Continuation, sur autre sujet

J'ai donné le Derrière le Rideau de Fer à corriger à Marie, en plus de revoir le texte, elle fera une introduction et m'aidera à la faire publier. Peut-être, cette fois... Inch Alah. Il est plus ronde avec les ajouts qu'il y a huit ans et plus corrigé, plus authentique aussi ainsi.
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Rendre 400 prisoniers à la place de 4 cadavres, probablement suppliciés, est-ce bien? Mais il y a un homme d'affaires ou colonel aussi, lui, bien vivant. Enfin. Ils devaient savoir ce qu'ils font. Domage que Rabin ne soit plus là, la paix revenue. Sharon fait plein des bêtises, hélas.
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Il a neigé cette nuit, mon jardin est couverte et tout blanc.

Je passerai aujourd'hui avec ma petite fille, encore fiévreuse malheureusement. Elle était hier toute la journée dans une légère robe de princesse et sans pull: moi j'avais froid même avec mon pull au col roulé. () Je ne suis que la grande mère, des cinq.

Ma fille ne m'a pas appelé, ai-je écrit dans ma réponse quelque chose la heurtant? Ou alors, elle me répondra, elle aussi par écrit? C'est quand même autre chose que les email ou la voix qui chauffe le coeur, puis s'envole.

Il n'est pas encore six et demi de matin. Comment irais-je chez eux ce matin? A pieds dans le neige glissant? S'il ne glissait plus, ça ira. Je n'ai pas envie de ma lancer en voiture.

J'ai envie de quelques jours de dépaysament, des vacances. Ils ont besoin de moi ici, mais peut-être une semaine ils peuvent s'arranger. Et moi, avec une bouffée d'air, quelque chose de nouveau, je me renouvellerai.

Où aller?

Seville? Batyam? Maroc?

Pas à la neige, mais trop de soleil me fait mal aussi. Pas à Nice non plus. A Capri ou à Naples? Quel est le point le plus Sud de la Communauté Européenne? Ou alors dans une île, une ancienne colonie française? Visiter une musée? Me plonger dans une bibliothèque?

Non, il me faudra un peu plus de l'air. San Francisco, San Diego son trop loin, les îles aussi, je ne veux passer mon temps en avion ou à m'habituer à une grande différence de temps. Mais une ville, un lieu où c'est le printemps.

J'aime l'hiver, mais je ne suis plus préparée: mon manteau chaud d'hiver s'est désintegré, je n'ai plus des bottes ni des gants. Mes os sont fragiles, je crains de glisser, tomber, les casser ou fracturer.

28 janvier 2004

Il y a 38 ans, à l'hôpital de Ham, naissait un petit bout de choux, devenu rapidement tout jaune et ayant des cheveux abondants - noirs! J'étais contente: le seul bébé ayant la jaunisse, on ne pouvait pas le confondre. Le lendemain, on le mit près de moi dans un petit berceaux transparent.

Les cheveux noirs hirsutes tombés, la jaunisse passé, après une courte période chauve, un bébé rose avec des cheveux tout blonds est paru, contant du monde et de sa maman. Après seulement trois semaines, il dormait toute la nuit, ayant autant de lait maternelle qu'il souhaitait à chaque fois.

Une fois, très peu, il se rattrapait la prochaine fois, je ne le faisais attendre les trois ou quatre heures formelles. Peut-être que c'est depuis ce moment-là que dure notre bon entente...

Depuis lors, son père n'avait plus dormi (je ne parle pas de faire sexe) avec moi, en me disant: il me réveille le nuit et moi j'ai besoin de mon sommeil, et il déménagea dans le salon. Il n'est pas revenu, dormir près de moi, même quand un peu grandi, j'ai déplacé mon fils pour la nuit dans la chambre de ma fille, en haut. Comme c'était juste au dessus de la chambre à coucher, s'il pleurait, j'entendais. Il n'a pas pleuré longtemps, ni souvent. (2007 ajout: Ma fille, récemment, m'a dit d'avoir des souvenirs contraires, elle avait 4 ans et demi à l'époque.) Avec le deuxième enfant j'étais plus détendue, plus sûre de moi et je ne me laissas plus diriger par Sandou, mais par mon propre instinct.

