16 juin 2004

Ma voisine d’en face est venu avec sa tondeuse et nous avons nettoyé le chemin menant vers la porte, mais aussi le petit champ de « blé » bougeant dans le vent.

Je suis contente – mais il me manque. C’est l’aspect « tondu » et aussitôt desséché. A la place de mon « jungle » auquel j’étais habituée, maintenant c’est le désert. Personnellement, j’ai préféré regarder le jungle, mais pas mes chaussures mouillés par les herbes folles.

La prochaine fois, je me laisserai un bout de champ sauvage au bout, par où on ne passe pas, là où je me suis couchée une fois et regardé le ciel à travers les herbes hautes.

Aujourd’hui je me sens perturbée, énervée, comme si j’étais avant (les règles) : pourquoi ? depuis quand ? que m’a bouleversée tant ?

Tant pis, je vais me trouver un livre pour m’y plonger, m’y oublier.

10 juin 2004: début cahier

Il est beau, mon nouveau cahier, appelé, je ne sais pas pourquoi “brouillon”. Ses pages blanches m’appelles à écrire.

Je n’ai pas peur des pages blanches, elles m’interpellent et je m’y plonge avec délectation. La première page a un attrait spécial. Le commencement. Continuation, oui, mais aussi un nouveau début.

Hier j’ai photographié des cerises sur une assiette avec cette petite merveille de l’appareil numérique, mon Cybershot Sony. Cerises rouges fraîchement cueillis et juste avant que je les mange.

Ensemble, puis observant qu’elles sont comme les gens : certains en couple, puis un couple rompu, d’autres en trois. Quelqu’un solitaire, beaucoup groupés et certains avariés. Pas encore détachés du lien familial, peut être même pourrissant ceux près de lui, de toute de façon, rongé par un mal interne ou partiellement dévoré par des rapaces sentant ses points faibles et n’osant pas s’attaquer aux autres.

Voilà. La première page de mon nouveau journal est remplie.

Cerises, vie sociale

Je laisse l’autre côté libre : peut-être je mettrai là l’image des quelques cerises. Oui, je voulais dire tout à l’heure… des cerises. En fait, quelques images avec… cerises.

CerisesMonJardin-14Cherys of my garden, as famillies of our life

2008: je ne les a pas mise dans le cahier, mais les voilà pour le blog.

Quelquefois, l’image seule parle.

Souvent, celles prises en série racontent une histoire mieux, plus complètement. En ajoutant un texte, même court, il gagne en compréhension. Au moins, il dit, ce que je voyais, sentais, pensais, le moment de sa prise et en la regardant sur l’écran.

Ma belle-fille m’ayant prêté son ordinateur, j’ai pu ainsi afficher mes cerises aussitôt sur l’écran et les contempler grand format. La magie photo – écran et plus tard impression, leur permet de vivre longtemps, après qu’en réalité elles étaient digérées.

Je me suis sentie solidaire à la cerise rouge foncé, bien mure et solitaire, loin des autres, mais regardant vers elles. Mais aussi à celui dont on a détaché le paire, encore désemparé de la perte. Puis à celles en famille et celui devant supporter un partenaire rongé de l’intérieur, ravagé d’extérieur, par autres et par soi.

J’essaie me rapprocher des autres.

Stéphanie m’avait prévenue contre Slava et hélas, elle avait raison comme d’habitude. Et comme d’habitude, j’espérais qu’elle n’aurait pas raison. Hélas. Deux fois. Hélas, elle avait raison et hélas, elle n’existe plus que dans mes souvenirs.

C’est encore difficile d’y croire.

Peut-être Aix mènera à quelque chose. J’ai reçu hier une lettre m’invitant à un atelier d’écriture dans deux semaines.

Je crois avoir réussi prendre dans mes photos un peu de l’esprit de Sighisoara et Aix. Moins de Komando : il pleuvait, et pas très bien de Kolozsvàr, malgré le nombre des photos prises : j’étais enivrée de joie.

A mon avis, une photo ne peut les présenter, il faut une série.

Tout comme pour quelqu’un.

Nous sommes complexes. Chacun de nous, plusieurs. Pourquoi montrer une seule de ses facettes ?

La Julie resplendissante après natation, oui, c’est moi. Mais l’amère, la fatiguée aussi. Celle avec bourrelets de gras (encore) sur le dos et aussi avec une sein (d’après la photo) encore étonnement belle. Bien sûr, tout dépend de l’angle où on la prend, et quelle geste on fait. La main, le bras, peut-être lisses ou horriblement ridés, suivant le contraste et la lumière, plus ou moins pleine des tâches de rousseur.

