Bien sûr, le faux printemps, vrai espoir, n'a pas duré: cette nuit la température est tombée au dessous de zéro, le givre a recouverte mon gazon et le pare-bris de la voiture. Qu'arrivera aux fleurs ayant cru que le printemps était là? Une jonquille a rejoint les crocus et les autres poussent aussi, même les jacinthes ont sorti leur nez de la terre, sans toutefois fleurir encore.
L'espoir de court duré, cette fois. Il ne faut croire trop vite. Je n'y ai pas cru. J'espérais pourtant.
8 février 2004
Hier Stephanie m'a appelé d'Israel, ce qu'elle ne fait jamais, même de France: c'est moi qui appelle. Elle avait peur que quelque chose m'était arrivée. J'espère que cela n'était pas un pressentiment, comme avant que Jean tombe avec son embolie.
Elle m'a dit que ces jours-ci, toutes les mères entendent de leur fils "ne te mêle pas dans l'éducation de mes enfants." J'ai répondu que nous n'aurions osé dire pareil à notre mère et belle mère. Elle me répond: nous n'aurions même pas pensé.
Je suis moins sûre de "pensée" à travers des générations, des conflits de point de vue ont dû toujours exister. Et les vieilles femmes n'ont pas toujours étaient respectés, écoutés, suivies. Peut-être davantage craintes. Et encore, cela a dû dépendre...
Je je sais rien de maman, elle n'a pas vécu l'arrivé de ses petits enfants, mais j'ai respecté ma belle-mère.
Depuis la conversation avec Stéphanie, je me sens enfin mieux. Les amis de New York de Slava arrivent le douze, Stéphanie le 23 février. Les vacances scolaires commencent le 15. Je ne vois comment puis-je partir avant.
Mes petits enfants ont regardés fascinés la Casse Noisette que je leur ai offerte, et se sont couchés comme des petites anges hier soir. Au moins sur eux, j'ai de plus en plus d'autorité tranquille. Nous nous entendons de mieux en mieux, s'écoutant et essayant satisfaire, tant qu'on peut. Négociant.
Sans avoir trop envie de sortir, je vais nager maintenant. Dimanche, la piscine ouvre à huit le matin.
Elle m'a dit que ces jours-ci, toutes les mères entendent de leur fils "ne te mêle pas dans l'éducation de mes enfants." J'ai répondu que nous n'aurions osé dire pareil à notre mère et belle mère. Elle me répond: nous n'aurions même pas pensé.
Je suis moins sûre de "pensée" à travers des générations, des conflits de point de vue ont dû toujours exister. Et les vieilles femmes n'ont pas toujours étaient respectés, écoutés, suivies. Peut-être davantage craintes. Et encore, cela a dû dépendre...
Je je sais rien de maman, elle n'a pas vécu l'arrivé de ses petits enfants, mais j'ai respecté ma belle-mère.
Depuis la conversation avec Stéphanie, je me sens enfin mieux. Les amis de New York de Slava arrivent le douze, Stéphanie le 23 février. Les vacances scolaires commencent le 15. Je ne vois comment puis-je partir avant.
Mes petits enfants ont regardés fascinés la Casse Noisette que je leur ai offerte, et se sont couchés comme des petites anges hier soir. Au moins sur eux, j'ai de plus en plus d'autorité tranquille. Nous nous entendons de mieux en mieux, s'écoutant et essayant satisfaire, tant qu'on peut. Négociant.
Sans avoir trop envie de sortir, je vais nager maintenant. Dimanche, la piscine ouvre à huit le matin.
7/02/04
Un petit dépression, ça passera. Je mange trop depuis deux jours. Même les demi tranquillisants ne m'aident plus. Je le sens dans tout mon corps.
Finalement, je n'irai pas à la réunion de Paris. Je lis. J'irai nager. Je ne suis plus allée depuis dimanche.
Rien ne parait plus aller, pas seulement autour de moi, mais ma fille vient m'appeler: ils ne viendront pas cette année comme c'était prévu. Menace des terroristes sur les avions, les cauchemars de Thomas, les ont décidé à le mettre pour une autre fois. Elle m'a proposé de payer mon voyage - si je veux être avec eux pour mes 70-ème anniversaire. Pourtant, les enfants étaient excités à l'idée de venir avec moi, chez moi, un à la fois "comme autrefois, chez eux j'allais me promener avec un à la fois." Et HM n'a pas donné une date à une prochaine rencontre. Et MB a préféré que je viens, moi chez eux, lundi. Et... tout cela ne justifie pas, ni le fait qu'il n'y a pas de l'encre photo jaune à Argenteuil et je ne peux pas imprimer pour le moment en couleur.
J'ai envie de sauter dehors ma peau. Jeudi, j'ai marché une heure et demie, mais hier je n'ai pas bougé, autre qu'aller chercher les enfants à la place de mon fils. Ils ont bien mangé chez moi. "Non, pas ça le soir!" "Non, c'est trop." etc.
J'ai envie d'aller quelque part.
Voyager.
Partir où?
Ma 70e année doit être mémorable.
Mais j'ai seulement envie de manger, manger et lire - et me cacher sous l'édredon.
Peut-être, j'irai voir ma tante. Je pensais aussi à Seville, à Madrid, au Maroc, ou tout autre lieu où il fait beau, tiède. Changer des idées. Prendre un bol d'air. Comme il y a deux ans, le voyage à Amsterdam: m'a faut du bien. Aller à Cork? Il doit faire froid là, maintenant. A Londres aussi. Peut-être, j'irai à la gare ou l'aéroport et prendrai un train ou un avion sans préparation. Avec très peu des bagages et le carte Visa. Juste quelques euros à échanger.
Rêver.
Découvrir.
J'aurais dû aller à la réunion, entre gens, et même cela ne j'ai pas eu le courage. A la place, je rêve aux voyages.
Ici, on peut se débrouiller une ou deux semaines sans moi. Volens, nolens. Comme ils m'ont affirmé, c'est eux les parents, je suis seulement grand-mère.
Attends un peu pour que le médicament fait son effet. Ai-je simplement attrapé le virus de ma petite fille? Je tremble, frissonne, comme elle, mais je n'ai pas du fièvre. Hier, j'ai eu trop chaude, puis trop froide.
Finalement, je n'irai pas à la réunion de Paris. Je lis. J'irai nager. Je ne suis plus allée depuis dimanche.
