuisinant au vapeur (elle, la sœur de ma bru.)
Et le goût exquis et fort différent des deux tomates que son mari m’a cueilli spécialement le dernier minutes! Un vert, un jaune. Un allongé, l’autre arrondi. Je ne savais pas qu’il y avait autant de variétés des tomates, et oui, et tant de savoir qu’il puisse avoir pour cultiver légumes et plantes!
Un barbecue avec fin herbes (vraiment fin et délicats) cueillis fraîchement. Quelle journée!
Voyage, oui, de huit heure le matin à deux heure d’après-midi, mais avec pas mal des haltes et sans embouteillage. Fatigue. Les enfants bons, mignons. Annelise conduit sûre d’elle, bien. Moi aussi (après les 15 minutes nécessaires pour la prise en main de leur voiture). Courses au grand magasin.
Mais rien tel qu’une bonne tomate sans sauce ou une courgette au vapeur.
Aujourd’hui, nous allons à Ambrieux. Je pourrais au moins me l’imaginer. Et peut-être, en revenant, nous passons par Saint Didier sur Chalaronne qui m’a accueilli en France en 1963. Oui, déjà quarante ans!
Je suis allée voir le potager caché du jardin par des petits sapins, tapis juste derrière eux. Il ne paye pas de mine, mais sans être «tape l’œil», quelles richesses cachent-il! Même des poivrons. Le reste, il faudrait me les expliquer.
Un coq chant au loin, la maison dort. Quelle heure peut-il être? Très tôt, probablement.
Au loin, la colline inondée de soleil me sourit. C’est bien à la campagne!
Et mes souvenirs étaient exacts, c’est un jeune homme très intéressant et plein de profondes connaissances. Et sa femme, nettoie par terre, s’il le faut vingt fois par jour: tout resplendit, mais sans nous dire (au moins à nous) «faites attention».
Un saule pleureur au coin gauche, un bouquet de géraniums roses que le soleil éclaire plus le petit nuage assombrit un instant. Il y a une paire d’oiseaux au-dessus de ma tête. Des voitures ou tracteur passent au loin. Je me sens bien.
***
Nous avons été aujourd’hui à Ambrieu.
Bien sûr, le bibliothécaire était déjà parti en vacances et tout été fermé, déjà fin juillet, une journée d’avance. La promenade était belle quand même. Je croyais Ambrieu un village (et père Vanet paysan), non, c’est une petite ville entourée des collines (et lui propriétaire d’un restaurant, retraité).
À douze heures pile, tout était fermé. J’ai réussi à acheter de pellicules mais pas de cahier, ni du papier. Au retour, Bernadette (mère d’Annelise) et Alexandre étaient déjà arrivés. Ai-je froissé avec quelque chose ceux d’ici ou sont-ils seulement préoccupés? On verra.
Je dois bouger, m’exercer plus, un peu de monté et descente à pied m’a trop fatiguée.

17 juillet 2003

Hier nous avons mangé ensemble, Ion m’a raconté sur son travail comme conseillant et encourageant les autres. Meilleur développeur que la plupart! Avec sourire: "je dis à chaque fois que je ne suis pas développeur" (il est ergonome, s’occupant d’améliorer l’interface avec l’utilisateur). À cause d’une compréhension profonde des principes de HTML, XTML, STML, Javascript mélangés pour faire un seul «cascading sheets» (arborescence) etc. il sait et aime les créer. Il a en plus un énorme atouts, qu’il aille à New York (Time Square!) ou qu’il reste près de Paris. S’il va (20% me dit-il) c’est pour minimum cinq ans, lui avait dit son chef de là-bas. Mais il veut revenir en France et ne pas aller que dans ses conditions.

Nous verrons ce que l’avenir dira. Sort feraQui sera, sera. Il joue, lui, cool: je l’ai admiré.

Agnès m’a appelé aussi hier, ils viennent de rentrer après des vacances de dix jours d'Outers Banks of North Carolina. Que de souvenirs j’ai de là! Puis, son mari l’a interrompu: il a besoin de ligne de téléphone, il m’a permis de t’appeler avant qu’il recommence à travailler. Il n’a pas eu patience d’attendre encore quelques minutes. C’est ainsi Julie, et pas autrement.

