24 novembre 2001

Monsieur est très contant de la voiture : «Elle a démarré d’un coup». Monsieur a des responsabilités : «La princesse (de Cameroun) a sept enfants dont un a des problèmes avec un gang, là-bas.» Monsieur ne veut «que ce qui lui est du tenant compte de notre contrat de mariage». Ses exigences sont «très raisonnables», affirme-t-il.


Monsieur est prêt à élever une nouvelle famille (noire, pourquoi pas?!) mais fort exigeante : «J’ai l’expérience des gosses», ajoute-t-il avec un grand sourire tout fier de soi même.

J’irai voir un notaire et un conseiller, moi aussi. Qui ?

D’autres côtés, monsieur se plaint des 89 francs! demandés (par erreur deux fois) de notre avocat commun.

Ensuite, il ajoute : "Fais une liste de ce que tu veux encore".

Que veux-je 'encore'? En fait : la paix.

Je ne lui donnerai rien de plus, je veux rien de plus de lui. J’en ai marre, mais si on marche sur mes pieds, je sais lutter, me défendre, même attaquer pour avoir ensuite la paix. D’une façon plus propre que lui mais pas moins efficace.

Pour obtenir quoi que ce soit de moi, il faudrait encore qu’il prouve ce qu’il affirme, ce qui est tout à fait faux. L’intimidation ne marchera pas! Je n’ai pas pris son argent ou viré nulle part - comme il le prétend, je n’ai pas ses bijoux de famille, non plus.

Je n’ai pas grand-chose à moi. Mais… ai-je peur de «la grande famille camerounaise?»

J’ai survécu les nazis, les Ceausescu, la Securitate, des chefs impossibles les machinations de ma belle-mère et mon oncle, un mari infidèle, et je vais survivre celui-ci, ignoble aussi. Et si je mœurs, il n’en gagnera rien. Rien de plus que je lui ai déjà donné.

Bon voyage avec l’AIX, bon courage avec l’appartement de la butte Montmartre, qui ne me manque plus, et aussi avec sa grande maison à Celles.

En mai, je serai «libre» de lui définitivement, sinon?… en dix ans. Ce n’est pas moi qui veux me remarier !

Deux fois, c’était amplement assez. Je n’ai même plus envie de cohabiter ou dormir à côté de quelqu’un. Non, merci. J’ai trop donné, trop cher payé. Maintenant, je me réveille à trois heures du matin, je lis à ma guise. Je fais des courses et de la bonne cuisine saine, je mange ce que j’ai envie, quand j’ai envie. Avec le temps, je travaillerai aussi davantage.

Je me suis bien programmée et mercredi, avant l’audience au tribunal, j’ai reçu des livres, dont une amusant, magnifique (Proposition par Judith Ivory) et aujourd’hui est arrivé un paquet d’autres livres. Je ne bois pas, ne fume pas, ne me drogue pas : je lis…

***

Je viens de relire mes journaux écrits de 1988 à ce jour. Que je suis contente de ne plus vivre avec François, ne plus devoir écouter ses interminables monologues ! Être loin.

Julie : tu ne le rencontreras plus que devant un juge au tribunal.

Julie : tu ne l’appelleras plus avec aucun motif.

Julie : va chez le notaire, écrit à l’avocat et ensuite

OUBLIE-LE !

Sors-le de ta tête !

N’y pense plus !

N’empoisonne pas ta vie avec !

Sois heureuse. Travaille.

Construis-toi une vie.

Recommence à écrire. Sortir. Être.

C'est officiel

23 novembre 2001

Après onze ans de mariage (et plus de 14 de cohabitation) je suis enfin officiellement séparée, si pas encore divorcée, mais en bonne voie.

Il est venu en retard au tribunal (pas trop) et surtout, il avait une excellente mine et ‘look’: blazer de cuir, le meilleur costume beige, un microphone à l’oreille. Une allure mais surtout une assurance de soi qui m’a fait plaisir.

Le fait qu’il était d’accord pour le divorce et notre convention temporaire signée en septembre m’a fait encore plus plaisir.

Je suis séparée !

Officiellement. Enfin !

Il restera au Mont Cenis.

En sortant du Tribunal, je lui ai rendu les clés et les papiers de la voiture laissée près de là, au centre de Paris. Je lui laisse tous les meubles de notre ancien logement jusqu’il déménage en décembre ou en mars. Sauf la bibliothèque que j’avais promise à Anelise. Il était, après, en très bonne humeur.