Il y a 38 ans. Comme le temps passe!

fin 26 janvier 2004

Julie, écoute davantage tes petits enfants! Hier, je me suis rendu compte à temps, que j'avais envoyé David, la deuxième fois qu'il était revenu, au lit, sans sa sucette qu'il avait laissé au bord de la baignoire. Tous les deux! Pouvais-je savoir? J'aurais dû aller lui demander plus rapidement pourquoi il pleurait. Ce qui m'étonne en réalité, c'est quand ils m'obéissent.

Je les aime tant! même si des fois je ne suis pas assez patiente ou assez à leur écoute.

Hier soir, je leur avait laissé une demie heure de plus à jouer avec le Macintosh, dessiner avec Kid Pix: ils n'étaient pas fatigués et ils étaient tellement enchantés avec leur dessin! Chacun, pour sa tranche d'âge, devient plus adroit.

Ensuite, je considérais "assez". Gabrielle s'est endormie aussitôt, comme elle ne dort plus à l'école maternelle, mais David non. La prochaine fois, Julie, tu auras plus de patience, tu prêteras l'oreille plus attentif.

Sur mensonges et vérités

C'est d'un livre (ou était-ce un article d'un magazine?) que j'ai appris la bonne méthode à bien inventer, fabuler, mentir. La même que pour écrire crédiblement de la fiction: ajouter au mensonge des vrais petits détails.

En plus, de moi, les gens ne s'attendent pas "à ça", ce qui facilite la tâche - quand il devient vraiment nécessaire à l'utiliser.

Ma première grande mensonge, savamment construite (mensonge ou déception?) était envers mes parents, mais surtout à cause de papa, à mes 25 ans pour me permettre passer des vacances avec mon premier amant, Sandou, à la compagne. Dix merveilleuses journées (et nuits). Papa s'est laissé borner complètement. A maman, le lendemain de mon retour, j'ai avoué. Tout. Les vacances, mais aussi nos amours. Elle, après seulement quelques heures de choc pour digérer que sa petite fille est devenu femme, m'a compris et accepté. "Mais surtout ne dis rien à Pista!" Il n'avait rien sû sur nos vacances.

Sandou avait à l'époque 26 ans et moi 25, pourtant nous nous sentions comme de 15 et 16 ans, en famille on nous traitait encore comme telle.

La vie à sauver était la mienne après qu'on m'avait interdit d'obtenir mon diplôme et de travailler, comme chercheur, mais même comme main d'oeuvre, tout en ne sachant pas quand, si jamais, on nous donnerait le droit de sortir du pays.

Le prochaine mensonge construit, grand, était envers ma tante qui m'avait trahi, de amie elle était devenue ennemi. Elle faisait semblant de continuer à m'aimer et moi, j'ai fais semblant à être toujours l'amie qui se confie. Le lui mentis, juste après le décès de papa. Elle aussi, a tout avalée et bien sûr, comme je le pensais, tout raconté aux autres, ce que je voulais d'ailleurs. On m'a regardé dédaigneusement à l'enterrement, à la place de méfiance.

Moi, qui disais toujours tout ouvertement...

Bien sûr, quand votre entourage vous connaît honnête, sans ruse, cela aide à crédibiliser la mensonge. La grande, la nécessaire comme l'air.

Je n'ai pas menti (souvent) dans mon journal, c'est surtout que certaines choses je n'ai pas dit. Souvent, c'était trop lourd pour en parler plus qu'avec un mot que mon alter-ego comprenait bien. Autrefois, je ne voulais savoir moi-même, comme avec Paul, longtemps. Ou alors, ne voulant que maman, Sandou voient ce que j'écrirai, c'était surtout par omission. Ou pire, la Securitate en Roumanie ou même les SS hongrois ou allemands pendant la guerre.

