Première page illustrée

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Une rose c'est une rose?

De 13 juin 2002 à 23 septembre 2003, j'ai écrit et édité le volume "L'énième vie" qui en plus de journal contient déjà des photos. Pris par moi, pris avant par d'autres.

Que vais-je faire maintenant?

Comment publier ce volume qui allie déjà écriture et images?

Déjà, en 2002, j'ai ressenti le besoin de les combiner. M'exprimer tout en illustrant aussi mes propos. J'ai même changé de l'ordinateur, l'ancienne ne supportait pas autant des images dans sa mémoire et le Word me quittait tout le temps. Enfin, avec plus de mémoire vif, une nouvelle version du logiciel, j'ai pu créer "Une rose c'est une rose?" (la réponse d'ailleurs qu'il y a de si différentes) plus d'une année des journaux illustrés publiés en couleur, d'accord seulement en quelques exemplaires.

Faire imprimer en couleur, imprimer en couleur, coûtait encore trop cher. Et encore, aujourd'hui. Mais ici, dans mon blog, je pourrais le faire, reproduire ce livre, si je réussi à récupérer les images utilisés, les reprendre de Word, les mettre dans le blogger.

Pour le moment, je ne peux le faire comme je souhaiterai, le faire lire comme une livre, je vais continuer donc le Retro blog, auquel vous êtes fidèles. Non, je ne vais pas arrêter ici!

A demain!

PS C'est vraiment pas facile d'extraire du Word les images, avec une bonne résolution en plus, je vais expérimenter et faire de mon mieux.

9 juin 2002

Si je comprends bien, ce que Stéphanie voulait me dire, même si elle ne l’a pas exprimé ainsi: le deuil de mes illusions et de grand amour, c’est fini. Mais celui de mon ancienne vie commence seulement. La période de transition n’est pas achevée.


Pour s’en sortir, tout à fait, il faut encore observer les autres, se mêler entre gens. Se plonger dans la vie. Ne plus rester enfermé entre quatre murs, me dit‑elle encore.

Enlever plus tard de mes livres (journaux) tout qui pourraient heurter mes enfants, l’un ou l’autre: avant tout chose, nous sommes parents.

Ma voisine est de Cork, Irlande. Il sera intéressant d’y aller un jour. L’autre des montagnes d’Italie, près de France. À gauche, la femme est d’origine Polonais et à droit sont venus de Portugal. Je ne me sens du tout étrangère dans cet environnement.

Que faire en juillet ? S’occuper de ma santé et travailler.

Photographier.

2008: comme je vois pas mal de mes projets pour plus tard, sont nées déjà à ce moment-là.

5 juin 2002

Hier, Annelise fêtait ses trente et un ans. Je n’arrive pas à croire que je bientôt, j’aurais soixante-huit.

Annelise m’a dit que j’avais fort bonne mine.

— Avec mon bedon ?

— La façon que tu marche, que tu te tiens, les gestes et le sourire.

J’avais eu aussi eu une blouse d’été ouverte au col, des pantoufles sandales avec un petit talon, mais surtout, j’ai fait un bain, je venais de m’avoir lavé les cheveux, et bien rincé avec le douche.

Et puis, je me suis rappelé ce que m’avait dit Stéphanie, après Paul, vers 1986.

«Tu es comme un petit chien, tu fais une douche, tu te lave de toutes les choses sales, et ensuite, heureuse tu redémarres plein d’énergie ! Tu laisses derrière toi les anciennes choses désagréables qui s’écoulent avec l’eau sale et tu continues ton chemin avec optimisme, la tête haute.»
Je me suis senti lavée de toute saleté du passé et je me suis fort amusée à cette idée.

Oui, je marche dorénavant avec confiance, je n’ai plus mal aux chevilles et mon estomac ne me réveille plus au milieu de la nuit en se tordant. Je tiens ma tête vers haut avec confiance, tout comme sur cette photo ancienne d’une Julie de cinq ans ayant tout le monde devant elle.

Il fallait que j’imprime et fait relier ces deux volumes et je me suis lancé ensuite pleine feux. Je prends des photos, je corrige mes écrits d’avant, j’étudie l’écriture, je vis pleinement.

Le décret de divorce est sorti, mais tout cela me parait déjà fort éloigné de moi et de mes préoccupations.

Je passe des merveilleux jours avec Gabrielle et David, mes deux petits enfants près de moi ; je me suis acheté des magnifique dahlias roses pour le jardin et des géraniums pour mes fenêtres.

Je vis à ma guise.

Délivrée !

29 mai 2002

Je suis divorcée !

J’écris ceci à midi et demi dans un restaurant chinois où je suis venue fêter 'ma liberté'. Seule, avec un menu à huit euros. On fête bien les mariages, pourquoi ne fêterait-on pas aussi les divorces?!

C’est agréable ici, ils cuisinent bien. Aujourd’hui, fort peu de monde. Juste quelques-uns aux tables bien éloignés du mien. Un jour, je trouverais peut-être avec qui fêter.