Il m’a passé un papier complètement abracadabra me réclamant non moins qu’un million! Il prétend dans ce papier haineux et sans sens, qu’en 1988 je l’ai 'obligé' de venir habiter chez moi! En fait, il me suppliait de le laisser venir, d'y rester. Ça, c’est telle que je me le rappelle. Il y parle aussi de sa dette de 100 000 francs à sa banque de province et que j’étais pendant deux mois chez Agnès ce temps-là (après mon intervention chirurgicale) mais il oublie que c’était lui qui les avait dépensés avant et pendant mon absence en s'achetant n'importe quoi.

Il a une magnifique mémoire, sauf, quand il n’a pas envie de se souvenir, reconnaitre ses propres bêtises et torts, alors il ment carrément ou tord la vérité. Il est ignoble. Non pas malade.

Il prétend aussi d’avoir payé tout pour notre ménage pendant notre mariage, oubliant que jusqu’à récemment c’est moi qui payais le loyer, l’électricité, le téléphone et tous les frais de réparation et entretien de la voiture. Et même, fort longtemps, la moitié des impôts. En plus, un virement permanent de 3000 francs en compte commun pour les dépenses courantes de ménage.

Il parle dans sa lettre de sa maison parentale vendu en 1992, niant qu’il avait mis l’argent dans un conte d’épargne à part auquel, heureusement, je n’avais pas de signature et qui lui a servi en grand parti pour rembourser son prêt Cofinoga et autres prêts pour l’achat de sa maison de Celles, et l’achat, avec énormes intérêts, de son ancien Mac couleur, et ses dettes pour couvrir l’abus d’utilisation de Minitel rose avant notre rencontre. De tout de façon, tout s’était il y a dix ans. Au moins.

Il prétend en plus que j’aurais gagné avec l’argent que je lui ai subtilisé et mis à part, le double. Donc, il réclame de moi le double de ce qu’il a jamais pu avoir (et qu'il a dépensé lui même.) Quel culot!

Cette femme noire est 'très sévère, très exigeant' dit-il. Le poussant à n'importe quoi. A-t-elle subtilisé les bijoux de famille qu’il réclame aussi de moi? Quand je lui ai dit que je serai contente s’il se marie avec elle, il était étonné. Il n’est pas quelqu’un qui aime être seul, peut vivre seul.

« Toute sa famille m’a acceptée. »

Bien sûr. Besoin de papiers, besoin d’argent et heureux des cadeaux. Entre autres, mes CD à moi, à nous. Mais il est aussi devenu, grâce à moi, beaucoup plus ouvert, plus communicatif. Il a des dents : je l’ai emmené au dentiste.

Je l’ai aidé à survivre, je lui ai aussi sauvé la vie, au moins deux sinon trois fois.

Quand ?

Réfléchis!

Je l’avais prévenue de n’attendre rien de moi et ne pas se faire des fausses illusions. L’avocat a dit qu’il peut provoquer des saisies du fisc. J’ai ajouté qu’il n’a pas intérêt de m’accuser à cause de sa propre réputation et ses petits-enfants.

Il a un très mauvais conseiller juridique, il n’a pas trouvé le procès avec le propriétaire du Mont Cenis.

« C’était une manipulation pour me tromper » prétend-il.

Pourtant c’est notre avocat commun qui s’en était occupé alors, et bien.

Si ‘tout va bien’, fin février nous pouvons déposer la demande finale de divorce. Le juge lui a signalé clairement que si nous ne déposons pas jusqu’à août la demande du divorce définitif, tant la procédure de séparation que le divorce sera annulé.

Donc, au pire, je suis légalement séparée jusqu’à la fin août et, au mieux, divorcée vers avril 2002.

Paul m’a coûté deux ans de loyer et des frais de procès. Je ne croyais pas dans mes pires rêves que François pourrait vouloir m’exploiter davantage. Je ne comprends toujours pas qui il est, qui il était. Qu’est-il devenu, comment peut-il oser?

Comment cet homme que j’avais tant aimé et dont je suis toujours contente de le voir en bonne forme, peut être ainsi, fabuler comme ça, tordre, malgré sa fameuse mémoire tout et au lieu d’offrir, demander de l’argent à sa femme, son ex-femme. Je l’avais soutenu pendant 14 ans. Épaulé. Aidé. Encouragé.

Je me suis débarrassée de l’ancienne voiture et il était enchanté de l’avoir.