J'ai trouvé affreux qu'on a pu confisquer les journaux intimes de madame Tiberi en France, marcher à pieds ainsi sur ses pensés intimes. Je n'aurais cru jusqu'alors que même ici!

Qu'on confisque et lit un livre imprimé pour accuser l'auteur c'est déjà affreux, mais les cahiers intimes!

Touiller dans les pensées écrits pour soi!

Si jamais je "me confie" sur des choses que je considère, moi, intimes, vraiment secrets, il sera en fiction et tiré de cheveux, exagéré, déformé, dramatisé - comme il sied à la fiction. Ici, un léger allusion suffit à moi, réveillant le reste. Quand je sens l'envie. Sinon, même pas cela.

En fiction, un grain de vérité et des détails fausses ou vraies, mais vraisemblables et on se demande ensuite: et maintenant? que va-t-il ou elle faire, penser? et le récit se déroule devant soi, on le laisse venir.

En non-fiction, on tâche se tenir à plus près du réelle, mais il y a tellement des facettes dans une vie! Même si on décrit ce qu'on fait (c'est rare) heure à heure, et les pensés? et les sentiments? et les contradictions? et ce que l'inconscient nous cache sur le moment?

Je n'ai pas osé mettre le nom de Elena Ceusescu dans mes journaux, jusque après son exécution. Ignoble, mais justifié d'après moi. Mensonge? Pour sauver ma vie? Je la ressentie comme telle: mieux vaut ne pas en parler. Dans le temps, j'avais commencé une fiction pour en parler, mais même cela je n'ai pas réussi à la continuer. Je la considérais, et je suis convaincue avec raison, elle et ses amis, son entourage, dangereux. Plus que les nazis, elle était méchante et se vengeant de moindre tort perçu. Dangereuse.

Qu'avais-je pensé de ce simulacre de procès qu'on nous avait transmis, des bouts, à la télévision? C'était un simulacre, mais nécessaire dans la situation dangereuse et volatile, ce fut bien sûr encore plus utile surtout pour ceux qui voulaient prendre sa place. Après leur execution, j'ai commencé à me sentir libérée.

Avec précaution, mais je pouvais enfin en parler de ce qui m'était arrivé à cause d'elle, sans me faire écraser, comme par hasard, par une voiture. Ca, c'était une des spécialités des roumains à l'époque communiste.

D'ailleurs, il ne faut pas en écraser des centaines pour qu'on le sache, en tient compte, et, si c'est suffisant, ferme sa bouche (et plume).

Mensonge par omission: sauver sa vie.

En lisant l'autobiographie "TOI" de cette femme amère, se révélant de plus en plus désagréable, je me rends compte que trop et trop - pour le lecteur. Et si j'ai envie d'écrire de certaines choses, je peux en forme de fiction qu'on le lise ou non, dans lequel on fait l'inverse: on peut noyer les vérités, les détails vraies, dans l'invention.

Si je crois que certaines actions ou événements passés peuvent servir comme leçon à un autre, à d'autres, j'ai qu'à les décrire dans un contexte qui parait naturelle. Peut-être, un jour j'écrirai ce roman d'épouvante ou policière auquel je songe depuis une dizaine d'années. Sinon, cela vaut dire que ce n'est pas aussi important pour moi, d'en parler de ce période-là de mon existence.

26 janvier 2004

Bientôt, l'anniversaire de Ionel. Il travaille, il rend chaque jour plus agréable son logement, il découvre qu'il aime les salades, il marche, il rencontre les gens.

Gens? Dit-on "gens" ou "autres" ou personnes?

A la maison, je n'ai pas de télé et j'écoute rarement le radio. Dans la voiture, oui, je m'instruis tout en conduisant, écoute les nouvelles et de la musique, de la culture, un peu de tout. En revenant à la maison de Paris, j'ai entendu les propos d'un écrivain (femme) ayant écrit, entre autres, un livre pour les enfants sur la "mensonge".