Je suis heureuse qu’ils ont eu tous des bonnes vacances.

J’espère qu’il sera la même pour Lionel et sa famille en Roumanie. Il y vont pour une noce familial, puis à Predeal avec Alina.

Non, je ne trouve pas que Daniella a brisé notre mariage (il pourrissait déjà), c’est lui qui a brisé sa vie et ses fiançailles. Qu’elle a voulu sortir de la Roumanie, avec lui ou non, il représentait la tentation davantage que sa jeunesse pour lui. D’après ses lettres, elle était plus éprise que lui (mais je n’ai pas lu les siens.) x

Même si c’était à cause d’elle que Sandou a repoussé mes avances avant son départ de lac de Guarda et provoqué la fureur qui peu de semaines plus tard a alimenté ma décision de rompre définitivement notre mariage. La jeune femme était seulement le prétexte que j’attendais depuis longtemps, elle me permit de m’en sortir d’un mariage pourri et des mains d’un homme dont j’avais peur. Et lui, ce n’est pas de peur de la famille, comme je croyais à l’époque, mais pour la protéger, elle, qu’il a accepté notre divorce discret 'à l’amiable ou à torts'. Il a dû l’aimer plus que je me le disais avant.

Il aurait voulu quand même tout. Épouse, famille, mais l’amante aussi. On ne peut pas tout avoir (pour longtemps) dans la vie, ni d’aimer bien deux, ni être aimé par deux durablement. Il est resté sous deux chaises, sans l’une ni l’autre.

Thème pour écrire dans le futur: d'un livre lu récemment. Quel est mon credo?

L’important n’est pas seulement que du bon sort quelque chose de pourri ou l’inverse et que la roue tourne. Non, finalement en ce que j’ai cru est que bien qu’il tourne au vinaigre (à chaque fois), cela vaut d’aimer. Avec passion. Y croire à chaque fois et s’y mettre de tout son cœur, corps, âme.

On se rend vulnérable, on va souffrir aussi, déçu à chaque fois, d’accord, à la fin ou même longtemps avant, mais que des joies!

Joies des sens, oui. Joie de cœur. Joie de l’âme. Enchantement. Plus on y met, plus on donne, plus on imagine, espère, croit, vit dedans, plus il nous apporte de richesse intérieur.

À cause de Moïse, j’ai rencontré Alina. À cause d’Abe, je suis parti aux Etats-Unis. Nicolas m’a rendu confiance. Pierre? À cause de lui je crois qu’il y a aussi des hommes bien dans cette vie. Simon m’a fait découvrir, s’ouvrir à mes sens, m’épanouir. Sandou m’a appris à aimer le sexe et m’a donné deux magnifiques enfants. Et certains moments me comblant. Paul, le plaisir de dormir ensemble tout près et les promenades main en main dans la forêt.

F. trop près encore pour y songer, mais nous avons eu des joies ensemble, sinon je ne l’aurais pas supporté si longtemps. Je suis devenue plus femme et moins amère que j’étais après Paul. Peut-être, rencontrerai-je encore un Pierre, sinon, vivre vaut la peine. Plus que végéter de peur de se brûler.

Voilà mon thème.

Comment l’exprimer pour mon journal ou mes récits ?

Y réfléchir.

La petite fille échappée

16 juillet 2003

En juin 1944, les ressemblent, et emportent des juifs hongrois, vus par les yeux de Sándor Márai. Une des entrées de son journal :

Un enfant avec étoile jaune, dont les parents et grands-parents ont été emportés de force aux camps de déportation (peu connaissaient alors le nom : Auschwitz) – l’enfant a réussi à s’échapper et vit dans un internat – elle déclame pendant la fête de dimanche un poème. Elle a huit ans. C’est elle qui a choisi les vers.