J’avais renoncé à beaucoup pour lui pendant ces presque quinze ans. J’étais sa confidente. Son chauffeur pour plus de 200 000 kilomètres. Prouvé qu’il était encore capable d’être homme. L’aidé qu’il puisse chanter, jouer de la musique, danser de nouveau. Je l’ai soigné, je suis restée à côté de lui pendant sa maladie, après l’embolie pulmonaire et pendant qu’il récupérait, pendant ses dépressions, ses crises quelquefois profondes. Je l’ai serré contre moi quand il se sentait perdu. Combien de fois, je lui ai rendu courage! Combien de fois, je m’y suis épuisée, sentie vidée ensuite. Encouragé d’innombrable fois.

J’étais une bonne épouse, fidèle, extrêmement patiente, compréhensive. J’avais appris, il y a longtemps de ne pas attendre de reconnaissance des gens pour les biens qu’on leur fait. De quoi je m’étonne alors?!

Bientôt, ce sera matin.

Aujourd’hui je garde David. Il a tombé et s’est blessé hier à la crèche. Il est fort mignon, énergique et volontaire. Ça sera une longue journée.

Lionel m’a dit hier qu’il adorait ma nouvelle voiture: il l’a utilisé les derniers deux jours. Oui, l’automatique est fort agréable.

Maintenant je dois me reposer encore un peu mais surtout aller au-devant vers le reste de ma vie. Petit à petit, recommencer à travailler sérieusement et connaître des gens intéressants avec qui communiquer, échanger.

Agnès vient de m’appeler. Elle dit que c’était la fête de Thanksgiving, je croyais que c’était début novembre. Non, juste le 22, jour du tribunal ici, fête là-bas. Je fêterai mon divorce, pas la séparation, même si je me sens plus soulagée déjà.

Le secrétaire immuable, ancien, me rassure, il durera, après moi aussi, longtemps. Il est là, devant moi, près de moi.

Le soir

Ça fait tellement mal.

Dès le mois de mai François savait que bientôt nous allons nous séparer!

Il y a quatorze ans, il a déjà essayé de s’appuyer financièrement sur moi et sur ma société Bip et m’amener à investir dans un projet chimérique qu’il s’était imaginé à l’époque. Il m’avait réveillée, à trois heures de matin, au milieu de la nuit, au cours du premier nuit passé à Vincennes, chez lui. Il hurlait, me faisait peur, me dégoûtait. Je suis presque partie, au milieu de la nuit définitivement. Pour toujours. Pourquoi ne l’ai-je fait, alors ?

Le journaliste rencontré chez lui à ma première visite, (celui avec qui je travaillais à Bip de temps en temps,) m’avait pourtant bien dit de se méfier de lui. Pourquoi ne l’ai-je pas écouté ?

J’étais déjà pris, éprise, conquise. Aveugle.

Il n’a pas changé. Il s’est seulement très adroitement caché. Déguisé. Tant que cela lui convenait, tant que…

Tant que, quoi ?

Qu’il tenait à moi ? Je ne crois pas. Que je lui servais ? Oui. Qu’il croyait que je l’adorais, admirais? Oui. Sûrement.

Ouf. La vie est dure. La réalité triste, sale.

Je tousse, David, ce bébé admirable de 14 mois m’a passé sa grippe, sa toux. Mais être avec lui de huit heures de matin à sept heures de soir était un régal. Au moins jusqu’à cinq heures quand j’ai commencé à être fort fatiguée. Pas lui. Il est neuf heures. Je m’endors. Bonne nuit. Je l’espère.

2008/ ajouté:

il demandait de l'argent, lui de moi, peut être pour que je ne lui demande pas, il avait quatre fois plus de retrait que moi. Qu'importe s'il l'a fait de lui même ou poussé par la sorcière qu'il a marié aussitôt que possible, il était ignoble. Mais à l'époque je pleurais encore plus 'la réalité' différente de mes rêves.

J'ai payé cher

Jeudi 15 novembre

Encore une semaine. Plus tôt, plus tard, tout arrive.

Comment ai-je pu vivre avec lui tout ce temps ?

Depuis le début, il était impossible. Vicieux. Malade. Jaloux de tout que je réussissais. Près de ses sous. Plein de lui-même. Etc.

Malgré cela, j’ai eu des moments, des jours heureux. Je les ai payés cher. De plus en plus cher.
Jusque je n’étais plus prêt ni capable à continuer et qu’il voulait encore et toujours davantage - et surtout d’autres. Maintenant il pourra avoir toutes les femmes qu’il veut, toutes qui l’acceptent, pour une raison ou autre.