Rien ne parait plus aller, pas seulement autour de moi, mais ma fille vient m'appeler: ils ne viendront pas cette année comme c'était prévu. Menace des terroristes sur les avions, les cauchemars de Thomas, les ont décidé à le mettre pour une autre fois. Elle m'a proposé de payer mon voyage - si je veux être avec eux pour mes 70-ème anniversaire. Pourtant, les enfants étaient excités à l'idée de venir avec moi, chez moi, un à la fois "comme autrefois, chez eux j'allais me promener avec un à la fois." Et HM n'a pas donné une date à une prochaine rencontre. Et MB a préféré que je viens, moi chez eux, lundi. Et... tout cela ne justifie pas, ni le fait qu'il n'y a pas de l'encre photo jaune à Argenteuil et je ne peux pas imprimer pour le moment en couleur.
J'ai envie de sauter dehors ma peau. Jeudi, j'ai marché une heure et demie, mais hier je n'ai pas bougé, autre qu'aller chercher les enfants à la place de mon fils. Ils ont bien mangé chez moi. "Non, pas ça le soir!" "Non, c'est trop." etc.
J'ai envie d'aller quelque part.
Voyager.
Partir où?
Ma 70e année doit être mémorable.
Mais j'ai seulement envie de manger, manger et lire - et me cacher sous l'édredon.
Peut-être, j'irai voir ma tante. Je pensais aussi à Seville, à Madrid, au Maroc, ou tout autre lieu où il fait beau, tiède. Changer des idées. Prendre un bol d'air. Comme il y a deux ans, le voyage à Amsterdam: m'a faut du bien. Aller à Cork? Il doit faire froid là, maintenant. A Londres aussi. Peut-être, j'irai à la gare ou l'aéroport et prendrai un train ou un avion sans préparation. Avec très peu des bagages et le carte Visa. Juste quelques euros à échanger.
Rêver.
Découvrir.
J'aurais dû aller à la réunion, entre gens, et même cela ne j'ai pas eu le courage. A la place, je rêve aux voyages.
Ici, on peut se débrouiller une ou deux semaines sans moi. Volens, nolens. Comme ils m'ont affirmé, c'est eux les parents, je suis seulement grand-mère.
Attends un peu pour que le médicament fait son effet. Ai-je simplement attrapé le virus de ma petite fille? Je tremble, frissonne, comme elle, mais je n'ai pas du fièvre. Hier, j'ai eu trop chaude, puis trop froide.
4 février 2004
La semaine dernière la neige recouvrai mon gazon et il gelait tellement qu'un jour j'avais peur de conduire sur le verlas et mon fils est venu me chercher pour que je puisse être avec Gaby fièvreuse. Depuis trois jours, le termomètre oscile entre 14 et 17 degrés à l'ombre, dans mon jardin.
Un dégel. Un faux printemps. Faux?
Les crocus bleus lilas et jaunes de mon petit jardon ont sorti leur tête.
Un dégel? Vrai? J'espère que cela est général.
Et pour moi? Qu'appportera ce printemps?
Je dois sortir, bouger davantage. Dimanche, j'ai nagé 600 mètres, c'est bien, mais trop sporadique et ni hier ni avant hier je n'ai pas marché assez longtemps.
J'ai lu deux bons livres, j'ai travaillé. Le tout, surtout assise. Et léché mes blessures. () Reproches, que je fais trop d'observations de l'éducation de mes petits enfants. Que j'en ai fait trop la semaine que je me suis occupée de ma petite fille. Je n'ai eu avec moi aucun tranquilisant, et sur le moment, une fureur m'a envahi. Ensuite, nous avons mangé de la crêpe en famille. Arrivée à la maison, j'ai pris de mepromate et j'ai réussi à m'endormir. Depuis, je me sens épuisée.
Fatiguée de quoi? De ma fureur passée? Des nuits mal dormis? Je ne crois pas qu'elle est dû aux métres nagés, tranquillement. Je suis sortie, malgré tout pour admirer mes crocus, de quatre, maintenant déjà douze! et aussi découvrir celles de mes voisins de numéro 18, et même, acheter quelques fruits pour m'obliger d'aller plus loin.
Madame Filipetto est revenue de sa soeur en mauvais état, fatiguée et grossie. Hier, c'était l'anniversaire de l'enterrement de son fils et la semaine prochaine ils signeront la vent de sa maison; Il y a juste un an et cela me parait si loin! Elle est venu chez moi, n'arrive plus à téléphoner seule de chez elle, puis je suis allée la visiter et boire un café et finalement, acceptée qu'elle m'offre un tranche de pain.
"Je ne crois pas que je passerai l'année" était encore moins déchirant que "Je n'ai pas eu de poupée dans mon enfance, pourtant, ma maraine m'en avait offerte une très belle avec une jolie robe et des cheuveux et les yeux s'ouvrant et se fermant. Mais ma mère avait peur que je l'abîme et l'a mise de côté. Ensuite, elle l'a offerte à la fille d'une cousine." Quelle douleur et nostalgie sortant après plus de 80 années!
"Je n'ai plus aucun papier, ma soeur a tout prise. Elle arrache aussi les timbres. Pris le termomètre que j'avais sur le mur." Puis elle ajouta: "vrai, je n'arrive plus à lire". C'est pour cela que sa soeur a pris aussi son chequier et ne lui laisse plus que le minimum d'argent? C'est presque comme dans la pièce "Jeux des dames" où la femme des oeuvres portait du poireaux chez les vieux et leur prenait les sous "pour qu'ils ne le dépensent pas aux sucreries, mauvais pour eux.
Ne pas avoir le droit à jouer avec la seule poupée qu'elle avait jamais reçu, serait au passé, mais il y a trois ans j'ai eu des enfants me racontant que leur mère cacha le livre reçu au dessus l'armoire pour qu'ils ne le salissent pas, ne le déchirent pas. Ils ne pouvaient non plus le feuilleter, le regarder comme font mes petits enfants. Et cela se passaient dans le banlieu parisien, dans le présent et non pas dans les montagnes près de la frontière entre la France et l'Italie, il y a 90 ans.