Elle récite:

Je suis hongroise, je suis née hongroise
Ma nounou m’a chanté en hongrois
Maman m’a appris à prier en hongrois
Et t’aimer toi, ma patrie merveilleuse.

et les quelques gens dans la salle, connaissant le sort d’enfant, assis se figent. Le froid travers les dos des auditeurs. Dans un autre livre, quarante ans plus tard, il parle «d’elle» non plus seulement "enfant".)

C’est vraiment merveilleux. Les journaux peuvent être des témoignages importants; émouvants.

Le froid passe sur mon dos aussi en lisant ce journal 1943 à 1945 de Sàndor Márai. Il avait de 43 à 45 ans et il était très profondément ébranlé par ce qu’il a vu et entendu. Je soupçonne, quoiqu’il ne le dit pas clairement dans ce journal, qu’il n’était pas étranger au fait que cet enfant était là encore et pas déjà parti en fumé.

Ailleurs, il dit "j’espère qu’au moins les enfants auront meilleure condition dans les camps." Hélas. Il soupçonnait le pire sans vouloir y croire.

A-t-on jamais puni ceux qui ont décidé d’anéantir ces centaines millier des juifs hongrois méthodiquement ?

Marai pleure aussi pour Hambourg et Berlin détruites et les habitants ensevelis, tremble pour Paris qui risquait à être aussi détruite mais aussi les vitraux bleus de Chartre et les chefs d’œuvres de Florence.

Quelques heures merveilleuses passées dans un village près de Danube (la même où est mon oncle), aux milieu de la nature tranquille, font comme un contre point pour la lecture de ses journaux. Il avait habité pendant la guerre dans le village où mon oncle est maintenant. Dans son journal il écrit aussi sur ses lectures et ses idées sur l’écriture.

Je ne sais pas ce qu’ils valent ses romans, vers, pièces de théâtre et articles de journaux (il était contemporain avec Rejtö et Kästner), mais ses journaux!

Ce qui manque sur la mienne sont les événements externes décrits et mes opinions sur des lectures (je les fait mais rarement). Mais de l’homme, lui, il ne dit rien ni de sa femme, ses amis, son âme paraît tout préoccupée de l’écriture d’abord, lecture ensuite, puis sa maladie, les bombes qu’on craint, et la tragédie ignoble autour.

Pourquoi tient-il si loin sa femme? Oui. La tragédie : son père est mort ainsi. Et son fils. Il rappelle cela seulement en parlant de long mort de son vieux chien. Il mentionne davantage son chien que sa femme.

Juste quelques lignes inintelligibles sur un être qui se plaignait n’être pas écouté, comprise. «Puis on l’a compris» ajoute ensuite, comme si c’était finalement la pire qui aurait pu se produire.

***

Vingt heure de soir, 34 degrés Celsius à l’ombre ! Chaleur suffocant. Je viens de rentrer, après une après-midi avec mes petits enfants.

J’ai fini le livre de Márai.

Il m’a secoué, il m’a rappelé les massacres.

Trop discret sur sa famille, sa femme, ses amis. Sinon, j’ai quoi apprendre de ce livre. On sent chez lui le chroniqueur. En même temps, cela reste un journal.

***
  1. Il n’a raconté que dizaines d’années plus tard que c’était lui qui l’a sauvé.
  2. Dans ce journal. Dans un autre, trente ans plus tard, j’apprends qu’elle était juive, donc en danger.
  3. Il y avait aussi l’histoire d’un grand poète hongrois qui rendait visite trop souvent dans leur maison. Allusion ?

8 juillet 2003

« Tout construire,

voir tout s’effondrer,

tout recommencer. »

En gros, c’est ma vie. Beaucoup des vies sont ainsi, pas seulement la mienne. On construit, on y travaille, transpire, donne son temps, foi et énergie. Puis d’un moment à l’autre (ou rapidement) tout s’effondre.

D’abord hébété, n’y croyant presque pas, puis révolté, puis en deuil, on doit continuer sa vie malgré tout. On s’accroche au moindre brin d’herbe, on fait de bon ou mauvais choix, on recommence à reconstruire sa vie. Différente. Rien ne serait plus comme avant – ou presque rien.