Pour le moment je fête surtout les quelques beaux textes découverts et le cahier de 1997 m’expliquant comment et pourquoi j’ai écrit La princesse aux pieds nus. Et j’espère, en retrouvant le livre qui me l’a fait démarrer, je serai inspiré pour démarrer, (et finir bien sûr) un nouveau roman.

***

Pâté impériale avec salade verte crispante, poulet aux amandes, thé au jasmin et beignet à ananas. Et j’ai même emporté les restes! J’ai mon déjeuner de demain.

Je vais faire une sieste, après lirai mon courrier Web, puis je démarrerai, commencerai, le reste de ma vie. Aider, m’impliquer, nager, écrire. Le reste viendra de lui-même un jour. Enjoy le chemin ! (Savoure la route.)

29 mai 2002 encore

Comme je n’avais pas avec moi mon journal, j’ai écrit aujourd’hui dans deux autres cahiers, (mais je viens de les recopier).

Qu’importe ! L’important est d’écrire.

Le juge a prononcé le divorce à onze heures ce matin.

La paperasserie durera encore un peu, la trésorerie, l’avocat, encore une fois signer, puis l’inscrire à la marge de nos papiers officiels. Sinon en juillet, en septembre je pourrais reprendre mon nom. Mais dorénavant, aucune responsabilité l’un pour l’autre. Ce qui tombera encore sur ma tête, on verra. Il est interdit de carte bleue et de chéquier, en train de négocier un prêt. Et malgré qu’il est de nouveau déprimé et paraît cassé, il se dit contant de la femme avec qui il vit depuis huit mois déjà «elle m’aide».

Il m’a apporté trois cassette écrits « Musique tzigane », en réalité c’est des paroles en anglais. Bon, tout le reste peut s’écouler sur la Seine. Il me faudra quelque temps à me sentir vraiment soulagée.

J’imprimerai les deux volumes, j’ai l’impression qu’ils seront ronds.

Stéphanie vient me dire qu’il était déjà amoureux en août, qu’il lui avait raconté en même temps qu’il se comportait horriblement avec moi.

Il ne supportait pas tes succès. Aucun de tes succès. Depuis le début. Tout te réussissait, rien à lui.

Tout ?

Même le fait d’être assis, heureuse d’écrire, lui faisait déjà mal.

C’est vrai.

Hélas.

Bon. Dorénavant je peux écrire sans interruption, tant que je veux. Depuis huit mois, en fait. Mais dès demain, encore plus tranquillement.

21 heures

Je viens de laver et rincer tout « Savoyard » de moi. Mes cheveux, blonds foncés brillent, ma peau tout propre. Je renais, je retrouve la femme active, créative de jadis.

Je me sens bien et légère, après un diner de yogourt, thé et pain grillé beurré et rien d’autre.

Vas-y, Julie, recommence à plein feu !

Le jour "j"

29 mai 2002, 8 h et demi le matin

Encore une fois, dans un café.

Devant moi un express, un verre d’eau et un croissant. En quelques heures (et je viens de toucher la table de bois devant moi) je sortirai du Tribunal comme Kertesz.

'Savoyard', c’est fini.

Pourtant ce nom me plaisait et c’était facile s’en souvenir. Une chose de plus que je dois laisser aller.

Hier, dans mon cauchemar, je visitais un énorme appartement ayant jadis appartenu à mon ex, décédé dans mon rêve. Je me suis réveillée agitée. Je ne veux pas, je crains sa mort.

Je crains surtout ce qu’on fera de lui, une fois tout à fait qu’il se mettra dans la main de cette sorcière. D. dit «Il a fait son lit», oui, mais sait-il ce qui l’attend sous les draps? J’espère, tout ne se réalisera pas.

Je me libère, et en même temps j’ai l’impression de l’abandonner. À 70 ans passés, il devrait être pourtant majeur. Et responsable de sa propre vie.

J’avais eu, lors notre divorce, le même sentiment avec Sandou, pourtant il s’était bien débrouillé une fois que j’ai parti travailler en Amérique, et comme pour Sandou, je ne suis pas responsable de la vie d’un autre. A sa question tant répété : 'pourquoi tu me quittes?'; je répondrais maintenant «Parce que tu l’as voulu! Tu avais l’impression, les derniers temps que je ne te laissait plus ‘vivre’ comme tu le désirais, tu avais besoin de plus de l’air.» Lui, ou ceux voulant en profiter? Je n’ai pas connu un être plus influençable par flatterie.

Cet été, je voudrais aller à Colorado et ses montagnes : aurais-je le moyen? L’avion, même le train, ne sont pas hors prix, mais le logement? Et puis, la location d’une voiture pour quelques jours. Je pourrais y rester moins longtemps ou me faire rembourser de mon fils les frais de réparation de la maison comme Annelise me l’avait proposé.

De toute façon, il faut que j’apprends à vivre 'dans mes moyens', tout en économisant assez pour les voyages que je désire. En général, je réussis à vivre modestement.