Mes enfants éduquent bien leurs enfants, et j'ai vraiment peu des choses "à dire", mais se voir interdire d'aérer ce qui est en nous, ce qui nous pèse est fatiguant. Se sentir, comme une des victimes de la guerre. Est-ce la raison de ma fatigue, maintenant? Ou le rencontre avec MH et ma discussion avec lui? Espérences décus? Qu'avais-je espéré? Quelqu'un d'autre avec qui discuter, échanger. De temps en temps, sortir de mon trou.
Bon, je me mets à lire la suite de "TOI", plus je lis, plus je déteste son auteur. Comme une autobiographie, écrite pour accuser l'autre peut être revelateur!
Que dit mon journal de moi?
Un dégel. Un faux printemps. Faux?
Les crocus bleus lilas et jaunes de mon petit jardon ont sorti leur tête.
Un dégel? Vrai? J'espère que cela est général.
Et pour moi? Qu'appportera ce printemps?
Je dois sortir, bouger davantage. Dimanche, j'ai nagé 600 mètres, c'est bien, mais trop sporadique et ni hier ni avant hier je n'ai pas marché assez longtemps.
J'ai lu deux bons livres, j'ai travaillé. Le tout, surtout assise. Et léché mes blessures. () Reproches, que je fais trop d'observations de l'éducation de mes petits enfants. Que j'en ai fait trop la semaine que je me suis occupée de ma petite fille. Je n'ai eu avec moi aucun tranquilisant, et sur le moment, une fureur m'a envahi. Ensuite, nous avons mangé de la crêpe en famille. Arrivée à la maison, j'ai pris de mepromate et j'ai réussi à m'endormir. Depuis, je me sens épuisée.
Fatiguée de quoi? De ma fureur passée? Des nuits mal dormis? Je ne crois pas qu'elle est dû aux métres nagés, tranquillement. Je suis sortie, malgré tout pour admirer mes crocus, de quatre, maintenant déjà douze! et aussi découvrir celles de mes voisins de numéro 18, et même, acheter quelques fruits pour m'obliger d'aller plus loin.
Madame Filipetto est revenue de sa soeur en mauvais état, fatiguée et grossie. Hier, c'était l'anniversaire de l'enterrement de son fils et la semaine prochaine ils signeront la vent de sa maison; Il y a juste un an et cela me parait si loin! Elle est venu chez moi, n'arrive plus à téléphoner seule de chez elle, puis je suis allée la visiter et boire un café et finalement, acceptée qu'elle m'offre un tranche de pain.
"Je ne crois pas que je passerai l'année" était encore moins déchirant que "Je n'ai pas eu de poupée dans mon enfance, pourtant, ma maraine m'en avait offerte une très belle avec une jolie robe et des cheuveux et les yeux s'ouvrant et se fermant. Mais ma mère avait peur que je l'abîme et l'a mise de côté. Ensuite, elle l'a offerte à la fille d'une cousine." Quelle douleur et nostalgie sortant après plus de 80 années!
"Je n'ai plus aucun papier, ma soeur a tout prise. Elle arrache aussi les timbres. Pris le termomètre que j'avais sur le mur." Puis elle ajouta: "vrai, je n'arrive plus à lire". C'est pour cela que sa soeur a pris aussi son chequier et ne lui laisse plus que le minimum d'argent? C'est presque comme dans la pièce "Jeux des dames" où la femme des oeuvres portait du poireaux chez les vieux et leur prenait les sous "pour qu'ils ne le dépensent pas aux sucreries, mauvais pour eux.
Ne pas avoir le droit à jouer avec la seule poupée qu'elle avait jamais reçu, serait au passé, mais il y a trois ans j'ai eu des enfants me racontant que leur mère cacha le livre reçu au dessus l'armoire pour qu'ils ne le salissent pas, ne le déchirent pas. Ils ne pouvaient non plus le feuilleter, le regarder comme font mes petits enfants. Et cela se passaient dans le banlieu parisien, dans le présent et non pas dans les montagnes près de la frontière entre la France et l'Italie, il y a 90 ans.
Mes enfants éduquent bien leurs enfants, et j'ai vraiment peu des choses "à dire", mais se voir interdire d'aérer ce qui est en nous, ce qui nous pèse est fatiguant. Se sentir, comme une des victimes de la guerre. Est-ce la raison de ma fatigue, maintenant? Ou le rencontre avec MH et ma discussion avec lui? Espérences décus? Qu'avais-je espéré? Quelqu'un d'autre avec qui discuter, échanger. De temps en temps, sortir de mon trou.
Bon, je me mets à lire la suite de "TOI", plus je lis, plus je déteste son auteur. Comme une autobiographie, écrite pour accuser l'autre peut être revelateur!
Que dit mon journal de moi?
Poèmes, traductions
J'ai acheté hier Adi Entrö, des vers hongrois et vis à vis des traductions français. Il est un des poètes hongrois le plus difficile à traduire, tout ou presque est dans les sons chez lui.
Oui, ça sonne merveilleusement bien en Hongrois, mais quelle tristesse, pessimisme et spleen!
Il écrivait à Paris, auto exilé, enfuis pour se rapprocher de sa maîtresse mariée. "Sa muse, Léda". A qui, d'après ses propres dire, n'était même pas fidèle. Sauf, dans l'esprit.
Ses vers-ci, maman l'avait cité tant de fois, pensant que c'était dites de son mari.
"Csokjaimat szedtem, vettem,
Hiven sohase szerettem.
Ha esküdtem s majd meghaltam:
Legjobb asszonyom megcsaltam."
En traduction rapide:
Mes baisers, je les cueillais, jetais,
Je n'ai jamais fidèlement aimé.
Quand j'ai fait des serments prête à mourir,
Ma meilleure femme je l'ai trompé.
et puis aussi:
Quand j'offris mon corps et âme
Je cherchais mais rien trouvé
Mes baisers j'ai cueillais, achetais,
Fidèlement, jamais aimé.
Et encore:
Mots chauds, baisers hasardeux
Et des instants
Pour lesquels vivre valait
Tant que je suis
Souvenez-vous de moi.
Sonne horrible en français, pourtant en hongrois...
"De, jaj, nem tudok igy maradni,
Szeretném magam megmutatni,
Hogy làtva làssanak,
Hogy làtva làssanak."
(technique de l'incantation?)
