De Sandou le 21 octobre

Ma chère fillette, Saint Didier, 21 octobre 1963

Je ne comprends pas comment cela se fait, qu'aujourd’hui je n’ai rien reçu de toi. Samedi, je suis allé prendre la motocyclette que j’ai achetée. Ne te fâche pas, ne sois pas furieuse, 150F avec le moteur abîmé et un autre de rechange. J’ai travaillé samedi trois heures pour la réparer et aussi dimanche de midi jusqu’au soir, je l’ai mise en pièces détachées et je pourrai aller acheter les pièces abîmées manquantes. Avec cela nous avons passé un bon dimanche chez le mécanicien.
J’attendais de tes nouvelles, rien.

Dis à ta cousine que je lui souhaite un bon mariage. Depuis un certain temps, tu n’as rien écrit à propos de ta tante Irène, ni de tes cousines. Je ne suis pas très bon pour leur écrire, envoie leur mes salutations et aussi souhaits de bonne santé, surtout à ton père. Je ne sais pas si tu trouves des motifs pour être fâchée avec certaines personnes de ta famille, mais maîtrise-TOI, dis-toi que tu seras longtemps loin d’eux. Ne prends pas mal que je te donne des conseils, suis-les.

Je vous embrasse toutes les deux,
votre Sandou

Et partout

Mon amour, 21 oct. 1963

Heureusement que je ne t’as pas envoyée la lettre. Enfin aujourd’hui mes règles sont arrivés et je suis de nouveau moi-même. En bonne disposition et calme et heureuse à la pensé qu’en peu de temps nous serons de nouveau ensemble. En plus, il a commencé à pleuvoir, la première fois cette « automne » ainsi l’air s’est amélioré un peu. Il y a trois jours nous avons eu hamsin, qui rend fou même ceux n’étant pas juste avant… Tranquillise-toi donc, tu me recevras gaie et calme et sache que j’ai bonne mine, au moins ce que le monde prétend. Tu auras difficulté à reconnaître Agnès, elle n’a pas changé du visage mais allongé et d’après comment elle se comporte et parle elle parait de deux ans et demi au moins et non pas deux. Ce matin madame Ansel me raconte qu’elle lui a mis ses pantoufles à l’envers et Agnès lui a attiré l’attention « pas bon ! » Avec les couleurs ca va lentement, elle ne les sait pas encore, j’avais pourtant l’impression qu’elle les reconnaissait déjà.

Je parlerai aujourd’hui au téléphone avec papa, je veux savoir quand il arrive et qu’il s’occupe de certains visas pour moi, etc. il coûte 13 lires pour 3 minutes mais il y a des choses pour lesquels je ne peux pas attendre encore six jours pour une échange des lettres.

La pluie s’est arrêtée. Seulement une demi-heure a rafraîchi, nettoyé tout. Y a-t-il vraiment beaucoup de brouillard dans cette région ?


Je t’embrasse sur les yeux et le front
et partout,
Juli
(le bus arrive)...
allusion à ce qu'ils ont fait un matin juste avant son arrivé

Persistance

Mon chéri, 19 octobre 1963

Hier, pour la 4e fois, je n’ai pas réussi à obtenir mon permis de conduire, cette fois-ci, vraiment, avec aucun motif sérieux, soit disant je « ne regard pas assez souvent le miroir ». Cela ne serait rien sinon je regrette l’argent et surtout les nerf dépensés avant l’examen n’ayant pas diminué malgré les médicaments prises. Je ne me suis pas décidée à essayer une 5e fois, je verrai. Au moins, pour pouvoir me dire que j’ai essayé tout ce que j’ai pu.

J’ai par contre une bonne nouvelle, toujours hier, j’ai reçu le passeport. Deux nouveaux locataires sont venus avec des très bonnes références (à vérifier) et je me suis acheté une paire des chaussures « dorés » avec 12 lires pour aller avec ma robe lamée, vert doré. Sans talons[1]. Et un lànc pour aller avec l’autre robe et un tablier pour Anna et un pyjama bonne marché pour Agnès. Elle parle dorénavant couramment hébreux, tu t’étonnes des mots qu’elle connaît et utilise et à leur place. Je suis sûre qu’elle apprendra rapidement à parler bien et seulement en roumain mais il faudra procéder avec elle avec patience. Elle apprendra aussi vite des autres enfants la langue française. Comment s’appelle ce garçon de là-bas de deux ans ?