On apprend aux enfants à ne pas mentir, disait-elle, mais la mensonge est nécessaire, il peut sauver des vies.

Sauver la vie. Mensonge.

Faux identités. Nazis, juifs, la guerre.

Dès le début de mon journal, commencé sous les obus russes, sous péril nazi, j'avais hésité en énumérant ceux entassés côte à côte dans la cave où nous vivions. Puis j'y ai mis nos noms d'emprunt "mentant". Contribuant ainsi à ne pas mettre en péril nos vies si on lisait ce que j'y avais mise.
- Mais nous sommes Calvinistes, maman!
- Oui, mais grand-mère et sa mère ne le sont pas. Il suffit d'avoir un seul grand parent juif pour en être considéré...
- Oh.
Je savais que grand-mère était juive, elle allumait chaque vendredi soir une candélabre "au souvenir des morts chéris" me disait-elle. Je savais que Mamie, la grand-mère de maman était juive, elle mangeait "cacher" ou essayait au moins. Comme elle ne voyait plus depuis longtemps, plus de dix-huit ans, quelquefois ceux autour d'elle trichaient, puisqu'elle était la seule à tenir à cela. Mais je savais qu'elles étaient merveilleuses. A cause d'elles, me disais-je, nous devons mentir, alors, d'accord.

Non, je ne considérais même pas le changement de nos noms comme mensonge, au début de cette longue année-là, c'était comme un jeu pour moi. Avoir un autre nom, surtout un prénom différent était plus difficile pour papa et maman. Moi, je les appelais comme toujours "papa, maman" c'était eux qui devait s'habituer à ne plus me dire "Julika".

A la longue, je ne m'amusais plus. Il y avait pleines des choses qu'on ne devait pas faire, dire, et je restais à la maison à ne pas sortir plus loin que le pas de porte. D'accord, maman m'avait offert de bons livres, Kaestner et Jack London. Lus et relus.

Mentir, ruser, peut sauver la vie. Quelquefois, même étant ouverte, franc, c'est nécessaire. Comme l'eau et l'air.

Ce n'est pas facile à mentir quand on n'est pas Paul, qui en raffolait en fabulations et ne vivait que par cela, surtout pour se gonfler d'importance, ou Karmandi pour gagner plus et payer moins, ou même rien du tout. Ce n'est pas facile quand par caractère ou éducation on aime plutôt la franchise, le franc parler, trop, quelquefois manquant de tact. Ou être considérée naïve, pouvant être facilement trompée, en croyant à l'honnêteté et hélas, boniments, de l'autre.

C'est un livre - a continuer

21 janvier 2004

J'espérais vivre jusqu'à la fin du siècle, en 1950, je n'avais jamais pensé à l'après. Cette date de 2004 me parait d'ailleurs très curieuse toujours. Bon, essayons ne pas réveiller les fantômes de chiffre 4: autre que le 1944, les autres années avec quatre ne m'ont apporté aucun chose spéciale et de toute façon je ne serais plus là en 2044.

Bien, oublie tout cela! Un jour, ça viendra, si tu as de la chance, subitement. Profite, d'ici-là.

Slava m'a appelée pour me demander à lire l'autobiographie de 400 pages "TOI" d'une femme d'origine polonaise. C'est vraiment intéressant comment par une phrase, des fois juste un adjectif, quelqu'un se révèle à travers son écriture.

Je ne suis pour le moment qu'à la page 70, mais je vois une être remplie de fiel, quelqu'un à éviter à tout prix. Bien que, dans certaines circonstances extérieures, elle parait me ressembler. Horrible! "Parait ressembler"? (J'avais écrit semble ressembler au début).