"Mais hélas, je ne peux rester ainsi,
Je voudrais me montrer,
Pour qu'on me voit
Pour qu'on me VOIT"
ou alors
"Hélas, je ne sais pas rester lointain,
Je voudrais tellement me montrer,
Pour qu'on me voit vraiment
Pour qu'on me voit vraiment"
Traduit par Armand Robin ainsi:
"Hélas, je ne sais pas ainsi rester,
J'ai envie que mon être soi manifesté,
Pour que me voit que voit
Que me voit que voit."
Encore pire, d'après moi.
Puis il dit quelque part: tout vient de là, j'aimerai qu'on m'aime, Pàskàndi Geza au dû s'en inspirer, il avait ajouté en plus "j'aimerai qu'on m'aime comme m'a mère m'aimait"
"Je sais déjà, juste ces vingt quatre heures,
Après aujourd'hui, pire ne m'arrivera pas
Mais le maintenant s'allonge de plus en plus"
"Bien que blanche comme neige
Je me soulerai, je te salirai
Vainement tu me tente virginale.
Je t'ordonnerai devant moi
Ton ombre de blanc drapé
De mon âme je te réveillerai
En vain flotteras-tu tremblant, peureuse
Je t'éclabousserai avec mon encre
Avec sang, avec des larmes et l'amertume.
Tu trembles vainement, vainement:
Je te tacherai de soupçons et d'accusations,
Te flagellerai avec furieux ortilles.
Puis dans l'air flottant triste et amourseuse
Je rirai de ton ombre vagabondant
Je soufflerai vers elle: va-t-en, je te renvois."
(ma traduction)
Oui, ça sonne merveilleusement bien en Hongrois, mais quelle tristesse, pessimisme et spleen!
Il écrivait à Paris, auto exilé, enfuis pour se rapprocher de sa maîtresse mariée. "Sa muse, Léda". A qui, d'après ses propres dire, n'était même pas fidèle. Sauf, dans l'esprit.
Ses vers-ci, maman l'avait cité tant de fois, pensant que c'était dites de son mari.
"Csokjaimat szedtem, vettem,
Hiven sohase szerettem.
Ha esküdtem s majd meghaltam:
Legjobb asszonyom megcsaltam."
En traduction rapide:
Mes baisers, je les cueillais, jetais,
Je n'ai jamais fidèlement aimé.
Quand j'ai fait des serments prête à mourir,
Ma meilleure femme je l'ai trompé.
et puis aussi:
Quand j'offris mon corps et âme
Je cherchais mais rien trouvé
Mes baisers j'ai cueillais, achetais,
Fidèlement, jamais aimé.
Et encore:
Mots chauds, baisers hasardeux
Et des instants
Pour lesquels vivre valait
Tant que je suis
Souvenez-vous de moi.
Sonne horrible en français, pourtant en hongrois...
"De, jaj, nem tudok igy maradni,
Szeretném magam megmutatni,
Hogy làtva làssanak,
Hogy làtva làssanak."
(technique de l'incantation?)
"Mais hélas, je ne peux rester ainsi,
Je voudrais me montrer,
Pour qu'on me voit
Pour qu'on me VOIT"
ou alors
"Hélas, je ne sais pas rester lointain,
Je voudrais tellement me montrer,
Pour qu'on me voit vraiment
Pour qu'on me voit vraiment"
Traduit par Armand Robin ainsi:
"Hélas, je ne sais pas ainsi rester,
J'ai envie que mon être soi manifesté,
Pour que me voit que voit
Que me voit que voit."
Encore pire, d'après moi.
Puis il dit quelque part: tout vient de là, j'aimerai qu'on m'aime, Pàskàndi Geza au dû s'en inspirer, il avait ajouté en plus "j'aimerai qu'on m'aime comme m'a mère m'aimait"
"Je sais déjà, juste ces vingt quatre heures,
Après aujourd'hui, pire ne m'arrivera pas
Mais le maintenant s'allonge de plus en plus"
"Bien que blanche comme neige
Je me soulerai, je te salirai
Vainement tu me tente virginale.
Je t'ordonnerai devant moi
Ton ombre de blanc drapé
De mon âme je te réveillerai
En vain flotteras-tu tremblant, peureuse
Je t'éclabousserai avec mon encre
Avec sang, avec des larmes et l'amertume.
Tu trembles vainement, vainement:
Je te tacherai de soupçons et d'accusations,
Te flagellerai avec furieux ortilles.
Puis dans l'air flottant triste et amourseuse
Je rirai de ton ombre vagabondant
Je soufflerai vers elle: va-t-en, je te renvois."
(ma traduction)
Continuation, sur autre sujet
J'ai donné le Derrière le Rideau de Fer à corriger à Marie, en plus de revoir le texte, elle fera une introduction et m'aidera à la faire publier. Peut-être, cette fois... Inch Alah. Il est plus ronde avec les ajouts qu'il y a huit ans et plus corrigé, plus authentique aussi ainsi.
---
Rendre 400 prisoniers à la place de 4 cadavres, probablement suppliciés, est-ce bien? Mais il y a un homme d'affaires ou colonel aussi, lui, bien vivant. Enfin. Ils devaient savoir ce qu'ils font. Domage que Rabin ne soit plus là, la paix revenue. Sharon fait plein des bêtises, hélas.
---
Il a neigé cette nuit, mon jardin est couverte et tout blanc.
Je passerai aujourd'hui avec ma petite fille, encore fiévreuse malheureusement. Elle était hier toute la journée dans une légère robe de princesse et sans pull: moi j'avais froid même avec mon pull au col roulé. () Je ne suis que la grande mère, des cinq.
Ma fille ne m'a pas appelé, ai-je écrit dans ma réponse quelque chose la heurtant? Ou alors, elle me répondra, elle aussi par écrit? C'est quand même autre chose que les email ou la voix qui chauffe le coeur, puis s'envole.
Il n'est pas encore six et demi de matin. Comment irais-je chez eux ce matin? A pieds dans le neige glissant? S'il ne glissait plus, ça ira. Je n'ai pas envie de ma lancer en voiture.
J'ai envie de quelques jours de dépaysament, des vacances. Ils ont besoin de moi ici, mais peut-être une semaine ils peuvent s'arranger. Et moi, avec une bouffée d'air, quelque chose de nouveau, je me renouvellerai.
Où aller?
Seville? Batyam? Maroc?