Le noyau reste, les bonnes amies, les vraies, aussi. Ce qu’on a appris, les souvenirs. Mais même les souvenirs changent, teintés par ce qui nous est arrivé.

En réalité, tout bon roman décrit une lutte semblable, essaie de donner une expérience dont on peut s’inspirer, puiser de courage.

L’expérience commence tôt, en tombant pendant nos premiers pas. Puis, construisant un château que le plus petit détruit d’une main avec délectation.

Pour moi, c’était d’abord l’après-guerre.

Pour mes parents, déjà avant. Une ou deux fois.

Ensuite, mon départ de ma ville natale. J’ai du y laisser toutes mes amies que j’avais réussi à faire après la guerre, y compris ma langue maternelle.

Puis le coup de ne pas être permis m’inscrire à l’Université. Pour mon père, son « disparition » de sept mois déjà. Ensuite, le grand choc après six ans d’études parallèles au travail. Ni diplôme, ni travail.

Plus tard, de tout laisser et partir dehors, en inconnu. C’était moins douloureux: j’avais confiance en moi.

Refaire ma vie en France, puisque presque mourir. Refaire à Ham et puis l’effondrement de l’amour, les trahisons répétées de mon mari. Refaire un autre amour et le voir détruit. La traversé du désert. Longue. Et puis l’Amérique et devoir partir de là.

BIP et sa disparition.

« Lui », avoir cru, disparu amèrement.

Et cette maison: combien vais-je encore y vivre ?

J’ai eu une 'illumination' en décrivant Suzanne et Magdie, mes cousines pour l’atelier d’écriture. La première, était ma vraie « leçon de société », me mettant « à ma place », montrant tout ce que je ne suis pas et ne sais pas faire relative à elle. Et Magdie, la première leçon de partage, de fraternité, amitié vraie.

3 juillet 2003

Une fois que c’est hors de ma main, je ne peux pas me fâcher de l’interprétation de mes textes. «J’ai cru moi aussi» c’est un titre qui donne à penser à certains à 'Bon Dieu' même si dans mon cas il s’agissait de la idéologie communiste. Je parle de mes maris, mais peu de mes enfants, pas assez, mais ils ont regardé probablement les photos. Ce n’est pas la peine de m’énerver de façon qu’APA a présenté mes journaux, sans utiliser les titres soigneusement trouvés par moi.

C’est compensé par le e-mail de Maribelle «j’ai pris en main ton premier journal et je n’ai pas pu dormir» (elle a les premiers deux.)

Qu’aurais-je écrit, moi ?

Croyante, déçu en communisme, enfant, jeune fille sage luttant entre raison et sens, épouse et mère, amante, chercheuse, laborantine, chef d’entreprises informatique, animateur d’atelier d’écriture, bénévole, amoureuse, chauffeur, épouse d’un depresso-maniac plus seule. Ce n’est pas mieux, ni ne paraît plus intéressant. Alors…

J’aurais pu envoyer seulement trois volumes. L’un jeunesse « De l’autre côté du rideau de fer », l’autre mûrir « En traversant les rivières turbulentes », et le troisième allant de « L’automne ensoleillé à Il neige à Paris ». Chacun de 300 à 400 pages.

Mais tel que j’ai envoyé en volumes minces, ils sont plus faciles à prendre en main. Je vais les mettre dorénavant ensemble. Ou alors, compléter chacun avec mes récits. Puis essayer d’en faire une autobiographie ou des mémoires.

J’ai du travail devant moi.

D’accord, le premier paraît intéresser davantage. Mais j’ai survécu Hitler, Staline. J’ai survécu aussi ensuite les déceptions dues à l’homme infidèle m’ayant trahi et aussi la Traversé de désert après Pierre. J’ai vécu la formidable Révolution informatique et trouvée Lui, hélas, malade de nerfs. J’ai survécu être mis au piédestal plusieurs fois et ensuite les efforts de me piétiner par terre, jeté dans la cave (au propre et au figuré).