Non seulement il est malade, mais il a un côté cruel, mesquin. Plus je suis loin de lui, le mieux je me porte. Encore une fois je le verrai dans une semaine, puis, si tout se passe normalement, dans quatre ou cinq mois. J’essaierai aller à Celles une fois sans lui, sinon, je vais passer tout le reste de mes affaires aux pertes et profits. Lui donner le câble de l’ordinateur (alors que je sais qu’il en avait plusieurs d’autres venant de ma société ancienne) m’a coûté trop, émotionnellement. Il n’aura plus de moi rien, sauf si absolument nécessaire.

Je ne lui dois rien. J’ai déjà trop donné. De moi-même, mon temps, attention. Chaleur. Aide. Écoute. Renoncements. Surtout ça. Fini.

Lundi 12 novembre, 2001

Depuis quelques jours, je me sens bien : je ne dois même pas prendre des tranquillisants.


François n’a pas payé sa facture de téléphone. C’est encore à mon nom (comme il était depuis toujours) mais c’est lui qui l’utilise maintenant. Et c’est toujours la ‘dame’, faisant toujours le ménage, qui répond au téléphone. Mais cette fois-ci à la place d’aboyer François a été normal, sinon aimable. Il aurait besoin de la voiture. J’ai répondu, ce qu’il m’avait dit lui la dernière fois quand je demandais les étagères ‘après le 22, après le juge’. Ce n’est plus que dix jours.

9 novembre 2001

Je suis revenue de Bucarest le dernier jour du septembre. À peine 5 à 6 semaines et j’ai beaucoup accompli.

L’eau ne coule plus dans l’intérieur de la maison. Le robinet d’eau ne fuit plus. Il y a deux beaux tapis couvrant les deux pièces dont l’un j’ai lavé, récuré, récupéré moi-même de… ses cendres, ou presque. Il fait vraiment froid dehors, mais, à l’intérieur, c’est agréablement chaud.

Tant la chaudière à gaz du salon que celui d’huile dans la cuisine marchent bien. Mes livres, mon travail, tous autour de moi.

Mon lit est bon, le duvet agréable, les anciens meubles ont trouvé leur place. Un cyclamen pour maman me sourit de la table : hier j’ai réussi à le faire revivre et aussi rétablir mon courrier.

François viendra selon toute vraisemblance devant le juge, puis - Inch Allah. J’ai fait tout qu’était humainement possible pour lui. Ma conscience est tranquille.

Je n’entends que le tic-tac de la montre, le bourdonnement du feu et le stylo qui crispe sur le papier.

Loin, loin, un avion passe de temps en temps. Des voitures aussi même si rarement, mais le pavillon est au fond du cour.

Je regarde dehors, il y a des fleurs devant la fenêtre sur la table, de la verdure et quelques feuilles rougissantes encore dans mon jardin.

C’est devenu mon nid.

Les murs jaunes satin de salle de bain sont presque terminés, ceux vert claire de la cuisine aussi et au lieu de l’horrible plafond avec des fils d’araignée tombant de noir, c’est blanc presque partout, même si ce n’est pas régulier.

Un jour, il faudra l’isoler et cacher les murs irréguliers, le plafond blessé de temps. Lionel m’a viré sans brancher encore 15.000 francs sur mon compte. J’ai de quoi vivre un certain temps et dans un mois ma pension, presque le SMIG entrera aussi. Les gosses se sont couchés hier soir sans broncher (j’ai même oublié de les changer tellement ils étaient fatigués).

C’est calme ici ce matin et même en moi.

Depuis 48 heures, j’étais perturbée. Je suis encore fragile, un rien me bouleverse trop et pour trop longtemps.

Je souris maintenant.

Au revoir mon ami fidèle,

mon journal.

Raisons d'être heureuse


8 novembre, 2001


Mariée il y a onze ans… bientôt divorcée. Mais on vivait ensemble depuis presque trois ans déjà. En fait, cela fait quatorze ans. Bientôt quinze.