Après m’être rassurée que parfois je parais (au moins certaines parties de moi, visage, etc) très bien, encore à soixante dix ans ! je peut désormais me montrer aussi la Julie étonnée, effrayée, les cheveux n’importe comment et même, la ventre (encore) trop lourde.

Bien sûr, il sera difficile de faire une image moche de Gabrielle. A cinq ans, elle est fraîche, blonde, belle même humeur boudeuse. Mais je l’ai prise les pieds dans l’eau, cueillant des fleurs de champs mais et aussi serine entourée des enfants sautant : assise comme une petite demoiselle au milieu d’eux, les jambes croisés.

Mon petit fils est plus dur à 'attraper', il est en perpétuel mouvement. Les dernières photos le montrent sautant avec les autres, tâtant l’eau avec un point de chaussure, jouant tenis, lancant une balle. Je dois apprendre faire des photos rapides, même avec cette appareil, généralement lente à réagir, anticiper les mouvements ou prendre en rafale ou alors faire un « movee » (film) et en sortir des images les plus parlantes. Oui, je crois que David est un bon sujet pour me préparer d’avance à la classe « documentaire ». Mais une rue un peu plus fréquenté aussi.

Bon, je vais me laver les cheveux. Puis, à Paris ! Montrer quelques photos à Michel et l’aider à démarrer avec le Photoshop Elements.

Roumanie 2004 quelques souvenirs

Je vais aussi les ajouter un à un pour en parler, au moins quelques uns entre elles me laissant un souvenir très forte.

8 juin 2004: fin d'un cahier

Quelle horrible rêve!

Tout de quoi je me réjouissais, dans ce rêve, bien que m'arriva, mais ensuite tourna en cauchemar. Etait-ce ainsi dans ma vie?

Oui, il ne faut pas se réjouir trop et ce croire en nuage, m'avait dit Stéphanie une fois. Tôt ou tard, cela finit, ne dure pas.

Dans mon rêve, la merveilleuse maison partagée avec une amie actrice était envahie par des copains reporters et de film. Mes enfants, petits encore dans la rêve, laissés seuls dans la maison voisine et l'eau envahissant la pièce où mon ordinateur été mais aussi tous mes cd et zips, tous mes écrits et images. Les marchent se dérobaient sous mes pieds quand j'y allait pour tâcher à fermer le robinet, sauver mes textes (une fois que je me suis enfin rassuré que mes enfants sont en bons mains.)

Le futur se dérobe souvent, devient différent de ce qu'on le croyait. Mais les plaisirs vécus, les voyages faits, les gens aimés, ce qu'on avait ressentie au moins envers eux, reste. Personne et rien ne peut nous enlever, tant qu'on est en vie et sain d'esprit.

Peut-être la famille de mon fils n'ira pas à New York et moi n'habiterai jamais encore une fois au Etats Unis, ne publierai jamais un livre autobiographique ou un avec mes photographies, ne trouverai pas des nouveaux amis, mais mon voyage, mes voyages ces derniers semaines et même le retour, ont été gagnés.

A Commando, j'ai appris des choses que je dois encore cogiter, renversant certains idées reçus, idées qui étaient jusque maintenant dans ma tête depuis mon enfance, puisque je n'y était pas retournée depuis mes 5 ans. Aussi beaux que le paysage est là, avec les magnifiques sapins et le montagne, la vie est dur. Par contre, Kolozsvàr, 'Cluj) ma ville d'enfance et adolescence est ressortie dépoussiérée. La qualité de vie est toujours aussi bonne, les distances relativement petits. Les gens très divers en général bien. Le centre plus beau que jamais malgré les fils électriques et téléphone trop apparents dans le ciel. En revenant ici et ne les voyant pas partout, je me suis rendu compte encore plus de la différence.

Le petit Szamos coule doucement devant la maison où nous habitions jadis traversant une partie de la ville, Les marronniers du parc offrent l'ombre: un autre père apprend à son enfant à se promener en bicyclette, tout comme mon père jadis. L'appartement de jadis transformé en bureau, mais autrement inchangé. Surtout, l'atmosphère générale agréable, avec les étudiants, les paysans venus vendre et acheter et les habitants de la ville (400 000 dorénavant) vivant une vie me rappelant pourquoi j'y avait mis tellement de temps à le regretter. Pourquoi je cherchait la même atmosphère autour de moi plus tard.