Depuis que j’ai le passeport je suis plus tranquille. Outre que Nazareth que je veux visiter avec Agnès, il n’y a rien d’important qui reste à faire que papa ne pourrait résoudre, au pire, ou les autres[2] restant ici. De toute façon, nous serons là, pour le Saint Nicolas mets tes chaussures dans la fenêtre[3] à temps ! Je ne sais rien encore de papa, il était voir le docteur seulement hier. Deborah a écrit une lettre disant que nous prendrons des choses en France toi et moi une fois qu’on y sera (meubles), papa n’écrit toujours rien, même pas une seule ligne. J’achèterai ici tout que j’ai besoin, c’est le même. Nous ferons des économies à partir du moment quand j’arriverai là, a propos je préférerais que tu n’achètes pas de moto jusqu’à ce que j’arrive, mon prof de français prétend qu’on ne peut l’utiliser que 100 jours par an là et à cause de la région c’est périlleux. Agnès ne me laisse plus continuer. Je t’embrasse, Juli

Je t’aime, je te désire, je meurs d’être enfin embrassé par toi, J

[1] Nécessaires comme mon mari avait 1 cm moins que moi.
[2] Leur donner de délégation était une grande erreur, hélas.
[3] Habitude hongrois et roumain pour le 6 décembre.

Journée de "repos"

Mon amour,
je reçois chaque jour une lettre de toi et je n’écris que beaucoup plus rarement. C’est une porcherie. Aujourd’hui c’était mon journée « repos ». A six heure du matin levé, Agnès, puis nettoyage et vaisselle, maternelle, courses et envoyer une lettre pour toi, couturière où j’ai acheté une robe transformé à la maison, un permanent chez le coiffeur, retour à la maison avec Agnès, repas, autour du midi et demi est arrivé Miska Nahari qui avait été invité[1] pour demain, me disant qu’il ne pourrait pas venir demain, je lui ai offert bien sur le déjeuner aujourd’hui, Agnès ne voulait pas et elle est sortie jouer dehors avec les autres enfants puis est revenue en me demandant d’aller à la boutique acheter « cordeon » (A-ccordeon) ce que je n’ai deviné que plus tard. Bavardages avec oncle Miska et à deux heures le chauffeur est venu me chercher, je suis revenue à trois et quart et Agnès a dormi jusqu’à 4 et demi, puis j’ai lavé la vaisselle et j’ai reçu une piqûre de B12 chez Klàri, tu te souviens qu’elle est infirmière, et elle a été appelée par une de ses clients et j’ai pris sa petite fille ici. Maintenant un autre vient d’arriver restant trente minutes, déclarant dès le début qu’elle a deux grands enfants donc le logement est petit pour elle, qu’elle a des meubles donc elle le veut tout à fait vide et que c’est dur, mais que malgré tout elle payera 100 voire 110. Exaspérée, je lui ai dit que je demande 160 mais cela ne vaut pas pour elle, que je lui donne avec un minimum de 140 si elle a de bonnes garanties et paye d’avance ou avec 130 et payement des impôts locaux, elle « 120 et impôts » et enfin, elle est partie. A 20 h est venue une autre femme, ayant enfant et mari, qui veut déménager ici avec un autre homme : elle m’avait donné son père comme garant et je suis allée spécialement à Natanie pour vérifier et il n’était pas d’accord du tout avec sa fille. Eh, c’est comme ça.

Maintenant Zsuzsi est arrivée, elle s’était intéressée, la machine à laver vaut 1000 en état parfait neuf et 500 vieux et 400 si ce n’est pas 100% sûre que c’est bon (je lui avais dit ne pas l’employer souvent puisque le caoutchouc est abîmé.) Les autres ne m’offrent pas plus et je ne crois pas qu’elle vaut la peine d’être vendue.

Puis la lumière c’est fermé dans tout le quartier et jusqu’à maintenant j’ai distrait Agnès et Anna (la petite de Klàri), puis je leur ai donné à manger. Ensuite j’ai lavé les culottes, blouses, etc d’Agnès qui se sont accumulés depuis trois ou quatre jours. Puis à huit sont arrivés les autres intéressés du logement et nous avons discuté (je crois que pour rien) jusqu’à huit heure et demie. Quand enfin je voulais coucher Agnès, d’autres sont arrivés, le dentiste, il prendra peut-être le logement mais avec 125 et il est resté jusque neuf. Maintenant c’est ta fille qui me tue qu’elle veut pipi, caca, gâteau, lait, etc.

C’est jusqu’à maintenant mon journée de "repos". On verra ce qui arrivera.

Je mangerai une banane et j’attends que la fillette s’endorme, elle parle avant s’endormir à elle même. Elle vient de s’arrêter, je lui a donné un tourte au miel et je continuerai t’écrire. Tu comprends, ce n’est pas trop facile…

Je n’avais plus patience de rester à la maison et je suis partie à neuve heures avec le bus, j’ai vu un film sympa me rendant le courage. Bonne nuit, à demain je continuerai.

J’ai pris une demie somnifère, j’ai bien dormi jusqu’à six heures du matin, maintenant j’ai pris un demi tranquillisant, bu, mangé et je vais faire les courses, puis à la maternelle et ensuite je prendrai une heure de français (la dernière) et je me présenterai à dix heures et demie pour l’examen de conduite. Je t’enverrais cette lettre de Tel Aviv,

Je t’embrasse, à demain,
Judit

[1] Quelqu’un de très bien et copain de papa.

