30 avril 2003

Annelise est passe hier et en quelques minutes a coupe les branches trop hautes des lilas. Un bout de ciel supplémentaire est paru et davantage de brise venant vers le pavillon. Clic, clic, clic, elle a fait la même chose avec les branches dessèchées des bignonnes devant le salon. Plus de lumiere et soleil sont entres aussitot chez moi.

- Ca defoule! me dit-elle contente.
- Tu as vraiment fait des miracles! Et si rapidement. Viens, regarde le cien d'ici: maintenant on le peut.

Assise sur le sofa, mes jambes en haut (mes chevilles sont de nouveau legerement tordus) le livre a la main sans lire, je regardais dehors. J'admirais les nuages aux formes etranges defilant lentement sur le ciel bleu. Quel spectacle!

Elle a tant dégagé les bignones qu'un bouton de rose rouge est apparu tout en haut. Et très bientôt j'aurais des tulipes. Pas celles de l'année dernière, elles se sont hélas ouvertes et déjà fanées pendant que j'étais aux Etats-Unis. Ensuite les roses s'ouvriront et a chaque saison d'autres fleurs. Une telle quiétude et joie!
***
Hier, lors la visite éclaire de Michel qui est passe deux heures sur le bus en heure de point, Michel m'a dit que le dernier volume de mes journaux "Il neige a Paris" était plus agréable a lire a cause de ses nombreux dialogues, plus léger.

J'avais craint qu'il soit trop lourd a cause de son contenu. C'était donc une bonne idée de transformer les monologue interminables en dialogue et scènes, comme si le lecteur assistait. En fait, j'en étais, même quand je n'arrivais pas a placer un mot ici ou la, je réagissais. J'ai ajouté aux monologues trop longs notés un peu de mes réactions intérieures.

Pendant que Xavier, au lieu de rendre mes journaux, s'est mis a les lire avidement. A cause de cheville, je n'ai pas pu aller chez Slavia, une autre fois. Francoise réagira-t-elle aussi a ce que j'ai écrit, vécu, ressenti et pensé - par ce qui c'est passé? Je suis contente de lui avoir écrit une lettre.

Alina devrait arriver bientôt. Dominique rencontrée a Eaubonne vient me laisser un message. Je viens d'y rencontrer des gens intéressants avec qui j'aurais de quoi parler et en communiquant des nouvelles idées, étincelles jaillissent.

Le jardin me ravit. Cheville, dents, peau, s'arrangeront.
La vie est belle.
L'air est doux.
Julie, vite, touche du bois - mais savoure.

J'ai trois cahiers. Ce journal-ci, un nouveau cahier dans lequel je note des Souvenir de Paula, mon arrière grand mère, et un troisième avec divers souvenirs décrits, pour récrire plus tard. Peut-être un quatrième serait avec de la fiction, pour ressortir autrement ce qui se cache en moi. Je verrai.



27 avril 2003

Stephanie avait raison: quand on se croit en nuages, trop haut, trop heureux et l'on voit les autres avec pitie, le sort (nature, dieux, destin) nous tape sur le nez et demontre notre vanite, orgeuil, erreur.

Je me souviens comment je regardais Alina en me disant "la pauvre n'a pas un mari fantastique comme moi". En fait, Dorin travaille toujours avec acharnement et des excellents resultats et il est invite et apprecie parout dans le monde; il vit toujours avec elle et vient de lui proposer de payer son voyage vers la France. Pendant que mon ex plein des projets et toujours en nuages ne marche pas sur la terre, il n'a pas su se servir de ses talents a cause de son enorme orgeuil, entre autres.

Est-ce mon orgeuil qui m'ai fait perdre les hommes qui ont compte dans ma vie?

A 16 ans, je savais deja qu'aucune mariage, aucun couple ne sont pas parfaitement heureux, que l'entente ne dure pas a jamais ou tres rarement. Et meme alors, plein de compromis douleureux. Pourtant, j'ai cru qu moi et Sandou, moi et Francois... et je l'avais meme espere avec Paul si pas longtemps.

Valait-il la peine?

 Je suis sortie plus riche a chaque fois - pas en choses materielles. 

Promenades main en main, dormir blottir contre l'autre. L'amour physique longtemps satisfait avec Sandou, des enfants merveilleux, le sentiment de etre "a la maison". 

Des magnifiques ballades et evenements interessants vecus ensemble, regardes cote a cote avec Francois, des sons, saveurs, odeurs de champs avant le coucher du soleil, le gout des prunes murs ou d'un lapin aux pruneaux, danser ensemble et le sentiment de etre de nouveau jeune a 55 ans.