Pas à la neige, mais trop de soleil me fait mal aussi. Pas à Nice non plus. A Capri ou à Naples? Quel est le point le plus Sud de la Communauté Européenne? Ou alors dans une île, une ancienne colonie française? Visiter une musée? Me plonger dans une bibliothèque?
Non, il me faudra un peu plus de l'air. San Francisco, San Diego son trop loin, les îles aussi, je ne veux passer mon temps en avion ou à m'habituer à une grande différence de temps. Mais une ville, un lieu où c'est le printemps.
J'aime l'hiver, mais je ne suis plus préparée: mon manteau chaud d'hiver s'est désintegré, je n'ai plus des bottes ni des gants. Mes os sont fragiles, je crains de glisser, tomber, les casser ou fracturer.
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Rendre 400 prisoniers à la place de 4 cadavres, probablement suppliciés, est-ce bien? Mais il y a un homme d'affaires ou colonel aussi, lui, bien vivant. Enfin. Ils devaient savoir ce qu'ils font. Domage que Rabin ne soit plus là, la paix revenue. Sharon fait plein des bêtises, hélas.
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Il a neigé cette nuit, mon jardin est couverte et tout blanc.
Je passerai aujourd'hui avec ma petite fille, encore fiévreuse malheureusement. Elle était hier toute la journée dans une légère robe de princesse et sans pull: moi j'avais froid même avec mon pull au col roulé. () Je ne suis que la grande mère, des cinq.
Ma fille ne m'a pas appelé, ai-je écrit dans ma réponse quelque chose la heurtant? Ou alors, elle me répondra, elle aussi par écrit? C'est quand même autre chose que les email ou la voix qui chauffe le coeur, puis s'envole.
Il n'est pas encore six et demi de matin. Comment irais-je chez eux ce matin? A pieds dans le neige glissant? S'il ne glissait plus, ça ira. Je n'ai pas envie de ma lancer en voiture.
J'ai envie de quelques jours de dépaysament, des vacances. Ils ont besoin de moi ici, mais peut-être une semaine ils peuvent s'arranger. Et moi, avec une bouffée d'air, quelque chose de nouveau, je me renouvellerai.
Où aller?
Seville? Batyam? Maroc?
Pas à la neige, mais trop de soleil me fait mal aussi. Pas à Nice non plus. A Capri ou à Naples? Quel est le point le plus Sud de la Communauté Européenne? Ou alors dans une île, une ancienne colonie française? Visiter une musée? Me plonger dans une bibliothèque?
Non, il me faudra un peu plus de l'air. San Francisco, San Diego son trop loin, les îles aussi, je ne veux passer mon temps en avion ou à m'habituer à une grande différence de temps. Mais une ville, un lieu où c'est le printemps.
J'aime l'hiver, mais je ne suis plus préparée: mon manteau chaud d'hiver s'est désintegré, je n'ai plus des bottes ni des gants. Mes os sont fragiles, je crains de glisser, tomber, les casser ou fracturer.
28 janvier 2004
Il y a 38 ans, à l'hôpital de Ham, naissait un petit bout de choux, devenu rapidement tout jaune et ayant des cheveux abondants - noirs! J'étais contente: le seul bébé ayant la jaunisse, on ne pouvait pas le confondre. Le lendemain, on le mit près de moi dans un petit berceaux transparent.
Les cheveux noirs hirsutes tombés, la jaunisse passé, après une courte période chauve, un bébé rose avec des cheveux tout blonds est paru, contant du monde et de sa maman. Après seulement trois semaines, il dormait toute la nuit, ayant autant de lait maternelle qu'il souhaitait à chaque fois.
Une fois, très peu, il se rattrapait la prochaine fois, je ne le faisais attendre les trois ou quatre heures formelles. Peut-être que c'est depuis ce moment-là que dure notre bon entente...
Depuis lors, son père n'avait plus dormi (je ne parle pas de faire sexe) avec moi, en me disant: il me réveille le nuit et moi j'ai besoin de mon sommeil, et il déménagea dans le salon. Il n'est pas revenu, dormir près de moi, même quand un peu grandi, j'ai déplacé mon fils pour la nuit dans la chambre de ma fille, en haut. Comme c'était juste au dessus de la chambre à coucher, s'il pleurait, j'entendais. Il n'a pas pleuré longtemps, ni souvent. (2007 ajout: Ma fille, récemment, m'a dit d'avoir des souvenirs contraires, elle avait 4 ans et demi à l'époque.) Avec le deuxième enfant j'étais plus détendue, plus sûre de moi et je ne me laissas plus diriger par Sandou, mais par mon propre instinct.
Il y a 38 ans. Comme le temps passe!
Les cheveux noirs hirsutes tombés, la jaunisse passé, après une courte période chauve, un bébé rose avec des cheveux tout blonds est paru, contant du monde et de sa maman. Après seulement trois semaines, il dormait toute la nuit, ayant autant de lait maternelle qu'il souhaitait à chaque fois.
Une fois, très peu, il se rattrapait la prochaine fois, je ne le faisais attendre les trois ou quatre heures formelles. Peut-être que c'est depuis ce moment-là que dure notre bon entente...
Depuis lors, son père n'avait plus dormi (je ne parle pas de faire sexe) avec moi, en me disant: il me réveille le nuit et moi j'ai besoin de mon sommeil, et il déménagea dans le salon. Il n'est pas revenu, dormir près de moi, même quand un peu grandi, j'ai déplacé mon fils pour la nuit dans la chambre de ma fille, en haut. Comme c'était juste au dessus de la chambre à coucher, s'il pleurait, j'entendais. Il n'a pas pleuré longtemps, ni souvent. (2007 ajout: Ma fille, récemment, m'a dit d'avoir des souvenirs contraires, elle avait 4 ans et demi à l'époque.) Avec le deuxième enfant j'étais plus détendue, plus sûre de moi et je ne me laissas plus diriger par Sandou, mais par mon propre instinct.
Il y a 38 ans. Comme le temps passe!
fin 26 janvier 2004
Julie, écoute davantage tes petits enfants! Hier, je me suis rendu compte à temps, que j'avais envoyé David, la deuxième fois qu'il était revenu, au lit, sans sa sucette qu'il avait laissé au bord de la baignoire. Tous les deux! Pouvais-je savoir? J'aurais dû aller lui demander plus rapidement pourquoi il pleurait. Ce qui m'étonne en réalité, c'est quand ils m'obéissent.