13 octobre 1963

Mon amour,

Après l’annonce vendredi dans « Notre Vie » roumain et le « Maariv » hébreux, hier et aujourd’hui les amateurs de logement ont tombé comme le pluie. Curieux, avant-hier et hier sont venus tous les roumaines et aujourd’hui ceux lisant le journal ivrit (hébreux). Entre ces derniers il y a davantage des sérieux, le dernier a offert 170 lires, payer les dix mois d’avance (il ne veut pas le prendre plus plus longtemps). Jusqu’à maintenant c’est le meilleur offre, les autres 150 avec trois mois d’avance. Je n’ai pas pu répondre définitivement à aucun comme j’avais promis au dentiste d’attendre jusqu’à demain soir. Demain soir deux revient l’un à 18, l’autre à 20 h pour avoir la réponse. Je ne sais pas trop que faire, mais je me débrouillerai. J’ai réservé aujourd’hui définitivement les billets pour le premier novembre ce que veut dire le cinq ou six nous serons à Marseille et nous nous verrons enfin après 4 mois et 10 jours de séparation. Vraiment je compte déjà les jours.

J’ai reçu aujourd’hui tes lettres de 4 et 7, à partir de maintenant je te prie envoi-les express, le temps qui nous reste cela ne coûtera trop d’argent en plus et elle arrive en 3 jours au lieu de 6, ce qui paraît dorénavant une grande différence. Par exemple, tu m’écris que tu as reçu ma lettre de 2 octobre et tu veux répondre, je n’ai plus aucune idée de quoi il s’agissait dedans et s’il est encore actuelle. J’ai l’impression qu’une siècle s’est passée depuis. Je vais annoncer aussi la vente de la machine a laver, dans le Maariv de vendredi. Pour le moment personne ne veut donner même pas 700 pour elle.

En 1936, Leon Blum a fait une lois et depuis c’est ainsi en France, que tout le monde, absolument tous les ouvriers et fonctionnaires travaillent 40 heures par semaine. Pourquoi diable travaille-tu 50 ? Je n’aurais pas cru qu’il te mettront à travailler dix heures par jour ! !

Agnès, après tant des vacances est très heureuse retourner à la maternelle, aujourd’hui sur le chemin j’ai rencontré une connaissance et elle lui a crié en passant :
« Ani holehet la gan, salom ! »
Je vais à la maternelle, bonjour!
et elle continua son chemin.

Elle est difficile à coucher, surtout quand les visiteurs tombent quand elle est presque endormie. Enfin, maintenant, à neuf heures de soir, elle dort.

Je vois d’après la lettre que toi aussi en a assez de la solitude. Moi aussi. Mais ils passeront, tel quel, ces jours aussi. J’attends chaque jour recevoir le passeport Israélien et vendredi j’irai voir ce que je peux faire pour l’accélérer. Je t’envoi des baisers mon chéri, bonne nuit,

Judit

Tu me manques énormément!

11 et 12 (envoyé le 13)

Mon chéri, je suis maintenant seule avec toi. Il est vendredi soir 9 h 30, Agnès dort, la maison est silencieuse. Les journées me paraissent de plus en plus longues comme si elles ne voulaient plus passer du tout, le temps d’arriver enfin être ensemble.

L’impatience a grandi et moi je suis de plus en plus nerveuse. Surtout que papa est venu avec cette idée d’avion ce qu’en plus de prix triple, les poids des coffres, changement d’avion à Paris, m’ont provoqué des jours énervés. Finalement même le frère de papa dit qu’il reste tel décidé avant et me conseil de partir avec le bateau aussi vite que j’arrive à arranger les affaires, avant le 1 novembre. J’ai fait un compromis, si papa veut contribuer au voyage je prendrai une place un peu meilleure mais bien sûr classe touriste quand même. Le problème d’examen m’a énervé aussi et la solitude, et tous ces fêtes m’empêchant faire une chose ou autre et m’obligeant de rester avec Agnès toute la journée (depuis dix jours avant les fêtes de nouveau des vacances). Je peux la confier de temps en temps ici ou là mais pas pour longtemps. Mais après-demain tout rentrera de nouveau en état normal. Le docteur de l’assurance maladie dit que je serais trop maigre et même aurais des problèmes au cœur, mais la réalité est que je suis nerveuse et j’en ai tout à fait assez de cet état des choses. Je n’ai plus de patience pour que les jours passent et ce qui me manque le moins et l’arrivé de papa maintenant par dessus tout, il est resté en Europe une demie année et il aurait pu rester encore une mois. Tant pis, c’est son affaire, si c’est assez pour lui à ne pas me voir que dix jours.

Je lui ai écrit que je veux qu’il nous achète certains des choses promises[1] et j’espère qu’il a bien compris de ma lettre que seulement ensemble avec toi ou qu’il te donne de l’argent et que tu les achète. Il ne m’a pas répondu encore, n’a pas eu ni le temps.