P., J. disparus, Paul et Francois restent. Sandou mort si jeune! Je vis dans sa maison et l'ete comme l'automne sa rose jaune the qu'il avait baptise "ma femme" emane son parfum subtil. Peut-etre en dix ans, si je vis encore, je trouverai quelqu'un similaire a me rappeler de Francois aussi.

Je l'ai paye cher a chaque fois, mais j'ai vecu.

Samedi, 26 avril 2003

J'ai essaye d'ecrire sans date mais cela me manque. Des fois je me trompe de quelques jours: aujourd'hui je viens regarder le calendrier expres, c'est bien 26 deja.

J'avais envie de ce voyage a Cluj mais je la crains aussi: que trouverai-je apres 50 ans?

J'ai rencontre Francoise, nous avons parle trois heures sans arret. J'espere que cela continuera, elle est encore mieux que je me la suis imaginee. Malgre son passage a l'Elysee et ces connaissances haut places, elle reste simple et ouverte. Quelque part a l'interieur, nous avons beaucoup des choses en commune, de quoi parler. Et aussi de nos diverses experiences.

Nous sommes allees mercredi a la biblioteque avec Slava, j'ai pousse sa chaise roulante: elle sourit meme quand elle souffre! Son fils est repousse par la mauvaise francaise de mes journaux, il faudrait que je recupere ceux qu'il sont chez lui. Il a autre chose a faire que de les lire. N'empeche, moi, son livre m'avait ravi, m'ayant fait comprendre comment les hommes vacilants, infideles, se justifient a eux-meme et devant les autres leurs actions. Sentent, pensent, pleurniches, vivent. Ne comprenant pas ce qui leur arrive: jamais de leurs faute!

La semaine est passee vite. Le decalage horaire me perturbe encore.

Pourrais-je recuperer toutes les donnees de mon Macintosh qui ne s'allume plus? On ne fait jamais assez des sauvegardes! Devrais-je acheter un PC ou un autre Mac? Un portable ou un ordinateur de bureau? Quand?

J'ai tellement a faire! Comment pourrais-je m'ennuyer? Lire mais surtout plusieurs projets d'ecriture.

Aucun reponse encore de APAm pourtant le journal de Sidonie depose en janvier aurait pu avoir un echo depuis. Il n'a que 60 pages, nettement moins que mes journaux! Un jour, ca viendra.

Lundi dentiste, mardi EDF, ensuite Michel passera par ici: j'espere que nous aurons de beau temps. D'ici la je dois nettoyer la maison et ranger encore un peu. Mais en gros, je mets tout en place et tiens les espaces vides.


20 avril 2003

Mon onclem 96, vient me laisser un message au repondeur: "Je suis devenu completement aveugle et j'attends de moins en moins bien." Je l'ai appele hier, avant avoir ecoute son message: il entend bien, mais sa morale est au bas. Et j'avais fait un faux-pas, helas j'en suis coutumier, lorsqu'il m'avait envoye les photos en lui disant que les remarques faites avec un marqueur transparaissent dessus.

Slava, 81, vient etre opere au pied, suspecte de cancer et ne peut plus se deplacer qu'en chaise roulante, meme se retourner sur le lit lui est difficile. Elle craint que je lui passe mon rhume, ayant un asthme chronique - je la verrai plus tard.

Stephaniem 90, se sent vieillir. Admettre deja pour elle veut dire pleine. Heureusement, elle vient d'avoir la visite de son fils et ils ont visite sa fille Claire qui est en bonne conditions maintenant et l'autre fils va aller la voir aussi bientot, et plus tard meme sa fille Andree.

Moi, je n'ai "que 69 ans" bientot 69 vers 70.

Au retour d'Amerique, ma maison, belle, m'a accueillie souriante, les fleurs jaunes en abondance dans mon jardin, les lilas odorantes en fleurs. Mon fils m'a fait cadeau d'une partie de l'argent que je lui devais, l'equivalent de mon billet d'avion (moins le prix des livres techniques que je lui avais achete la-bas) et m'a prete un portable PC pour la duree de leur sejour de Toulon.

La vie est belle... pour moi. Pour le moment. Pourvu que cela dure un peu plus et continue.

Je rencontrerai vendredi au restaurant hongrois Francoise avec qui je sens une communaute d'experience et sentiments. Bientot Alina viendra chez moi, sera avec moi pour quelques semaines!

Touche le bois.

Malgre mes dents ici ou la, la vie est belle. Mes petits-enfants, mes enfants m'aiment. Ils sont merveilleux. Le printemps arrive avec de plus en plus de force. Une pellicule de plus a developper; les photos numeriques prises par Lionel et Annelise a admirer sur leur PC; des recits a ecrire.