Je les aime tant! même si des fois je ne suis pas assez patiente ou assez à leur écoute.
Hier soir, je leur avait laissé une demie heure de plus à jouer avec le Macintosh, dessiner avec Kid Pix: ils n'étaient pas fatigués et ils étaient tellement enchantés avec leur dessin! Chacun, pour sa tranche d'âge, devient plus adroit.
Ensuite, je considérais "assez". Gabrielle s'est endormie aussitôt, comme elle ne dort plus à l'école maternelle, mais David non. La prochaine fois, Julie, tu auras plus de patience, tu prêteras l'oreille plus attentif.
Je les aime tant! même si des fois je ne suis pas assez patiente ou assez à leur écoute.
Hier soir, je leur avait laissé une demie heure de plus à jouer avec le Macintosh, dessiner avec Kid Pix: ils n'étaient pas fatigués et ils étaient tellement enchantés avec leur dessin! Chacun, pour sa tranche d'âge, devient plus adroit.
Ensuite, je considérais "assez". Gabrielle s'est endormie aussitôt, comme elle ne dort plus à l'école maternelle, mais David non. La prochaine fois, Julie, tu auras plus de patience, tu prêteras l'oreille plus attentif.
Sur mensonges et vérités
C'est d'un livre (ou était-ce un article d'un magazine?) que j'ai appris la bonne méthode à bien inventer, fabuler, mentir. La même que pour écrire crédiblement de la fiction: ajouter au mensonge des vrais petits détails.
En plus, de moi, les gens ne s'attendent pas "à ça", ce qui facilite la tâche - quand il devient vraiment nécessaire à l'utiliser.
Ma première grande mensonge, savamment construite (mensonge ou déception?) était envers mes parents, mais surtout à cause de papa, à mes 25 ans pour me permettre passer des vacances avec mon premier amant, Sandou, à la compagne. Dix merveilleuses journées (et nuits). Papa s'est laissé borner complètement. A maman, le lendemain de mon retour, j'ai avoué. Tout. Les vacances, mais aussi nos amours. Elle, après seulement quelques heures de choc pour digérer que sa petite fille est devenu femme, m'a compris et accepté. "Mais surtout ne dis rien à Pista!" Il n'avait rien sû sur nos vacances.
Sandou avait à l'époque 26 ans et moi 25, pourtant nous nous sentions comme de 15 et 16 ans, en famille on nous traitait encore comme telle.
La vie à sauver était la mienne après qu'on m'avait interdit d'obtenir mon diplôme et de travailler, comme chercheur, mais même comme main d'oeuvre, tout en ne sachant pas quand, si jamais, on nous donnerait le droit de sortir du pays.
Le prochaine mensonge construit, grand, était envers ma tante qui m'avait trahi, de amie elle était devenue ennemi. Elle faisait semblant de continuer à m'aimer et moi, j'ai fais semblant à être toujours l'amie qui se confie. Le lui mentis, juste après le décès de papa. Elle aussi, a tout avalée et bien sûr, comme je le pensais, tout raconté aux autres, ce que je voulais d'ailleurs. On m'a regardé dédaigneusement à l'enterrement, à la place de méfiance.
Moi, qui disais toujours tout ouvertement...
Bien sûr, quand votre entourage vous connaît honnête, sans ruse, cela aide à crédibiliser la mensonge. La grande, la nécessaire comme l'air.
Je n'ai pas menti (souvent) dans mon journal, c'est surtout que certaines choses je n'ai pas dit. Souvent, c'était trop lourd pour en parler plus qu'avec un mot que mon alter-ego comprenait bien. Autrefois, je ne voulais savoir moi-même, comme avec Paul, longtemps. Ou alors, ne voulant que maman, Sandou voient ce que j'écrirai, c'était surtout par omission. Ou pire, la Securitate en Roumanie ou même les SS hongrois ou allemands pendant la guerre.
J'ai trouvé affreux qu'on a pu confisquer les journaux intimes de madame Tiberi en France, marcher à pieds ainsi sur ses pensés intimes. Je n'aurais cru jusqu'alors que même ici!
Qu'on confisque et lit un livre imprimé pour accuser l'auteur c'est déjà affreux, mais les cahiers intimes!
Touiller dans les pensées écrits pour soi!
Si jamais je "me confie" sur des choses que je considère, moi, intimes, vraiment secrets, il sera en fiction et tiré de cheveux, exagéré, déformé, dramatisé - comme il sied à la fiction. Ici, un léger allusion suffit à moi, réveillant le reste. Quand je sens l'envie. Sinon, même pas cela.
En fiction, un grain de vérité et des détails fausses ou vraies, mais vraisemblables et on se demande ensuite: et maintenant? que va-t-il ou elle faire, penser? et le récit se déroule devant soi, on le laisse venir.
En non-fiction, on tâche se tenir à plus près du réelle, mais il y a tellement des facettes dans une vie! Même si on décrit ce qu'on fait (c'est rare) heure à heure, et les pensés? et les sentiments? et les contradictions? et ce que l'inconscient nous cache sur le moment?
Je n'ai pas osé mettre le nom de Elena Ceusescu dans mes journaux, jusque après son exécution. Ignoble, mais justifié d'après moi. Mensonge? Pour sauver ma vie? Je la ressentie comme telle: mieux vaut ne pas en parler. Dans le temps, j'avais commencé une fiction pour en parler, mais même cela je n'ai pas réussi à la continuer. Je la considérais, et je suis convaincue avec raison, elle et ses amis, son entourage, dangereux. Plus que les nazis, elle était méchante et se vengeant de moindre tort perçu. Dangereuse.
Qu'avais-je pensé de ce simulacre de procès qu'on nous avait transmis, des bouts, à la télévision? C'était un simulacre, mais nécessaire dans la situation dangereuse et volatile, ce fut bien sûr encore plus utile surtout pour ceux qui voulaient prendre sa place. Après leur execution, j'ai commencé à me sentir libérée.
Avec précaution, mais je pouvais enfin en parler de ce qui m'était arrivé à cause d'elle, sans me faire écraser, comme par hasard, par une voiture. Ca, c'était une des spécialités des roumains à l'époque communiste.
D'ailleurs, il ne faut pas en écraser des centaines pour qu'on le sache, en tient compte, et, si c'est suffisant, ferme sa bouche (et plume).