J’ai plein des raisons d’être heureuse :
  • Il pleut dehors, mais l’eau n’entre plus dans la maison, ne coule plus dans le salon. Il fait chaud à l’intérieur.
  • La liaison Internet marche de nouveau et je peux de nouveau lire mon courrier: Agnès m’a écrit et j’ai pu lui répondre.
  • J’ai réussi à les récupérer à la Poste les colis postaux qui ne sont pas arrivés hier, ainsi j’ai trois nouveaux romans à lire.
  • J’ai une découverte de cinq mille francs à la banque, mais ma nouvelle voiture est super! Elle a 90.000 km, mais elle paraît comme neuf.
  • Hier j’ai invité ma voisine à déjeuner et nous avons mangé le lapin aux olives que j’avais préparé. Elle était enchantée de l’invitation et du repas.
Je suis moins nerveuse qu’hier et en deux semaines j’irai devant le juge. Je voudrais qu’il soit déjà le lendemain. Un jour, il le sera.

5 novembre 2001

Je me suis fait de mauvais sang pour François pour rien. Valérie l’a appelé dimanche: c’est la femme qui a répondu. François lui a dit fièrement qu’elle faisait du ménage. Valérie: «Tant mieux, il a une femme de ménage pour rien.»

En fait, je ne crois pas que c’est ‘pour rien’ mais cela montre comment sa fille apprécie cette femme-là. Comme son téléphone est occupé presque continuellement, il doit l’utiliser pour faire l’Internet. C’est pour cela qu’il n’utilise plus le Câble. Le reste, qu’importe…

Il n’a probablement aucun envie que je prenne les étagères, les fauteuils, la table… qui pourtant étaient tous à moi avant de le connaître. Est-je vraiment besoin d’elles?

Je regrette davantage le livre sur Dürer.

J’ai peint 2/3 du plafond de la cuisine qui était un cauchemar jusqu’ici. Il est maintenant blanc, même si pas tout uniforme et c’est beaucoup, beaucoup mieux. J’ai aussi peint complètement le mur du fond, le seul ayant eu un mur lisse de béton, en vert pâle, comme le reste. Bon travail, Julie!

Je peins les murs

3 novembre 01

Même le Macintosh est devenu compliqué depuis que le système et les logiciels se sont ‘sophistiqués’: le Finder me quitte de temps en temps depuis que j’ai installé le système 8.6 et le ‘soquet réseaux’ fais les siens aussi. Je persiste, change, et, heureusement, ça redémarre.

Je suis fort heureuse avec ma nouvelle Peugeot automatique et avec ce logement et ses environs. J’ai de moins en moins besoin de tranquillisants et même moins mal à l’estomac, ou au moins, plus rarement.

De temps en temps, dans un élan d’énergie, je range, je peins les murs et le plafond. Puis, je me repose.

Et je mange ce que je veux !

Ce soir j’ai dîné seulement des fruits : moitié de pomme, moitié de banane, moitié de kiwi. Merveilleux! Bon soir.

2 novembre 2001

Aujourd’hui j’ai commencé peindre la cuisine, en verte claire sur les peintures et une sous-couche blanche pour le béton. Petit à petit, puisque je me fatigue vite, mais ça progresse.

Lionel est étonné que je me suis attaquée même au plafond irrégulier de la cuisine ancestrale (dont pleines de petites toiles d’araignées pendaient depuis des années) « nous n’avons pas eu le courage ». Si pas autre chose, du courage, j’en ai.

Je me suis rappelé les murs dans l’entré énorme de la maison paysanne de 1963, la première en France, j’avais peint ses quatre murs en quatre couleurs. Propre, amusant et tuant en même temps les toiles d’araignées, la saleté accumulée. Énorme entré en bas qui ne servait qu’à cela puisque nous vivions en haut.

Ici la cuisine est aussi l’entrée. Elle sera verte claire, tant qu’on peut. Au moins, plus propre que le jaune marron sale d’avant.

1 novembre, 2001

La première nuit froide dehors. Dans les deux pièces, c’est agréablement chaud, la chaudière à gaz fonctionne bien et ma couette que je viens acheter de Carrefour aussi. Au moins, l’hiver.

J’ai acheté hier de magnifiques chrysanthèmes. Pour moi. Pour maman. Pour tous mes morts. Pour Sandou. Le remercier pour la maison. En souvenir de mon arrière grande mère, pour la Secrétaire qui est vis-à-vis de mon lit, grande mère. Et les hommes. Ma chère amie Anna décédée trop tôt, elle aussi, tout comme maman.

Je ne vais pas au cimetière (sauf pour accompagner ma voisine à la tombe de son mari) mais je pense à eux, en contemplant ces fleurs. Comme j’ai eu un petite bête volant le matin, j’ai mis finalement les fleurs sur la table, dehors, sous la tente.