16 avril 2003, la guerre est finie

La guerre en Iraq est finie, les lendemains seront longs.
***
Depuis dix jours je n'ai pas pris la plume dans ma main pour écrire dans mon journal, mais aujourd'hui je suis émue, touchée et fatigue en même temps.

J'étais allée a la boutique des vieux livres de la bibliothèque de Whiton, choisie et acheté des livres d'occasion a 1 dollar pièce. Trop, peut être. 

Revenant affamée vers une heures et entrant dans le restaurant bagel, je me suis rendu compte que je n'avais plu que 4,55 dollars, or chaque repas salade ou sandwich coûtait entre 5 et 6.

- Je n'ai que 4,55 puis-je avoir quelque chose a manger avec ca?
La serveuse demanda le grand noir, responsable, qui dit oui. Il arrive. Me demande si je veux de la mayonnaise.
-Non.
-Moutard?
- Non, merci.
- Salade, tomate?
- Ah oui, merci, oui.
Il les met sur le bagel.

Aurais-je seulement de la salade? me traversa l'esprit aussitôt. Non.
- Quoi d'autre?
-Ce que vous voulez... thon, ou...
- Dindon?
-Oui!

Je suis ebahie. Il y met trois fois plus que d'habitude, beaucoup, beaucoup plus qu'on m'avait servi la derniere fois.

Ensuite il demande:
-Chips? Patates?
- Oui, merci.
Il met une salade de pommes de terres et ajoute dans la corbeille meme un concombre.
-Bon appétit!
J'ai mange comme une affamée et émue (non pas quand même jusque larmes) en lisant le journal trouve près de la table relatant la fin de la guerre.

A la sortie, je l'aperçois de nouveau:
- Merci!
-Bonne journée, me répond-il avec une grande sourire.
***
On ne parle pas en France assez sur cette Amérique-la.

6 avril 2003

L'avion été bondée. Je suis bien arrivée. 

Je dois quand même recolorer mes cheveux. Je ne peux rien contre leur coupe - sauf la prochaine fois, aller au coiffeur.

Partout ou nous étions ici des sourires pour les français et pour le moment comme s'il n'existait pas une guerre, loin, quelque part. Comme si personne ne mourrait. Probablement, les parents de ceux partis tremblent, eux. 

Dommage pour Slavia n'osant pas venir en USA "comment vont-ils accueillir les français?"

Ma fille aime mes photos, en fait leur apporter et montrer mes albums s'est avéré le meilleur cadeau pour eux. Le synthe a fait son effet, mais finalement les garçons ont été plus intéressés des CD et sont a l'ordinateur pour les découvrir.

Sur le congélateur de la famille:

Ton Christ est juif,
Ta voiture est japonaise
Ton pizza est italienne
Ton riz est chinois
Ta démocratie est grec
Ta montre est suisse
Ta chemise est indienne
Ta radio est coréenne
Tes vacances sont américaines
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latin
Tu reproche a ton voisin d'être un étranger.

Ou l'a-t-elle allée le trouver?

J'aurai que faire pour les deux semaines!

Classe de ma fille en avril 2003

Children listen to the teacher - old photos
Sur le mur dans la classe de ma fille pendant la guerre in Iraq, elle enseigne une classe d'immersion en français près de Washington.

Elle est enseignant, les eleves assise par terre ecoutent - bien sure ils ne sont pas par terre tous le temps, c'etait juste pour se detendre

ces deux images figurent dans le volume imprime que je viens de retrouver et duquel je publie maintenant les entrees une a une

Encore une panne

J'ai profité de trier d'anciens papiers.

J'étais stupéfait de comment de loin le passé parait parfois déformé!

Exagérément dur ou exagérément facile.

Je suis tombé sur un vieux passeport, celui avec lequel je suis entrée en France le 28 octobre 1963 a Marseille. J'avais obtenu, non sans difficultés d'ailleurs un visa d'un seul mois!

Non seulement j'ai dû le prolonger, trois a trois mois d'abord, puis six puis une année par année, et cela presque jusque l'expiration des prolongements de ce passeport, juste deux années avant que je deviens avec ma famille citoyenne française, mais à chaque fois que je voulais aller quelque part, je devais demainder le droit de sortir du territoire Français pour pouvoir y revenir!

Dans mes souvenirs tout était facile à l'époque et je voyagais de pays en pays Européenne aussitôt arrivée. Je ne devais pas demander non plus des visas pour chaque pays et, au moins dans mes souvenirs je les franchissais sans aucune difficultés.

C'est vrai, d'après le passeport, j'ai voyageais pas mal dès 1964, mais facilement, non!

Je vois même que lors une entrée en 1968 déjà, on m'ordonnait de nouveau en ressortir dans moins d'un mois! Peut-être, mon passeport était expiré, puisque c'est le dernier notice estampillé que j'ai trouvé aujourd'hui dedans.