Elle s'est mariée, aimé, quelqu'un d'un autre classe et éducation qu'elle même. Elle aime voyager. Peut-être, la ressemblance s'arrête là. Elle est volage, avide de se trouver avec des célébrités et même prête à coucher à cause de cela. Elle accuse son mari à travailler trop et économiser l'argent et ne pas prendre assez des vacances, ensuite elle reproche à son amant de ne pas économiser, de prendre trop des vacances. Curieuse personnage. Mais ne sommes nous tous pleins de contradictions?

Ce livre écrit pour "survivre et accuser", en réalité, jusque maintenant au moins, devient davantage une auto accusation involontaire. J'espère, le mien, ne deviendra aussi amer à aucun moment. Il faudrait me relire, voir, analyser. Non pas pour cacher comme je suis et ce que je pense, mais si je devenais amère, pédaler à l'envers ou plutôt, comme disait mon amie Stéphanie "entrer sous la douche et laver toute la saleté de moi" pour courir de nouveau en avant sans tout ce poids.

J'ai déjà découverte pleines des choses que je dois à Sandou, en réalité à François aussi: j'ai appris grâce à nos différences beaucoup sur moi même. Nous avons fait des belles promenades. j'ai découverte Shuman et l'orgue, j'ai créé ou (co) une belle enseignement universitaire.

Dans les deux cas, j'ai aimé.

C'est bien d'aimer, d'avoir le plaisir de l'autre, près de soi. Le voir, le sentir, l'écouter. Se croire aimée et appréciée. Partager.

Aujourd'hui, je vais nager et marcher. Cette année, je dois maigrir, devenir plus saine. Mettre "ailleurs" une copie des journaux corrigés. Où? peut-être, les envoyer à Agnes. A Radu ou Alina au moins. Sur un CD ou DVD?

Hier, j'ai mis enfin un peu de temps à faire le ménage: le tapis persan pourpre est redevenu beau, le chemin avec carreaux devant la maison n'est plus glissant et tout la vaisselle est lavé, l'évier vide. Mais hier soir j'ai mangé une portion de riz en trop chez Ionel, avec eux. Je suis restée jusque deux heures et demi. De nuit, de matin?

J'admire le comportement de mon fils, je peux être rassurée, il saura se relever des coups durs, faire face. Et ma fille? Elle a eu des leçons amères, hélas, dans sa vie. Leur ai-je donné assez d'éducation, exemple, contre exemple? Ai-je été une bonne parente? Je l'espère.

19 janvier 2004

Les premiers cinq kilos sont partis de mon visage. Heureusement. Au lieu d’une face porcine de ces derniers temps, je retrouve enfin mon vrai visage, d’autrefois.

Bien sûr, je risque bientôt de trouver dans le miroir, que j’ose regarder de nouveau, des rides. Les rides n’existant pas jusque maintenant apparaitront. Et alors ? C’est normal à 70 ans (que j’aurais en cinq mois.)

Hier, vers quatre heures mon fils est venu me visiter. J’espère qu’il continuera venir. Il m’a apporté un lampadaire à halogène, l’a installé, puis parlé. () Il ira mercredi et jeudi à Londres, arranger un problème avec son chef de New York. Je te le dis seulement à toi. J’ai dis à tous que j’irai à New York et je n’irai plus, je ne dis plus rien d’avance. On verra.

Lutter pour ce qu’on veut obtenir, c’est important. Sortir d’hibernation, aussi. ()

Hier, Michel m’a appelé : il a réussi à activer son Office acheté en écoutant les indications téléphoniques. Bravo, Michel ! un pas dans le bon direction. Maintenant, la connexion de l’Internet et du disquette pour transférer ces fichiers du Macintosh.

J’ai eu de chance : mon système a reconnu automatiquement le lecteur Zip et l’imprimante. Pour le scanner, j’ai déchargé un programme web, j’ai dû seulement lui indiquer le bon emplacement. Pour le moment, tout marche.

Il ne faut pas crier trop tôt à la gloire ! Que se passera quand le modem arrive ? Courage, Julie.