J’étais très fâchée qu’il peut donner 200 dollars en plus et n’utiliser que l’avion pour leurs déplacements (et me disant en pus dans sa lettre : qui t’a mis en tête d’aller en bateau ?) pendant que moi je me casse la tête et me demande est-ce transformer une robe avec 35 l ou acheter plutôt deux chaussures pour Agnès ? Cela me passera aussi. Comprends-moi bien, il ne s’agit pas de nous, de notre famille, il s’agit des relations entre papa et moi. De toute façon, je n’ai pas pu oublier un seul second ce que me racontait Deborah, la bonne, avant son départ d’ici, en parlant soi-disant de la fille de Stern : « elle travaille depuis ses dix-sept ans et n’est pas gêné à recevoir de son père. » Par contre, tant oncle Bela comme tante Irène leur paraît tout à fait normal (ainsi qu’à Ila la sœur de Deborah) que papa leur donne de l’argent et qu’ils leur apportent pleins de cadeaux. Je suis sa fille – et je suis convaincu que maman me dira à lui demander davantage et qu’il fasse (accomplisse) ses promesses maintenant et non pas plus tard.
Oh, mon garçon, qu’il serait bien que tu sois un peu près de moi et pouvoir parler un peu ensemble. Tu me manques beaucoup, énormément, sauf ta fille je n’ai personne vraiment près de moi, seulement toi.

Bon nuit, j’ai un peu mal au cran, j’essaierai m’endormir. Bon nuit, mon cher garçon.


Ce matin j’étais chez Ila jusqu’à dix heures quand leurs amis sont venus les prendre à la mer, puis chez Irène jusqu’à midi quand ils sont partis visiter un ami malade. Tous ont été heureux d’Agnès, mais moi je me suis sentie encore plus seule. Et quand j’ai demandé mes deux cousines pourquoi elles ne viennent plus maintenant au moins pour ces derniers temps, Irène a sauté pour les défendre comme une mère lionne. Tant pis. Même cela passera.

Revenant à la maison j’ai trouvé un papier des gens qui ont déjà visité l’appartement me demandant les rappeler et ils sont venus à midi et demi, puis d’autres qui paieraient 160 et quatre mois d’avance et à deux heures un autre qui disait qu’il reviendra à six heures pour le montrer à quelqu’un d’autre. Je vais le louer finalement, d’après ce qui parait. En suivant les conseils de Laci[2] pour dix mois et ensuite encore dix. Un dentiste qui déjà été trois fois veut en faire un cabinet dentaire et logement et offre 150 et une avance d’une année entière puis 160 par mois, mais il disait qu’il viendrait avant-hier soir avec sa femme, j’ai attendu, personne n’est venu. Mais aussitôt que je sors pour trente minutes, hop, quelqu’un était venu et ne m’a pas trouvé là.

Que cela doit t’être dur là-bas ! Mais j’arrive aussitôt que je peux, encore un petit peu et nous serons ensemble ! Nous avons l’impression dorénavant que non seulement 4 mois se sont passés mais beaucoup plus[3], n’est-ce pas ? !

Je t’embrasse, envoie des baisers,

Kimondathatlanul vàgyodom utànad ! (en hongrois) :
J’ai horriblement (inderscriptiblement) envie de toi

[1] Promis déjà à ma mère pour quand je me marierai.
[2] Voisin avocat et mari de mon amie Zsuzsi.
[3] Encore maintenant, 40 ans plus tard, j’ai cette impression.

8 octobre 1963

Mon chéri,

Je t’écris pendant une pause de travail, à partir du lieu de travail, mais je n’ai pas des bonnes nouvelles. J’ai de nouveau tombé et cette fois ayant un examinateur sympa près de moi. Il m’a donné une mauvaise note parce que pendant un seconde je pensais au lieu d’être attentive, autrement, dit-lui, j’allais très bien. J’y vais de nouveau en 18, je suis devenue dorénavant « une habituée de la maison. » J’espère le passer finalement. Sinon, je pourrais prendre un permis Belge[1] avec lequel je crois on a le droit de conduire en France, au moins pour une année. Autre mauvaise nouvelle est que je ne crois pas pouvoir partir le 20 octobre, je crois pouvoir y aller (le plus tard) autour de 1 novembre.

Il fait une chaleur étouffant et humide, il sera temps que ça refroidisse, le soir on peut encore respirer, mais hélas pas chaque soir. Nous sommes en bonne santé et j’essayerai vendre la machine à laver et je voudrai beaucoup obtenir l’argent de loyer pour demi année, pour le moment beaucoup viennent voir et partent. Chacun avec autre chose, l’un le voudrait vide, l’autre plein, etc. etc.

Pour le travail, jusqu’à maintenant quatre jours complets, j’ai reçu 160 lires aujourd’hui.
J’ai fini presque toute la cuisine, sélectionnée, mis déjà à côté dans le coffre, sauf les assiettes, tes outils et mes livres de cuisine.