Mensonge par omission: sauver sa vie.
En lisant l'autobiographie "TOI" de cette femme amère, se révélant de plus en plus désagréable, je me rends compte que trop et trop - pour le lecteur. Et si j'ai envie d'écrire de certaines choses, je peux en forme de fiction qu'on le lise ou non, dans lequel on fait l'inverse: on peut noyer les vérités, les détails vraies, dans l'invention.
Si je crois que certaines actions ou événements passés peuvent servir comme leçon à un autre, à d'autres, j'ai qu'à les décrire dans un contexte qui parait naturelle. Peut-être, un jour j'écrirai ce roman d'épouvante ou policière auquel je songe depuis une dizaine d'années. Sinon, cela vaut dire que ce n'est pas aussi important pour moi, d'en parler de ce période-là de mon existence.
En plus, de moi, les gens ne s'attendent pas "à ça", ce qui facilite la tâche - quand il devient vraiment nécessaire à l'utiliser.
Ma première grande mensonge, savamment construite (mensonge ou déception?) était envers mes parents, mais surtout à cause de papa, à mes 25 ans pour me permettre passer des vacances avec mon premier amant, Sandou, à la compagne. Dix merveilleuses journées (et nuits). Papa s'est laissé borner complètement. A maman, le lendemain de mon retour, j'ai avoué. Tout. Les vacances, mais aussi nos amours. Elle, après seulement quelques heures de choc pour digérer que sa petite fille est devenu femme, m'a compris et accepté. "Mais surtout ne dis rien à Pista!" Il n'avait rien sû sur nos vacances.
Sandou avait à l'époque 26 ans et moi 25, pourtant nous nous sentions comme de 15 et 16 ans, en famille on nous traitait encore comme telle.
La vie à sauver était la mienne après qu'on m'avait interdit d'obtenir mon diplôme et de travailler, comme chercheur, mais même comme main d'oeuvre, tout en ne sachant pas quand, si jamais, on nous donnerait le droit de sortir du pays.
Le prochaine mensonge construit, grand, était envers ma tante qui m'avait trahi, de amie elle était devenue ennemi. Elle faisait semblant de continuer à m'aimer et moi, j'ai fais semblant à être toujours l'amie qui se confie. Le lui mentis, juste après le décès de papa. Elle aussi, a tout avalée et bien sûr, comme je le pensais, tout raconté aux autres, ce que je voulais d'ailleurs. On m'a regardé dédaigneusement à l'enterrement, à la place de méfiance.
Moi, qui disais toujours tout ouvertement...
Bien sûr, quand votre entourage vous connaît honnête, sans ruse, cela aide à crédibiliser la mensonge. La grande, la nécessaire comme l'air.
Je n'ai pas menti (souvent) dans mon journal, c'est surtout que certaines choses je n'ai pas dit. Souvent, c'était trop lourd pour en parler plus qu'avec un mot que mon alter-ego comprenait bien. Autrefois, je ne voulais savoir moi-même, comme avec Paul, longtemps. Ou alors, ne voulant que maman, Sandou voient ce que j'écrirai, c'était surtout par omission. Ou pire, la Securitate en Roumanie ou même les SS hongrois ou allemands pendant la guerre.
J'ai trouvé affreux qu'on a pu confisquer les journaux intimes de madame Tiberi en France, marcher à pieds ainsi sur ses pensés intimes. Je n'aurais cru jusqu'alors que même ici!
Qu'on confisque et lit un livre imprimé pour accuser l'auteur c'est déjà affreux, mais les cahiers intimes!
Touiller dans les pensées écrits pour soi!
Si jamais je "me confie" sur des choses que je considère, moi, intimes, vraiment secrets, il sera en fiction et tiré de cheveux, exagéré, déformé, dramatisé - comme il sied à la fiction. Ici, un léger allusion suffit à moi, réveillant le reste. Quand je sens l'envie. Sinon, même pas cela.
En fiction, un grain de vérité et des détails fausses ou vraies, mais vraisemblables et on se demande ensuite: et maintenant? que va-t-il ou elle faire, penser? et le récit se déroule devant soi, on le laisse venir.
En non-fiction, on tâche se tenir à plus près du réelle, mais il y a tellement des facettes dans une vie! Même si on décrit ce qu'on fait (c'est rare) heure à heure, et les pensés? et les sentiments? et les contradictions? et ce que l'inconscient nous cache sur le moment?
Je n'ai pas osé mettre le nom de Elena Ceusescu dans mes journaux, jusque après son exécution. Ignoble, mais justifié d'après moi. Mensonge? Pour sauver ma vie? Je la ressentie comme telle: mieux vaut ne pas en parler. Dans le temps, j'avais commencé une fiction pour en parler, mais même cela je n'ai pas réussi à la continuer. Je la considérais, et je suis convaincue avec raison, elle et ses amis, son entourage, dangereux. Plus que les nazis, elle était méchante et se vengeant de moindre tort perçu. Dangereuse.
Qu'avais-je pensé de ce simulacre de procès qu'on nous avait transmis, des bouts, à la télévision? C'était un simulacre, mais nécessaire dans la situation dangereuse et volatile, ce fut bien sûr encore plus utile surtout pour ceux qui voulaient prendre sa place. Après leur execution, j'ai commencé à me sentir libérée.
Avec précaution, mais je pouvais enfin en parler de ce qui m'était arrivé à cause d'elle, sans me faire écraser, comme par hasard, par une voiture. Ca, c'était une des spécialités des roumains à l'époque communiste.
D'ailleurs, il ne faut pas en écraser des centaines pour qu'on le sache, en tient compte, et, si c'est suffisant, ferme sa bouche (et plume).
Mensonge par omission: sauver sa vie.
En lisant l'autobiographie "TOI" de cette femme amère, se révélant de plus en plus désagréable, je me rends compte que trop et trop - pour le lecteur. Et si j'ai envie d'écrire de certaines choses, je peux en forme de fiction qu'on le lise ou non, dans lequel on fait l'inverse: on peut noyer les vérités, les détails vraies, dans l'invention.
Si je crois que certaines actions ou événements passés peuvent servir comme leçon à un autre, à d'autres, j'ai qu'à les décrire dans un contexte qui parait naturelle. Peut-être, un jour j'écrirai ce roman d'épouvante ou policière auquel je songe depuis une dizaine d'années. Sinon, cela vaut dire que ce n'est pas aussi important pour moi, d'en parler de ce période-là de mon existence.