Que veut dire « alter ego ? »

Est-ce que j’écris à un alter-ego ? Une autre facette de moi ? Est-ce cela ? Toujours « cela » alors, quand peut-on utiliser « ceci » ? Ceci est mon journal, alors pourquoi « cela » ? Ceci est mon écriture, alors ?

Michel, en train non seulement de lire, mais corriger et commenter aussi mon dernier journal. Il est mon critique positive, même ses critiques m’aident à progresser.

Hier midi, j’ai reçu deux livres sur l’écriture, ils se complètent. L’un est plus « groupe de l’écriture créatif » en général, mais avec des exercices nouvelles me stimulant à l’écriture. L’autre, sincère, plus sur le parcours de l’écriture d’un roman, écrit après une trentaine des années d’expérience du romancier ayant écrit le livre dont on a fait le film Rambo. « Mais moi, je voulais exprimer l’horreur de la guerre, pas le succès d’un perdant (underdog). Et il dit aussi : je suis de gauche, démocrate, et maintenant on me croit de droit à cause de ce qu’on a fait de ce film et ses suivants, non plus tirés de mes livres. » « J’avais écrit un livre, basé sur le scénario du Rambo 2 et 3, en l’étouffant, comme un défi. »

Dans son premier livre, il avait tué Rambo, l’ai fait tuer par son propre chef de bataillon d’une balle à la tête. Conflit qui le déchirait. Son père était mort à la 2e guerre mondiale. Il était mis dans un orphelinat à quatre ans. Sa mère l’a récupéré après son remariage avec un homme avec qui, l’auteur ne s’était jamais entendu. Il est devenu écrivain à force d’obstination et énormément de travail. Il a eu quelques mentors : figure de père.

« Chacun de nous a dans soi, très profondément, des sujets à lui, des récits voulant être écrits. »

Réfléchir ce que c’est, d’où ils arrivent.

Lui, c’était la relation père – fils. Conflictuel.

Moi ?

En creusant les deux romans déjà écrits, allant au-delà du surface (l’un érotique, l’autre sadique), apparaît d’abord l’incompréhension de viols, des russes à Budapest, la guerre, enfuie longtemps. Cela se passa en coulisse, loin de mes yeux, maman à échappé à un fil de cheveux (et avec des bijoux) mais pas la jeune divorcée de notre cave. A la place de coups, c’était l’intimidation. Le peur de mort. Les russes armés.

Puis, moi, le peur de mon mari à Ham. L’impuissance ressenti. Ce n’est pas les quelques coups, même pas la dégringolade sur les marches de la cave enceinte de six mois (heureusement, mon fils était déjà bien accroché et je ne l’ai perdu), mais qu’on puisse faire « ça » (un soufflet brutal) à moi ! Par celui que je croyais homme doux et fidele et m’aimant avec adoration.

Toute ma vie s’écroula et moi avec, impuissante, dans le trou.

Pourquoi, comment supporte-t-elles ?

Comment, ayant du cran (backbone) se révolte-t-on et se réveillent-elles et osent résister finalement. Refaire leurs vies. Regagner un peu au moins du croyance dans un autre être. Aimer de nouveau, après avoir été trahies.

Je crois qu’au fond ce sont mes thèmes de base.

Je me suis relevée plus rapidement en 1958/1959 de l’écroulement de mes rêves, en m’enfuyant en apprentissage de français et dans la découverte de l’amour. Mais m’enfuir de l’amour, me relever après ce coup, ce dégringolade était beaucoup plus dur, plus long. J’entends encore « pourquoi tu étais devant la porte ouverte de la cave ? »

Je ne trouvais pas en quoi m’accrocher. L’alliance Français par correspondance me distrayant un peu, pas assez. Il a fallu deux ans, presque trois à m’en sortir. Avec Pierre. Vengeance au début, amour ensuite. Regagnant ma fierté, redressant mon dos courbé. Rebâtissant une armure.