Pardonne-moi que je t’ai écrit ainsi, mais tu sais comment sont les patrons, même si tu n’a rien à faire et étant obligé à rester en allongeant le temps que tu restes chez eux, ils te regardent de travers. Pourquoi tu n’occupes pas le « temps vide » avec autre chose, ils ne sont pas contentes. Il m’a battu à la tête aujourd’hui jusqu’à je ne pouvais plus en me demandant au moins vingt fois : « N’est-ce pas que la dernière fois c’était plus mou » « Plus homogène » « Est-ce bon à jeter » et d’autres observations ressemblants au moins vingt fois sinon trente. Je l’avais prévenu dès le début que la matière première n’est pas bonne, mais que peut-être il sortira quand même. Et j’ai l’impression qu’il est exactement sorti comme la dernière fois. Mais c’est vrai, c’était son temps, il me payait, donc j’ai resté calme et je me suis comportée comme un docteur avec son patient. Le travail a réussi.

Revenant à la maison j’ai trouvé ta lettre de deux octobre. Je t’ai déjà écrit sur l’examen. Si j’y vais pas le 18 je pensais d’y aller une fois encore avant mon départ. À cause de cela j’ai choisi de prolonger le départ pour 1 novembre même s’il y a d’autres nombreux motifs. Entre autres, outre le logement qui ne s’est pas encore résolu, je veux aller à Nazareth après 26 octobre[2] ce qui serait nettement plus sage.

Hier j’ai envoyé encore deux jupes à Gabriella et la chemise de nuit, tu auras dû me dire qu’elle a 40 ans et quand, je viens seulement de l’apprendre par sa lettre.

En ce qui concerne le grand tapis[3], je l’amène, je te l’ai déjà écrit.

En ce qui concerne les pièces basses, j’ai lu dans un revu qu’en peignant le plafond d’un couleur plus claire que les murs, la chambre paraît plus haute. J’ai fait la même dans ce logement, les murs crème et le plafond blanc crème et je crois qu’ils ont raison et dans la chambre d’Agnès, vert clair et avec le plafond presque blanc, on voit encore davantage qu’ils avaient raison.
Le lit que le patron nous prête est-il double ?

S’il te plait, retourne-moi les lettres de papa.

Je n’ai pas pensé une minute à louer l’appartement sans garanties, hélas, avec les uns qui m’ont plus j’ai hésité trop longtemps (150 lires, j’espérais plus) et ils ont pris ailleurs. Maintenant j’ai fait paraître une annonce dans un journal hébreux (Maariv) et une autre dans l’hebdomadaire roumain et comme ces derniers l’ont publié avec des fautes la dernière fois ils vont le répéter. J’ai été au docteur avec Agnès, pour au revoir, la fillette s’est développé très bien, dans une seule mois elle a grandit de 6 cm et a pris bien de poids, elle a maintenant 11,2 kg et 84 cm hauteur. Il m’a dit que tout est en ordre avec elle et m’a donné un médicament pour le prendre une seule fois (moi 5 pastilles, elle 1) pour nous guérir complètement des oxyures. J’ai été aussi au gynécologue et elle m’a donné des conseils et des prescriptions puisqu’en Franc n’existe pas de curetage ni des moyens de contraception et il faut que je suis prévenant à prendre d’ici tout dont j’ai besoin.

En même temps que ta lettre j’ai reçu une de papa disant qu’il arrive à Tel Aviv autour de 15 octobre et me proposant de partir avec l’avion parce que ce n’est pas bien avec le bateau l’hiver et j’arrive plus vite et, éventuellement, que je sois encore avec lui ici, à la place des quelques jours passés sur le bateaux. Je vais me renseigner combien coûte et dure l’expédition des affaires maintenant, en avance, et s’il est possible qu’ils arrivent en temps et alors papa payera le billet d’avion (ou au moins la différence), à ce moment-là, pourquoi pas ? ! Je leur donnerai les grands oreillers dont nous n’avons pas besoin, demain je recevrais l’édredon d’Agnès confectionné à partir de l’oreiller ayant les meilleurs plumes.

Si je pouvais obtenir une prolongation de mon passeport ancien, tant mieux, sinon je devrais aller à Bruxelles[4] pour résoudre là. S’il te plait, intéresse-toi comment c’est le mieux que j’y aille : directement à Bruxelles et de là-bas avec les papiers en règle chez toi ou on pourrait le prolonger tenant compte du tien en France ? Que crois-tu ?

Je t’aime beaucoup et je ne pense (pour le moment) pas à divorcer,
Je t’embrasse,
Judit

[1] Il n’y avait pas d’examen a passer là – ce que j’ai fait finalement.
[2] J’espérais recevoir une certificat de baptême antidaté de deux ans.
[3] Les enfants d’Agnès ont grandi sur le même tapis.
[4] J’avais un passeport de réfugié politique.

Mon amour

je te prie aie de patience encore un peu et nous serons ensemble et avec un peu de chance jamais nous ne nous séparerons pour un temps si long. Je me rend compte comme il te doit être dur n’ayant personne près de toi qui puisse te dire un bon mot.