En tout cas, malgré les difficultés, les visas, les demandes a obtenir, nous avons pu voyager, ce qu'en vivant en Roumanie n'était pas possible. Tout est relatif dans la vie, donc en regardant en arrière, il me semblait que tout s'était passé comme du beurre lors notre arrivée.

Pas tout a fait, en fait, mais finalement, a chaque fois, j'ai réussi à m'en sortir, obtenir à la dernière minute les papiers, les visas, la visa de sortie et entrée, puis plus tard des plusieurs sorties et entrées.

Voilà, une panne peut ramener des anciens souvenirs sur une période ne figurant que très peu dans cette Retroblog.

Retrouver un ancien moi

4 avril 2003

Retrouver, relire, feuilleter un ancien cahier est souvent un plaisir. Mais aussi un déchirement. Une rencontre soudaine avec mon âme d’alors. Moi et une autre quand même. Je me cherchais, troublée, je cherchais à sortir de la situation, tout en ne me l’avouant pas encore, ne le comprenant pas. Empêtrée.

Je trouvais du plaisir en imagination. Cela explique la différence d’écriture : rond, lisible pour Sophie, la Princesse aux pieds nus par exemple, et nerveux, inégal, différent, comme parlant, dans le même cahier, entre les chapitres de fiction, les problèmes du présent. 'Intéressant' comme je disais souvent dans mon journal, jeune, souvent frappée de quelque chose curieuse.

Intéressant aussi ce que dit Stendhal dans son De Amour. Était-ce alors ainsi ou le voyait-il seulement comme cela? Que les hommes seraient plus francs, d’écrire sous la dictée d’imagination sans savoir où ils vont, que les femmes soient moins franches et donc moins sublimes, après lui.

Ce matin à sept heures le chant des merles m’a réveillé. J’ai voulu ouvrir la fenêtre pour mieux me délecter, mais j’ai vite refermé, il faisait encore trop froid. Ce n’est pas le moment de prendre froid, je pars demain matin.

Que seront ces deux semaines? J’ai l’impression, bien pleines.

31 mars 2003

Il faisait encore chaud et ensoleillé, mais la réunion d’écriture du groupe trois d’APA de hier m’a déçu. Je devrais chercher un autre groupe en plus, des gens passionnés d’écriture (et lecture des écrits des autres). Mais il ne faudrait pas juger trop vite : qui sait ce qu’en sortiront des rencontres avec eux (elles). Hélas, je suis revenue abattue et ce matin, il fait froid et gris.

J’ai pourtant bien dormi et longtemps, je me suis endormi hier déjà à sept heures ! et j’ai dormi jusque cinq heures de matin.

Je viens de parcourir les notes de Daphnée de Maurier sur Rébecca. Très intéressants ! Et j’ai lu la première nouvelle qu’elle a mise dans sa collection : une réelle talent. Pourquoi n’a-t-elle pas écrit après Rébecca (ni avant) de roman vraiment remarquable ? Qu’importe. Ce livre-là reste un classique, sort de la grisaille. 

Mitchell a écrit Autant Emporte le Vent, Tolstoï Guerre et Paix. Une seule œuvre géant, les autres pour s’en préparer ou l’après l’œuvre. Peut-être certains auteurs s’épuisent comme les programmeurs après y avoir trop mis en peu de temps. Toutes les œuvres, comme toute la vie ne peut être d’égale intensité et grandeur. Et Maurier a eu quatre ou cinq enfants, un mari, une vie intéressante. Tout n’était pas l’écriture.

J’avais acheté ses œuvres complètes à la brocante d’un village en Gars, l’été 2001. De ses livres, aucun ne m’est parvenu. Sacrée sorcière, sacré François! Mais je pourrais retrouver, si je le veux, ses livres. Ailleurs.

De toute de façon, je n’ai pas eu l’impression en les parcourant alors qu’ils étaient trop passionnants, même si je n’ai pas eu beaucoup de temps à les regarder. De Condon, j’avais expédié les livres à Paris et en arrivant, j’ai dû partir presque aussitôt de mon ancien logement parisien. J’avais d’autres préoccupations, d’autres soucis.

Hier j’ai eu un bon contact avec une jeune de 35 ans, paraissant 25 avec ses cheveux longs bouclés, clair mais pas blond, et ses précisions académiques. Une fille ayant commencé encore plus tard que moi – ce que je croyais presque inexistant ces jours-ci. 

"Rencontrer des hommes, libres, intéressants et intéressés, où ?" me dit-elle. 

C’est vrai, à Paris ce n’est pas facile. En s’enfermant dans ses livres ou à la Bibliothèque Nationale, elle ne peut pas en trouver! Quoique… à la bibliothèque?