Plus tard, j’étais mélancolique, froide, un peu triste, mais non plus désespérée comme à Ham quand j’avais l’impression d’avoir, de mes mains (épousant celui que papa opposait) raté, détruit ma vie.

J’ai eu d’autres ratages et difficultés dans la vie par la suite, mais quelque part, j’avais confiance en moi, sinon dans le sort.

Non, Julie, ce n’est pas le sort qui ‘sait mieux’ quand il te détourne de ton chemin, c’est toi, te relevant, agissant, qui te forges dans la forêt un nouveau chemin !

Jouer avec la photo nue de Julie à 55 ans sous la douche, m’a fait du bien. Les souvenirs sont trompeurs, je croyais qu’à 50 ans, avec la ménopause, mes seins ont tombés.

C’est vrai, ils n’étaient plus tout à fait les mêmes. Mais la photographie dit, qu’à cinquante cinq ans, ils étaient encore magnifiques. Est-ce que la photo ment ? Ou les mémoires ?

Je me suis toujours sous-estimée, je crois, sur mon aspect extérieur au moins. Peut-être, parce que maman avait honte de mes taches de rousseur, Sandou m’avertissait à 40 ans que personne ne va plus vouloir de moi avec mon corps abimé, non plus parfait comme autrefois après l’appendice opéré laissant une grande cicatrice et les brûlures sur le dos. L’Amérique a prouvé le contraire. Et ensuite, aussi, même si en moindre mesure.

Cette photographie me rassure, je ne sais pas bien pourquoi, aussi un peu sur l’avenir.

17 janvier 2004

Ionel m’a provoqué hier à une compétition : qui maigrira plus rapidement et davantage chaque mois. C’est bon signe.

Je me suis réveillée à trois heures, lue, endormie, rêvée des cauchemars dont je me souviens encore, puis réveillée à six. En m’exprimant, je suis un peu apaisée, même si pas tout à fait.

Il y a de ceux qui croient qu’ils peuvent s’échapper même avec meurtre, comme celui tuant le couple et trois merveilleux gosses pour récupérer un chalet. Comme Microsoft, exigeant maintenant ‘l’activation’ de Office acheté et payé, « sinon le logiciel s’arrêtera à marcher après 49 utilisations ou un mois.

C’est à toi, mais non, « à moi, je dispose ». Une association devrait se former de ceux protestant qu’on leur vend « non, prête seulement le produit payée» sans leur donner tous les droits d’utilisation sur ce qu’ils ont acheté.

En plus, j’ai vu et lu que l’Office 2003 n’est même pas amélioré, pour un privé, relatif à Office 2000 qui n’avait pas encore cette clause dégradante.

J’ai montré certaines choses à Michel hier et ils m’ont très bien reçu (sa femme est si gentille), mais nous n’avons pas réussi à le relier à Web, ni bien connecter son lecteur de disquettes ancien. J’ai dû partir en laissant seulement quelques suggestions derrière moi, après sept (oui, 7) heures d’enseignement et puis, des essayes vains de connecter son PC à l’Internet.

Sinon, aller en bus à Paris ne coûte pas cher (deux fois cinquante centimes) et n’est pas fatigante. Je regards les gens.

A l’allée, un couple ultra gros, je me suis demandé au début s’il était homme ou femme. Au retour, un garçon avec magnifiques cheveux brun claire ondulés et longs jusqu’à milieu de dos. Le reste, jeune, était quelconque mais ces cheveux ! m’ont attirée le regard encore et de nouveau.

Une heure le matin à l’heure de point et trente cinq minutes au retour, l’après-midi. Je suis revenue à temps pour récupérer les petits, mais mon fils n’était plus au travail pour lui dire. Il a préféré revenir très tôt pour être sûr, ou alors, il a travaillé aujourd’hui à la maison – je n’ai pas demandé.