Je ferai tout maintenant à dépêcher au moins avec un jour si possible la « réintégration » de notre famille.

Je viens de regarder les photos de l’album ensemble avec ta fille et nous eûmes fort envie de ta présence. Toute la matinée (il est deux heures et demie d’après-midi) j’ai pensé à toi.
Que faire avec l’appareil à moudre ? Envoyer, apporter, laisser chez papa ? Et tes outils ?
Agnès a observé que je t’écris et elle a voulu aussi écrire et voilà. Par hasard cela ressemble à une tête mais crois-moi elle l’a fait absolument seule. Le reste, à gauche est le bateau sur lequel nous partirons vers toi aussi tôt que possible.

Aujourd’hui toute la journée j’ai triée les affaires (l’après-midi), j’ai mis dans le petit coffre pour papa ce que je veux laisser, les grands oreillers (n’est-ce pas que nous ne les utilisons pas ! ?) et les couches d’Agnès (nous en aurons besoin dans 2 –3 ans) et les livres choisis et l’argenterie que nous ne voulons utiliser maintenant et le lingerie que je ne voulais pas prendre. Le reste des vêtements choisis et lingerie j’ai mis dans le grand coffre pour l’envoyer, avec les petites oreillers, édredons, serviettes, nappes, pyjama et chemises de nuit, mon manteau, tes chemises, les photographies et les lettres et la champagne d’Agnès[1]. J’attends que les couvertures que je viens de laver sèchent et soient mises et aussi nettoyer (moi ou quelqu’un d’autre) les petits tapis et ajouter aussi les livres que je viens de désinfecter. Je ne sais pas si après tout cela il y aura encore de place pour quelques vêtements, robes, je verrai.

De toute façon, ensuite j’ai mis Agnès dans le baignoire et pendant qu’elle se lavait avec l’éponge elle a dit : «Agi mare. Agi spala ha bait sel ima»

(Mi-roumain – mi-hébreux : Aghie grande. Aghie lave la maison de maman)

et elle a lavé la baignoire et le mur au-dessus, pendant que j’ai lavé mes foulards et les petits affaires d’Agnès. Ensuite je l’ai couché et j’attends qu’elle s’endorme.

J’ai un peu mal au dos (tu sais déjà que j’ai toujours mal quelque part) mais je suis très contente des réalisations de cette journée. J’ai l’impression d’être déjà plus près de toi avec quelque chose et aussi de notre départ.

Dimanche matin viennent ici Irène et Violette et nous allons nous consulter sur ce que vaut la peine d’emporter et ce que je jetterai entre mes affaires personnelles et ensuite je vais les donner à la couturière ou nettoyage. Une partie j’ai déjà mis à côté, ils ne sont plus bons mais pour le reste des vêtements j’ai besoin de l’assistance.

J’ai l’impression que j’ai fait déjà le gros. J’ai encore la cuisine, la salle de bains, etc. pour demain. Il n’est que huit, mais j’espère qu’étant tellement fatiguée je m’endormirai vite, de toute façon je me couche et je continuerai parler avec toi en moi et te donner des baisers en pensé, mon chéri, mon cher garçon très fort aimé et désiré, à demain.

Samedi je ne t’ai pas écrit, j’ai lavé, arrangé, fait les paquets en continuation et avec chaque chose ajouté dans le coffre je me sentais plus près de toi. Tu verras comment le coffre est rempli, il reflète ma pensé que c’est toi qui l’ouvrira et mon souhaite qu’il te fasse plaisir. J’ai trouvé tes bottes, te sont-ils bons ou devenus trop petits ? Dois-je les prendre ou les offrir ? Dommage qu’on n’a pas le droit d’envoyer des chaussures en Roumanie. À propos, j’ai reçu une carte postale de sa sœur disant qu’elle a reçu la jupe et lui va bien et qu’elle est heureuse avec ». Si tu n’as pas écrit, il n’est plus nécessaire de le mentionner, avec le temps elle recevra aussi les autres.

J’ai laissé Agnès à la maternelle et dans peu de temps mes tantes arriveront pour discuter chiffons. Ils étaient bons chacun dans son temps mais ils sont maintenant démodés et certains (je les ai essayé hier) paraissent même ridicules. Que faire de la mode féminin changeant ainsi ! Beaucoup entre eux je les est depuis dix ans au moins et probablement en dix ans ils reviendront à la mode mais cela ne vaut pas la peine de les tenir jusque là, n’est-ce pas ! ?
Mon chéri, je t’embrasse, je t’envoie un baiser et encore un baiser et je te serre fort et avec plein d’amour. Que je puisse les faire enfin en personne !

Je ne sais pas si je t’ai dit combien Irène s’est réjouit de ta lettre, elle me l’a raconté au moins trois fois jusqu’à maintenant par cœur, écris-lui encore.

Je t’embrasse encore et encore, baisers,
Juli

[1] Reçu de sa naissance « pour ses fiançailles.