C’est vrai qu’il y a plus des autres femmes bafouées en France que des jeunes filles ayant vécu là. Mais ce n’est pas 'publier à tout prix' qui est important et j’hésite sérieusement lier le nom d’Elena C. au mien. Je préfèrerai que son nom soit passé dans une trappe et non pas utilisé, repris, remémoré.

Cela ne veut pas dire que c’est incomplet et pas assez souligné : les pourquoi des déceptions et le degré des manques de liberté.

Maman m’a appris à être bonne, aimer les livres et subir les conséquences de mes actes, mais c’est mon père qui m’a appris ou de qui j’ai hérité à rester moi à travers orages et survivre, tenir le cap.

Dans autre ordre d’idées: ai-je perdu Slava avant même de l’avoir? On verra.

Je viens de parler avec mon fils. Il a besoin encore aujourd’hui de ma voiture. Je le savais. Oh, que c’était dur de ne pas lui demander "quoi de neuf?" relatif au départ. Il me dira de lui-même, le cas échéant.

Mais moi et la patience, nous n’étions jamais amis.

1 juillet 2003

L’anniversaire du mariage (premier) à Bucarest. C'était en 1959. Que cela parait loin!

Grande joie : Ion vient m’appeler. Ce matin il me disait un peu abattu « mon chef ne m’a pas répondu, il ne veut pas de moi à New York". Ce soir, (chez eux c'est le midi), il l’a appelé pour discuter. Mon fils lui a demandé 10 % de plus (en tout n fois ma pension), «s’est envisageable» lui a-t-on répondu. Il a appelé d'abord sa femme, puis presque tout suite, moi.

Finalement, il est heureux et surtout, il se sent apprécié.

Elle est aussi contente: "tous les signes montrent qu’il faut partir d’ici", me dit-elle. "Nous verrons le reste".

Affaire à suivre. La suite au prochain numéro. (Le départ se réalise, autrement, 5 ans plus tard)

- Et toi alors ? m’a demandé hier Françoise.

- J’y vais, moi aussi, bien sûr. Comment, on verra…

2008: Jour pour jour, je dirai la même chose. "Comment, on verra". Mais pas à NY, à Londres.

30 juin 2003

On a l’impression que tout va bien et puis, d’un coup, rien ne va plus. ma fille ne veut pas de moi cette été en Amérique, mon fils amène ses gosses à s’amuser à GP parade bien que j’ai peur des manifestations. Slava s’est refroidi puisque je l’ai un peu négligé lors Alina était ici et j’avais mal aux chevilles, et je n’ai pas réussi raconter de manière intéressante Laisser une Trace.

Madeleine m’a reproché à parler trop et on a même décidé d’écrire pendant toute l’année qui vient sur la thème Frères, fraternité.


Je n’ai ni frères, ni sœurs! En hongrois il n’y a pas de différence: testvér – en traduction mot à mot signifie corps de sang. J’ai eu une sœur jumelle : ma cousine. J’écrirai d’elle une autre fois. Plus tard, peut être aussi sur la vraie ou fausse notion de la fraternité. Aussi, de mes enfants et petits-enfants, sœurs et frères si différents les uns des autres. J’ai deux mois à m’en préparer, y réfléchir. Finalement, écrire sous contraint, n’est pas si mal.

En réalité, tout sujet est porteur et le vrai problème c'est l’été devant moi et mon enthousiasme d’écrire un peu trop, je me sens dégonflée. J’ai quoi faire, il faudrait seulement avoir l’envie de s’y mettre. Y croire.

«Tout est dans la tête» disait hier au radio un sportif de haut niveau. «Il faut y croire» ajouta-t-il.

Julie, ne perds pas courage !

25 juin 2003

J’aime ce cahier léger et mince au pages blanches veloutés. J’aime mon logement et son petit jardin. Les bignones sont en plein fleurs, ils font ombre aux roses pourtant pas tous fanés encore. J’ai l’impression d’avoir été ici toujours et de rester à jamais – pourtant je sais que ce n’est, probablement, qu’un havre et sérénité passager.

2008 fin juin: n'est-ce pas curieux que le tour de ce texte arrive juste maintenant?