Ce matin, Gaby ne voulait aller à l’école, je me demande pourquoi. Pour une fois, je n’étais pas là pour dépannage urgent dernier minute, et, avec retard, finalement, elle était emmenée à la maternelle. Pourtant jeudi soir, j’avais acheté avec eux des gâteaux et d’autres trucs pour porter à l’école vendredi matin, cela aurait dû lui donner envie d’y aller et les porter. Ont-ils oublié ?

Ne pas te soucier trop ! Julie. Même si dans le sommeil et rêve tu ne peux rien, ne te faire de l’ulcère pour quelque chose où tu ne peux pas agir, changer.

15 janvier 2004 b

La rencontre d'un jour avec Abe m'a démontré qu'un rencontre d'un jour, faire amour au milieu de la nuit, se séparer tendrement le matin, peut compter. Je n’avais pas besoin le connaître depuis des mois, voir des années. Je le connaissais. Nous nous connaissions.

Par la suite, mes autres expérimentations n’étaient pas aussi réussies (et je ne le faisais avec tous qui auraient voulu), mais c’était une autre facette de moi qui pointait son nez.

De femme sage, sérieuse, dévouée, aux Etats-Unis, je devins une divorcée prodigue de ses « charmes ». Je ne compte plus avec combien en trois ans, et des fois, même si très rarement, en jonglant entre plusieurs (pas ensemble bien sûr). De refermée, je suis devenue ouverte.

Vers 50 ans, une autre facette parut, celle de femme d’affaires. De chercheur chimiste et fonctionnaire, je suis devenue créateur d’entreprise, acheteur, vendeur. Enseignante, écrivain. Organisateur. Comme mon père. Et non plus la tête en nuages comme maman. Cela arriva juste après la morte de papa. En fait, mes talents d’organisation je les avais déjà démontrés à Ham, comme aussi celle de bonne amante.

Je me suis sentie bien dans ma peau pendant la période BIP, « gérante » introduisant des produits nouvelles en France. C’était le Multimédia avant l’heure, dès 1980, avec MacVision capturant l’image, Echo capturant le son, ReadySetGo mettant déjà en page textes et images, et pas mal d’autres produits. Utilisés avec délices et efficacité par les « early adapters », les pionniers, sur les pas desquels les autres suivirent plus tard.

J’allais prospecter en Amérique, je découvrais des nouveaux trésors, les négociais, l’adaptais et faisais connaître, je les diffusais et démontrais.

Oui, Paul et François (puisque ceux sous ces pseudo n’existent plus pour moi) ont fait fuir certains bons acheteurs anciens et potentiels, mais Ionel et les autres m’en ont apporté au contraire.

Quelle est ma facette nouvelle maintenant ?

Ecrivain ? Grand-mère ? Ours hibernant trop longtemps pour lécher ses cicatrices, blessures saignant encore de temps en temps ? Photographe. Oui, cela est nouveau et des centaines de mes photos en témoignent déjà.

C’est vrai, François et notre relation remplissait ma vie jadis, trop même, le trou n’est pas encore comblé, même si je commence à sortir à des conférences et rencontrer des femmes intéressantes, ici ou là.

Heureusement, certains ont besoin de moi, pour les introduire à l’informatique par exemple, pour un certain temps au moins. C’est plus important que l’envers. Oui, j’ai toujours besoin de l’aide à corriger mon français.

Demain, j’irais chez Michel qui vient s’acheter son premier PC, heureusement le même que le mien. Depuis début novembre j’ai appris pas mal. Pour moi, de nouveau, le jouet est devenu un instrument de travail.

() d’espace ?

Bon, j’ai assez écrit aujourd’hui. Au moins, ce matin.

Au travail !
(continue demain!)

J'avais oublié

J'avais oublié, combien de travail représente, recopier des textes, surtout maintenant quand j'ai aussi autre chose à faire.

Je me suis mise quand même, et voilà, cela continue, et continuera dorénavant. Et puis, je suis connecté dorénavant, je n'ai plus d'excuse!