4 octobre 1963

Comme tu le disais, mon amour, avec ta lettre de minuit trente tu as réussi à me rendre malade. Bien que je l’ai reçu le midi, je n’arrive plus à dormir. Plaisant rêves, dis-tu, bien merci. Si tu es près de moi, je te tourne le dos et je m’endors aussitôt (quelquefois) mais autrement, comment diable pourrais-je dormir.

Tu vois pourtant que je fais tout pour qu’on soit ensemble le plus rapidement possible, que veux-tu de plus ? Ne me fais pas de mauvais sang, mon garçon ! Viens ici, je te fais de place près de moi. Et je me retourne, juste pour faire semblant. Ne peux-tu venir ainsi près de moi ?

Eh, mieux vaut parler des choses « pratiques » ou au moins, actuelles. Je donne l’examen de nouveau lundi à 7 et demi, si je ne le passe pas je m’inscris pour le 21 et partirai seulement le 25 ou 26, si je passe cette fois, je commande le billet pour 20 octobre. J’étais à Zim, le coût est la même qu’au bureau de voyage mais il n’obtient pas de visa. Je suis allée au consulat français, si tu n’a pas de billet aller – retour, obtenir un visa est difficile, donc cela vaut la peine de passer par l’Agence de Voyage qui l’obtient à ta place. J’irai à « Mundus » , l’autre est antipathique et ne vaut pas deux sous. Celui-ci paraît une agence sérieuse et bien informé et ils m’ont promis de résoudre les visa avec le billet aller seul.

J’espère, sinon avec plus, louer l’appartement avec 150 l, la moitié avance, alors je me suis résolus les problèmes financières, je ne vends plus rien et je les prend avec moi. J’étais à la douane, je peux prendre ce que je veux. Et si je les prends avec moi sur le bateau il ne coûtera pas beaucoup. Je ne descendrai pas à Genova, surtout parce qu’Agnès n’est pas encore assez grande pour une longue voyage en bus, qui sait quoi encore. Même sur le bateau il ne sera pas très facile, mais elle se trouvera des admirateurs comme elle est très amicale.

C’est un peu difficile avec papa, Ila dit qu’il ne se sent pas très bien, doit voir le docteur de nouveau au milieu du mois et probablement suivre encore un traitement douloureux et Ila dit que c’est vrai qu’il ne supporte bien le froid et qu’il devrait revenir au plus vite possible ici. D’une autre côté, naturellement, il voudrait être avec nous le plus possible – moi aussi d’ailleurs – je ne sais pas comment résoudre ceci, je pensais qu’il pourrait venir chez nous ou nous rencontrer à Bruxelles s’il sera absolument besoin que j’y vais personnellement pour arranger les histoires de passeport. De tout façon, je veux demander une visa française, un belge et un suisse, les avoir, puis on verra. De toute façon, invite-les. Je sais qu’il sera mieux juste nous trois, mais, que dire, tu comprends toi aussi, puis ils repartiront et nous resterons seuls, ensemble.

Je les ai écrit deux longues lettres sans recevoir aucune réponse pour le moment. Dimanche six sera l’anniversaire de papa et je lui ai envoyé un télégramme mais pas écrit.
Avant-hier j’ai pris cinq glaïeuls pourpres de toi à moi, j’en ai porté aussi trois chacun à Irène et Violette aux repas des fêtes. Elles commencent à s’ouvrir seulement aujourd’hui, elles sont très belles.

Hier Irène et Violette ont été ici est elles ont beaucoup aimé le logement. Il paraît même qu’il « sent » propre (personnellement je n’aime pas cette odeur de chaux).

Par contre, j’ai réussi à partir aujourd’hui en oubliant d’éteindre le feu sous la casserole (les voisins entrant par la fenêtre l’ont fermé) et la cuisine sent à fumé, encore heureux que rien ne s’est passé, ni les murs, ni le plafond ne se sont pas couvertes de trace de fumé. La voisine dit « quand quelque chose brûle, c’est la chance qui arrive. »

J’étais ce midi aux associés d’Hermann et j’ai reçu 120 lires pour 3 jours travaillés auparavant et j’irai mardi et encore une journée, l’argent gagné sera bienvenu ! Sinon c’est très agréable et sentimental : regard cet argent est vraiment à moi, je les ai gagné par mon travail et mes connaissances. Comme ingénieur chimiste ! Dis, autour de là-bas, n’y a-t-il pas un quelconque possibilité, une besoin de chimiste ? De toute façon, pas pour le début, je veux d’abord rendre agréable notre foyer et je ne peux pas laisser non plus seule Agnès au début dans un lieu nouveau pour elle. Dans le livre c’est écrit qu’à partir de 2 à 2 1/2 les enfants sont le plus « enfant de maman » en se tenant près de la jupe et ne veulent pas la laisser. Donc ce n’est pas seulement elle ainsi, mais en général.

J’écris, je t’écris mais je suis encore troublée.

Peut-être tout simplement je n’ai sommeil ayant bu un expresso vers onze heures. D’habitude je dors l’après-midi avec Agnès et le soir me couche une ou deux heures plus tard qu’elle. Elle s’endort maintenant autour de huit et demi même si je le mets au lit plus tôt.