L’avocate m’a bien frappé en demandant le double de ce qu’était prévue au début, mais elle était si modeste dans les temps anciens et donnant des conseils pour pratiquement rien à Sandou, à Lionel, à François et à moi-même, que je lui dois pour tout ce qu’elle avait fait avant. Elle est efficace, pleine de bonne volonté et bon sens et fait à chaque fois ce qu’elle peut de son mieux. C’était le procès contre Lettraset que nous avons perdu, lourdement, dû d’après mes sentiments au juge biaisé du Tribunal de Commerce. Mais aussi, parce que je ne voulais pas me mettre contre Apple. Les autres procès, et j’en ai eu assez, surtout autour de 1985 et 86, elle les a gagnés de son mieux.

Oui, il faut tout payer à la longue.

Au pire, mes enfants me prêteront et j’irai quand même me promener cet été, m’imbiber en quelque chose neuve. Peut-être en groupe, pas seul. En bus, à place de voiture. Qui sait? J’irai à l’Office de Tourisme et quelques agences de voyage me renseigner. Tous qui vont dans cette partie là du monde ne dépensent pas une fortune!

Oh ! J’ai laissé ma convocation à la maison. Ou alors, dans ma voiture? Je retourne vérifier, mais je crois que c’est à Argenteuil.

2008 février: c'était en 2002! peut être, ce printemps tard, mon veux va se réaliser et j'irai vers Colorado, sinon Utah et surement Montana! Une infirmière photographe rencontré sur le web m'y attend! Même si elle m'a prévenue: attention, des fois il neige encore mi-mai.

Joies profondes

20 mai 02

Ce matin, j’ai découvert des trésors !

En relisant les derniers journaux, je me suis dit : il manque ce que j’avais écrit quand nous avons visité ma tante et j’ai sorti mes anciens cahiers, je les ai pris un à un. Je viens de retrouver pas mal de textes manquants. Que de travail devant moi!

Quelles joies profondes ! Retrouvailles avec mes anciens textes, certains belles, d’autres intéressantes, puis ceux fort poignants.

J’ai quoi faire !

16 mai 2002

Chaleur d’été. 26 degrés à l’ombre. Il est sept heures de soir et à travers la fenêtre et le rideau, le soleil entre et fait briller merveilleusement le secrétaire d’arrière grand mère. Celle de ma fille. Tes tâches de soleil pénétrant à travers les feuillages vibrent sur le meuble. Quelle joie!

15 mai 2002, trois heures de 'matin'

Je commence le soir un livre ou je l’interromps à un point captivant, ainsi au milieu de la nuit, quand (et pas si) je me réveille, j’y pense, j’y vis dedans. Et je ne pense pas à François, ancien, nouveau.

J’ai commencé songer au chevalier achetant une presse à sa belle, au moyen âge, comprenant, acceptant, que c’était pour elle meilleur cadeau que des bijoux. Puis, d’un coup, je me suis rendu compte le cause de mon désarroi de hier midi.

J’ai partagé un gâteau avec Anelise et je lui ai raconté que ma mère n’aimait pas partager, mais mon ex, si. Nous avons partagé beaucoup de choses en quinze ans. Un pamplemousse, une prune. Un pull. Des fleurs admirées sur la Butte, les feuilles brillant et s’agitant par la brise. Une crêpe, un livre, une musique, une émission qui nous avait ému pareil. Je ne voudrais plus vivre avec cet homme qui a envahi, trop, ma vie, mais, hélas, je n’ai pas encore fini mon deuil de ce qui avait été bon. Tout arrivera, un jour. Un jour, mon cœur ne va pas se resserrer en me les rappelant. Bien sûr, je ne serais pas resté avec lui, si sur le chemin, je n’avais pas eu aussi de grandes satisfactions. C’est vrai, avec aucun homme, je n’ai partagé autant de joies. Goûts, saveurs, vues, émotions.

Je me remets à lire.

9 heures de soir.

Aujourd’hui, je fête l’arrivée d’été.

J’ai fermé le chauffage, j’ai mis des draps, tête d’oreiller et couvre édredon nouvelles, orange jaune verte, couleur de printemps. Et j’ai reçu la convocation pour le divorce.

En deux semaines, si tout se passe bien, je sortirais et mangerais à midi comme divorcée!

J’ai reçu les épreuves de l'énième chance. J’ai trouvé d’anciens récits, écrits par moi en 1997 délicieux! 'Pourquoi'

Elle a trois ans!

14 mai 2002

Gabrielle a trois ans !

Ce matin, je me suis réveillée émerveillée: je me suis rendu compte que depuis deux jours je marche sans avoir mal. Je dors, sans que mon ventre heurte. Mais pourquoi ce bouleversement à midi, qu’a dit Anelise? C’est mon inconscient qui sort des profondeurs d’anciens fantômes. J’ai donné mon livre à relier en deux volumes, puis Anelise déclare 'pas maintenant'.

Michel le lira. Alina aussi. Pas moi. Aucune envie de le relire sitôt. Je me remettrai plutôt à mon livre sur l’écriture - ou écrire un roman. Et puis, il y a tant de matériel écrit, mais pas encore mis en ordinateur!

Après-midi à 16 h

Le soleil brille, il pénètre dans la maison, me réchauffe. Et en même temps, il pleut. Incroyable! Que c’est bon de vivre si près de la nature!