Mon cousin (3e degré) Gabor, a grandi lui aussi avec les récits de Lamb sur les pièces de Shakespear, tout comme moi, et probablement, même ses fils. Et qui sait, plus tard leurs enfants encore. On y parle hongrois et on y parle roumain, et même si les bancs publiques sont tricolores et on a construit deux ou trois nouveaux immeubles au centre, les autres maisons nouvelles sont tous là où ils n'y avait avant que des champs et les collines.

D'ici, Kolozsvàr paraissait si loin, mais c'est une centre, vécu de là bas. Je n'aime pas toujours Bucarest, ne pourrais pas vivre à Predeal, ni passer plus de quelques semaines à Comandau, mais je pourrais vivre à Kolozsvàr de nouveau. Elle a conservé, malgré les voitures garant n'importe où, un air de tranquillité et de mouvement: dynamisme tranquille. Mélange agréable et naturelle. Nouveau et ancien. Nostalgie et initiative. (Enfin, en jugeant sur les premiers impressions.)

Les pauvres y paraissent moins pauvres, les ivorgnes plus raisonnables et sympathiques, les renforngés étaient compensés par les survivants, et les restaurants, même au centre à tout prix.

La jeunesse et les étudiants comme s'ils étaient à Paris. Les vieux et les adultes profitant de la nouvelle vie: plein des petits boutiques ouverts, de vieux chapeautier (faisant ou vendant des chapeaux) aux cybercafé des jeunes dans le vent, le grand surface même bien épousant l'ancienne marché sans rompre son harmonie.

En revenant, c'était formidable voir les caractères très différentes mais très attachants l'un et l'autre de mes petits enfants. Elle avec ses airs tranquilles et très gracieuse, pose en demoiselle déjà, lui avec ses élans et initiatives, sans cesse en mouvement. Hier, elle a joué 'la maman' et lui 'mon chéri'. A croquer.

Depuis trois jours, canicule. A huit le soir c'était encore trente degrés en ombre. Je bois et bous encore.

Au revoir, plutôt Adieu, mon cher journal. Je pourrais te relire un jour, mais il n'y a plus de place pour écrire. Je te quitte avec regrets. Mais tout bon finit un jour ou l'autre, hélas. Toi, 8 mois, ça va.

Je n'arrive pas à trouver l'image

Ceci n'est pas dû tout l'image exposé il y a quatre ans et demi, mais je n'arrive pas pour le moment de le trouver; ceci est la petit dej au lit pris le 1 janvier l'année dernière.

Premier repas 2008
"Il faut bien commencer l'année" je me suis dit. Mais ce n'était pas en 2004!

Je vais mettre ici, celle d'il y a longtemps, aussitôt retrouvé, je promets.

5 juin 2004

Dans l'expo photo, les deux photos choisies par Terry ont été mises au meilleures places, et elles ont été les seules avec un récit dessous.

Au début de la descente des marches, tout en haut, le Petit déjeuner. Depuis que Terry l'a choisi pour l'expo, de plus en plus de souvenirs ont arrivé sur sa signification chargé des beaucoup de sens divers pour moi.

Oui, "je me gâte" comme c'était le titre, pas mise, mais en plus de l'histoire des grand parents, affichée, il y a dedans d'autre mémoires qui resurgissent.

Maman m'apportant chaque 12 juillet le petit dejeuner spécial sur plateau près du lit, une fois par an. En fait, je la trouvais déjà à mon réveil près de moi. Aussi, la tasse que ma fille hésitait me l'offrir "c'est un cadeau reçu" m'avait-elle dit. "Mais tu ne l'utilises pas". Finalement, elle me l'a offerte - et à travers cette photo je voulais lui signaler combien j'apprécie sa geste et aussi la tasse.

Quand je lui ai montré la photo, elle ne se souvenait même plus de cette tasse dont j'ai tiré tous les matins tellement de plaisir. Depuis, elle m'a offert deux autres tasses, et maintenant, j'utilise un des trois en alternance, mais celle-là reste ma préférée.

Une autre signification était le tranche de pain grillé et le fromage de chèvre, le petit déjeuner de quelqu'un ayant décidé à maigrir: c'étaient mes premiers pas dans cette direction. Aujourd'hui je dis fièvrement "moins 12 kilos", mais "peut mieux faire". Il en faudra autant encore même si je marche nettement mieux. Aussi pour plus longtemps.