Au revoir, pour le moment, au plus tôt possible, J
Je t’envoi encore une baiser aujourd’hui, dimanche 6 octobre.

2 octobre 1963

Mon cher garçon,

j’ai étudié avec attention, enfin en tranquillité le plan de la maison et je crois que la pièce n° 3 sera notre chambre à coucher. Le n°2 ou l’entrée ou la chambre d’Agnès selon les possibilités de chauffage et comment on peut l’entendre quand elle nous appelle, mais pour nous il serait encore préférable qu’elle dort dans le n°1. Et, comme tu l’as dit, le n°4 est la cuisine – salle à manger.

À quoi sert la grande salle du bas ? D’après ton dessin, si j’ai bien compris, chaque pièce a seulement une seule fenêtre, n’est-ce pas ? Le 1 n’était-il pas une pièce pour les provisions ? Que veut dire « palier » ? Pièce par où on passe ? On verra.

Comme je prévois peu des meubles, nous pourrions nous limiter à utiliser seulement deux des quatre pièces. Mettant un vestiaire près de la douche, un lit pour nous en 4 et pour Agnès en 3 quelque chose qui pourrait être pour elle aussi la pièce « de jour ». Ou alors le 1 pour Agnès, le 4 pour nous tous. Rien dans le reste. Mais cela n’ira pas puisque je vois qu’il faut absolument passer à travers le 3 pour aller aux toilettes, donc on ne peut pas le condamner. Éventuellement, elle pourra servir juste pour passage. On verra surtout comment on peut les chauffer l’hiver.

J’ai trouvé un couple voulant payer seulement 150 par mois mais ils ont une garantie bancaire. Pour le moment, je demandais 170 mais si je ne trouve pas des « sérieux » comme tu l’écris, je leur loue à eux. Le logement leur plait. Je le crois bien, après la peinture et mis par terre les tapis, (tant le grand que les petits lavés), et toutes les couvertures (ressortis express de nouveau du coffre) et les vases, bibelots, tout propre, c’est vraiment beau maintenant.

En ce qui concerne tes lettres, j’ai deux à la fois ou rien, cette dernière « express » écrit en 26, reçu le 29, peut-être quelque chose tombe aujourd’hui, pas demain puisque c’est férié, le premier jour de « shoukot ».

J’étais à la douane ce matin, je peux prendre tout ce que je veux avec moi, même la machine à laver et le grand tapis, si je voudrais même le mixer. Il n’y a aucun restriction , juste mettre sur le passeport les appareils électriques pour pouvoir les ramener sans payer des taxes de nouveau à retour (ce que je ne crois pas que sera notre cas). Je me suis achetée hier une bague de « diamant » coûtant 1 lire, mais c’est belle, si on le regard de loin il donne l’illusion que ce n’est pas de glace. Il me plait beaucoup, plus que si j’aurais dû donner 30 lires. Quelle importance «original, véridique » ou non, au moins ainsi je n’aurai pas peur qu’on me le vole.

Ila m’a dit en revenant que tous ont été très impressionnés quand tu as remis 100. J’espère que j’obtiendrai 6 mois de loyer payés d’avance et je pourrais ainsi couvrir ma voyage. On m’a déjà offert quatre mois. On verra.Je voudrais apporter quelque chose de petit à tous autour de toi, de notre futur. Patron, épouse, enfant, ouvriers, etc. avec qui t’es en contact plus près. Ecris-moi une courte caractérisation de tous pour comprendre ce qui leur fera plaisir……
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Agnès s’est réveillée, à sept heures, a bien mangé du pain beurré et bu du lait, puis mangé un peu d’aubergines et carottes. J’ai cuit d’autres aubergines et une soupe avec des ailes de poulet, entre temps, elle lisait et dessinait dans le livre et… aie ! d’un coup je vois qu’elle a dessiné avec rouge sur le mur fraîchement peint. Je l’ai battu, elle est sortie dehors, a pleuré, elle est allée se plaindre à Silberbous (qui l’aime beaucoup comme elle ressemble à sa fille quand elle était petite). Ensuite, elle est revenue disant qu’elle ne le fera plus, je lui ai pardonné et aussitôt elle a couru dehors heureuse. J’ai repeint de nouveau cette partie du mur (les peintres m’ont laissé un peu de peinture) et on ne le voit plus.

Bientôt il sera neuf heure et je partirai pour ma leçon auto et expédierai cette lettre. Combien des fautes de grammaire et d’orthographie doivent contenir mes lettres ! Et oublie de caractères surtout, je me dépêche quand j’écris puisque les pensées arrivent plus vite et le main peut bouger plus lentement.

Je t’embrasse mon chéri,
Arrête-toi, toi aussi un moment et imagine-toi comment serait, comme je suis maintenant, et alors… il n’y a plus besoin que j’écrive rien d’autre,Baisers, Judith