26 janvier 2004
Bientôt, l'anniversaire de Ionel. Il travaille, il rend chaque jour plus agréable son logement, il découvre qu'il aime les salades, il marche, il rencontre les gens.
Gens? Dit-on "gens" ou "autres" ou personnes?
A la maison, je n'ai pas de télé et j'écoute rarement le radio. Dans la voiture, oui, je m'instruis tout en conduisant, écoute les nouvelles et de la musique, de la culture, un peu de tout. En revenant à la maison de Paris, j'ai entendu les propos d'un écrivain (femme) ayant écrit, entre autres, un livre pour les enfants sur la "mensonge".
On apprend aux enfants à ne pas mentir, disait-elle, mais la mensonge est nécessaire, il peut sauver des vies.
Sauver la vie. Mensonge.
Faux identités. Nazis, juifs, la guerre.
Dès le début de mon journal, commencé sous les obus russes, sous péril nazi, j'avais hésité en énumérant ceux entassés côte à côte dans la cave où nous vivions. Puis j'y ai mis nos noms d'emprunt "mentant". Contribuant ainsi à ne pas mettre en péril nos vies si on lisait ce que j'y avais mise.
- Mais nous sommes Calvinistes, maman!
- Oui, mais grand-mère et sa mère ne le sont pas. Il suffit d'avoir un seul grand parent juif pour en être considéré...
- Oh.
Je savais que grand-mère était juive, elle allumait chaque vendredi soir une candélabre "au souvenir des morts chéris" me disait-elle. Je savais que Mamie, la grand-mère de maman était juive, elle mangeait "cacher" ou essayait au moins. Comme elle ne voyait plus depuis longtemps, plus de dix-huit ans, quelquefois ceux autour d'elle trichaient, puisqu'elle était la seule à tenir à cela. Mais je savais qu'elles étaient merveilleuses. A cause d'elles, me disais-je, nous devons mentir, alors, d'accord.
Non, je ne considérais même pas le changement de nos noms comme mensonge, au début de cette longue année-là, c'était comme un jeu pour moi. Avoir un autre nom, surtout un prénom différent était plus difficile pour papa et maman. Moi, je les appelais comme toujours "papa, maman" c'était eux qui devait s'habituer à ne plus me dire "Julika".
A la longue, je ne m'amusais plus. Il y avait pleines des choses qu'on ne devait pas faire, dire, et je restais à la maison à ne pas sortir plus loin que le pas de porte. D'accord, maman m'avait offert de bons livres, Kaestner et Jack London. Lus et relus.
Mentir, ruser, peut sauver la vie. Quelquefois, même étant ouverte, franc, c'est nécessaire. Comme l'eau et l'air.
Ce n'est pas facile à mentir quand on n'est pas Paul, qui en raffolait en fabulations et ne vivait que par cela, surtout pour se gonfler d'importance, ou Karmandi pour gagner plus et payer moins, ou même rien du tout. Ce n'est pas facile quand par caractère ou éducation on aime plutôt la franchise, le franc parler, trop, quelquefois manquant de tact. Ou être considérée naïve, pouvant être facilement trompée, en croyant à l'honnêteté et hélas, boniments, de l'autre.
C'est un livre - a continuer
Gens? Dit-on "gens" ou "autres" ou personnes?
A la maison, je n'ai pas de télé et j'écoute rarement le radio. Dans la voiture, oui, je m'instruis tout en conduisant, écoute les nouvelles et de la musique, de la culture, un peu de tout. En revenant à la maison de Paris, j'ai entendu les propos d'un écrivain (femme) ayant écrit, entre autres, un livre pour les enfants sur la "mensonge".
On apprend aux enfants à ne pas mentir, disait-elle, mais la mensonge est nécessaire, il peut sauver des vies.
Sauver la vie. Mensonge.
Faux identités. Nazis, juifs, la guerre.
Dès le début de mon journal, commencé sous les obus russes, sous péril nazi, j'avais hésité en énumérant ceux entassés côte à côte dans la cave où nous vivions. Puis j'y ai mis nos noms d'emprunt "mentant". Contribuant ainsi à ne pas mettre en péril nos vies si on lisait ce que j'y avais mise.
- Mais nous sommes Calvinistes, maman!
- Oui, mais grand-mère et sa mère ne le sont pas. Il suffit d'avoir un seul grand parent juif pour en être considéré...
- Oh.
Je savais que grand-mère était juive, elle allumait chaque vendredi soir une candélabre "au souvenir des morts chéris" me disait-elle. Je savais que Mamie, la grand-mère de maman était juive, elle mangeait "cacher" ou essayait au moins. Comme elle ne voyait plus depuis longtemps, plus de dix-huit ans, quelquefois ceux autour d'elle trichaient, puisqu'elle était la seule à tenir à cela. Mais je savais qu'elles étaient merveilleuses. A cause d'elles, me disais-je, nous devons mentir, alors, d'accord.
Non, je ne considérais même pas le changement de nos noms comme mensonge, au début de cette longue année-là, c'était comme un jeu pour moi. Avoir un autre nom, surtout un prénom différent était plus difficile pour papa et maman. Moi, je les appelais comme toujours "papa, maman" c'était eux qui devait s'habituer à ne plus me dire "Julika".
A la longue, je ne m'amusais plus. Il y avait pleines des choses qu'on ne devait pas faire, dire, et je restais à la maison à ne pas sortir plus loin que le pas de porte. D'accord, maman m'avait offert de bons livres, Kaestner et Jack London. Lus et relus.
Mentir, ruser, peut sauver la vie. Quelquefois, même étant ouverte, franc, c'est nécessaire. Comme l'eau et l'air.
Ce n'est pas facile à mentir quand on n'est pas Paul, qui en raffolait en fabulations et ne vivait que par cela, surtout pour se gonfler d'importance, ou Karmandi pour gagner plus et payer moins, ou même rien du tout. Ce n'est pas facile quand par caractère ou éducation on aime plutôt la franchise, le franc parler, trop, quelquefois manquant de tact. Ou être considérée naïve, pouvant être facilement trompée, en croyant à l'honnêteté et hélas, boniments, de l'autre.
C'est un livre - a continuer
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