Et n'en déplaise pas à la cousine de maman de Bucarest, je continuerai avec mes chaussures noirs, en fait basquets déguisés, et des chaussettes noirs épais me tenant bien les chevilles, me permettant d'oublier les pieds. Comme je disais hier, à une dame m'enviant: "J'ai mal dans mes belles chaussures, moi". J'ai aussi teint mes cheveux, me disant qu'on regard davantage en haut...

J'espère que l'horrible fatigue ressentie avant hier et même hier encore partira vite et je serai de nouveau prête à des nouvelles aventures, travail et découvertes.

L'expo des autoportraits au Senat, le tirage et étude des dernières photos, l'écriture.

En fait, malgré que mon épaule sent encore un peu le sac au dos porté à AIX, ce n'est pas mon corps qui est fatigué, c'est la multitude des émotions profondes ressenties depuis dix mai qui ne sont pas encore "travaillées" dont les échos se percutent et travaillent probablement en profondeur.

Un peu aussi les soucis de demain.

Ma fille et sa famille ne se décident pas à venir ici pour mon 70e anniversaire et restent un peu vagues même sur ma visite chez eux. En plus, ici tout n'est pas décidé encore dans la famille de mon fils non plus, va-t-il ou non aller travailler à l'étranger?

Comment vais-je fêter mon 70e anniversaire s'approchant de plus en plus vite?

Je ne veux pas le passer au lit ou seule entre quatre murs. Je voudrais aller quelque part, faire quelque chose dont je me souviendrais fortement: quelque chose de spéciale... comme le petit-déjeuner que je m'offre chaque matin au lit.

Les deux photos choisis

Les deux photos prises et choisis par mon professeur pour l'exposition. J'ai dû les faire imprimer dans un atelier pro, les cadrer. Pas mal d'argent.

Mais j'ai réussi, à la fin d'expo, vendre l'une d'elle pour 70 francs: à l'époque, j'étais bien heureuse. La seule image que j'ai jamais vendu dans ma vie d'ailleurs.
Breakfast
Le récit ce cette image arrive, et aussi celle de l'expo.
Demain.

ParisBallade-0994
Ceci était pris à Moulin Rouge, elle a aimé la dynamique et les couleurs. Mes images étaient les seules en couleur dans tout expo, noir blanc. J'ai l'impression que cette dernière était déjà une photoreportage.

Diapo des images prix à Aix

fin mai/début juin 2004 des images retrouvées, même si toutes ne sont pas là.

1 juin 2004

Ouf. Revenue d'Aix le Province, fatigée, mais contente, autant des conférences et ateliers que des contactes établis, mais aussi des photos et portraits et les promenades d hier.

Vendredi soir j'irai à Expo Photo à Paris, puis repos, repos, repos. Je m'occuperai enfin de mon PC, des photos prises, des lettres et sans me rendre compte, dans une mois et demaine, j'arriverai à 70 ans.

D'habitude, je ne le sens pas, cette après-midi, oui. Fortement.

Je n'arriverai pas "mince" à mon anniversaire, mais quelques 12 à 15 kgs d moins. Le visage n'est plus bouffi et je me reconnais enfin, même si le corps est encore trop ronde.

Je voulais aller quelque part de spécial pour fêter mes 70 ans. Pour le moment, je ne désire qu'être chez moi, au lit, plus tard fauteuil et quand il fait beau, jardin. Il bruine pour le moment et mes chaussures se sont mouillés rien qu'en traversant les herbes poussant de la porte de la cour à celle de la maison.

La première chose à faire (demain!) est de recopier dans le carnet toutes les adresses de ceux rencontrés et aussitôt possible envoyer ce que j'avais promis à chacun, et au moins, un mot. Cette fois ne pas les perdre comme l'année dernière et essayer à continuer certains des contacts au moins.

Que vais-je faire avec toutes ces photos? 500 de la Roumanie et au moins 50 d'Aix. Même si je le donnerai ici, mais j'ai perdu la confiance, il me reviendrait à 120 euros! C'est vrai, quelquefois j'ai dépensé plus avec mes livres, surtout les livres techniques. Dois-je les prendre comme "apprentissage"?

La plupart font partie, disons la moitié, de "retour au source" et m'aideront à écrire, à me souvenir. Laisser des souvenirs aux enfants, quand ils voudraient à comprendre. Je ferai pour ma fille et sa famille un CD spécial bien rangé et pensé et lui enverrais.

Pour le moment, sieste.

Aix le Province


Il joue centre ville Aix
Originally uploaded by Julie70



Promenade au centre après la conférence.